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Une belle ballade de 50 km: le long du canal de Gand à Bruges

De Bruxelles à Kiel par la vélo-route 12

Faut-il prendre son vélo pour braver les intempéries le long de la mer du nord? Nous faisons partie de ces masochistes qui pensent que la meilleure façon de se reposer est de se créer de nouveaux problèmes. Cette année, le projet était d’aller de Lyon à Bruxelles en train, puis de longer la Mer du Nord à vélo sur la totalité de la côte des Pays Bas, et ensuite de pousser en Allemagne jusqu’à Kiel sur la Baltique, puis de revenir en train. En terme de complications, c’était prometteur: premier transport de vélos démontés, kilométrage inédit pour les débutants que nous sommes, challenge pour maitriser les coûts, langues inconnues de nous, vent et pluie de face, on devait bien en profiter. Même l’hébergement, que nous pensions easy en cette fin d’été, est en réalité compliqué avec un logement très cher (ça on s’y attendait), mais aussi beaucoup d’endroits complets (pourquoi ?). Nous avons utilisé Rbnb et Booking. Nos copains nous ont parlé de warm shower. Ils disent que c’est super mais que les hôtes annulent parfois au dernier moment. On est pas prêts à des surprises de ce genre.

De Bruxelles à Gand : une idée de ballade à bicyclette

Je ne suis qu’émerveillement et gratitude: il fait beau, la circulation à vélo est ultra aménagée, les automobilistes sont très respectueux, et le logiciel komoot nous drive à merveille (un peu aussi grâce à Chéri-chéri). Que ces vacances s’annoncent bien. 

L’itinéraire passe par petites routes, avec plein de traversées de villages. A Affligem l’ancienne brasserie est transformée en hébergement, bar; il est 10h30 du matin, contrairement aux indigènes, nous estimons que c’est encore une heure pour le café. 

A Gand, c’est chez Anna, par Rbnb, que nous passerons la nuit. La ville est charmante, avec ses canaux, ses nombreux monuments, ses iles, son centre historique. Les canaux sont très animés, avec les familles de foulques, les canards, les kayaks, les paddles et les vaporetto de touristes. Il y a des touristes, mais on sent que la majorité de ces promeneurs du dimanche sont des habitants de la ville, qui profitent paisiblement de ce cadre exceptionnel. On sent une grande douceur de vivre. On boit une bière, on se laisse aller à une mise en animation de l’oeuvre de Dali, on marche des heures. Non, je n’ai pas pris mon appareil photo ! Pour manger, première frites-frikadelle-glace d’une longue série.

De Gand à Bruges: le charme des canaux. 

D’abord un peu de ridicule: depuis hier après midi, mon frein droit ne fonctionne plus. Nous décidons à l’unanimité que j’ai usé mes plaquettes de frein pendant notre dernier week-end vélo dans les Vosges. Au petit matin, expédition chez le réparateur le plus proche… qui resserre le câble en moins d’1 minute. On est passés pour des débiles. Retour à la case petit déjeuner, puis sortie facile de Gand.

La vélo route suit les canaux; nous sommes lundi, tous les troquets sont fermés, pas de pause café le matin, alors le pique nique sur un banc au soleil est une bénédiction. 

Une vélo – route de rêve

L’entrée dans Bruges est urbaine, mais la banlieue est calme. Nous traversons sans incident les deux places les plus touristiques saturées de badauds, enfants, poussettes, maitres-chiens, cyclistes errant sans direction bien nette. Ce soir c’est l’Hotel Lace qui nous reçoit. Hotel très central, situé à côté d’un garage à vélo. Il a très mauvaise réputation (l’hôtel). Bon, il n’est pas flambard, avec ses blocs salle de bain en plastique qui ont mal vieilli et ses tabourets pour faire table de nuit. Mais il fait le job, et les paniers petits déjeuner ont été assez copieux pour assurer le repas de midi. Pour 63 euros au centre de Bruges, il ne faut pas espérer de miracle.

Bruges, on le sait, est extrêmement touristique, mais nous avons été déçus car s’il y a quelques sites jolis, il n’y pas tant de canaux que ça. Nous avons presque préféré les ruelles traditionnelles aux monuments réputés.

Bruges: ici, les clochers jouent de petits airs connus….

Verdict, nous avons préféré Gand.

Pour le diner, frites (encore) à la friterie la plus à droite quand on est face aux célèbres jolies maisons de la place. Et glace. D’après une étude, le meilleur rapport prix / nombre de calories.

De Bruges à Middleburg: enfin, la Mer du Nord

Après quelques égarements (le GPS n’est pas du matin), nous allons longer à vive allure le canal de Damse: la vélo route est impeccable et ombragée. Attention, un poteau rouge et blanc en plein milieu matérialise la frontière Belgique – Ancienne Zélande. L’Ecluse (Sluis) est un joli village cossu, avec ses café et ses restaurants au bord du canal. A 11h du matin, alors que nous nous inquiétons du prix de l’expresso et plus généralement du coût de la vie en Hollande, nos jeunes voisines sirotent une coupette de champagne à 12 euros. Oui, cossu. Il y a sur le quai un marché avec des fruits de mer renversants. On attendra la vraie mer pour y goûter.

On longe ensuite une route vers le nord, où le village de Groede permet de retrouver des tarifs de consommation plus décents, sur sa petite place ombragée de platanes, où il ne manque que les cigales.

A Breskens, nous passons sans transition d’un paysage de campagne au local vélo du ferry pour Flessingue (Vlissingen). A la descente, c’est un délicieux dépaysement de nous trouver à pédaler en bord de mer.

Flessingue est une petite ville portuaire et balnéaire absolument charmante. A la plage, les gens se baignent, gla gla. Malheureusement nous ne séjournerons pas ici. Cap nord pour Middleburg, aimable bourgade dont nous retiendrons d’abord qu’elle est entourée d’une espèce de douve en étoile du meilleur effet (sur le papier, parce que sur site on ne voit rien):

Ensuite, elle compte plus de glacier que de boulangers.
Pour le 3e soir consécutif, nous dinons de frites-glace. je me promets de revenir à quelque chose de plus diététique demain. L’hébergement le moins cher du secteur (94 euros…) est l’hôtel Bruno, qui propose des micro chambres de 12m2 avec tout le confort, impeccables, sous réserve d’accepter de faire lit à part.

Hotel Bruno, mini chambre à Middleburg

De Middleburg à Oostvoorne: on roule sur les barrages

Des digues, des digues ! C’est avec bon un vent de nord-est donc exactement de face, et sous un ciel parfaitement bleu, que nous avons passé les fameuses digues qui protègent les terres inondables des Pays Bas. Quel plaisir de traverser ces ouvrages spectaculaires sur de larges voies dédiées aux vélos. 

On passe sur les iles de la « zee land » d’atmosphères très différentes (terres agricoles, villages, bocage). Et entre il y a des digues ou des barrages, en amont desquels on trouve de l’eau douce. Et il y a le fameux portail du plan Delta, l‘Oosterschedekering, destiné à protéger l’embouchure de l’Escaut d’une submersion, comme c’est arrivé en 1953. Ici, les murs pour bloquer la mer montent seulement quand son niveau dépasse de 3 mètres celui d’Amsterdam. C’est une prouesse technique destinée à respecter la marée et l’écosystème d’eau salée en amont.

Après une pause trempage des jambes, nous gagnons Oostvoorne, petite ville soignée et prospère. Elle est entourée de résidences luxueuses dans un environnement de grands arbres et de végétation luxuriante d’un coté, et de campings et de villages de bungalows de l’autre… c’est de ce dernier côté que nous dormirons dans une jolie tiny house, dans un camping calme et propre.

De Oostvoorne à Leyde: passage du Rhin, les vélos voguent

Au revoir, jolie tiny house… Aujourd’hui, l’itinéraire est formidable. On commence par la traversée de la zone portuaire, tôt le matin quand très peu de camions commencent à circuler; on voit démarrer les systèmes de treuillage, on passe entre les silos, les entrepôts et les usines, toujours sur des voies cyclables parfaites, pour atteindre très facilement l’embarcadère du ferry.

Attention le ferry pour Hoek ne part que à 10h,12,14h et 16 heures. Il permet de visiter le port de l’intérieur, et c’est très impressionnant. En particulier un chenal de 16m de profondeur est déjà achevé pour recevoir les navires géants de demain. Changement complet d’atmosphère quand on remet pied à terre, nous voici sur la côte préservée où viennent se ressourcer les habitants de la mégapole de Amsterdam. La piste circule majoritairement dans les dunes. Le système dunaire ici s’étend sur plusieurs kilomètres de large, et est densément végétalisé: « la mer du Nord pour dernier terrain vague, et des vagues de dunes pour arrêter les vagues, et de vagues rochers que les marées dépassent, et qui ont à tout jamais le coeur à marée basse ». Les plages sont immenses, le soleil nous brûle.

Euro vélo route 12, dunes entre Hoek et Leyde

Leyde est une ville très étendue, entourée de parcs. Logés en périphérie, c’est en bus que nous nous rendrons en centre ville – nous n’avons pas d’éclairage de nuit efficace.

Comme partout en Hollande (?), le centre historique est pittoresque: des canaux, des maisons de brique traditionnelles, la cathédrale, les rues pavées, les péniches-bars, les clubs jazzy, les terrasses sont animées. Les canaux sont parcourus par des bateaux où on prend l’apéritif entre amis. l’impression est que la population est avide de profiter de chaque instant des beaux jours.

Leyde, Pays Bas.

De Leyde à Alkmaar: le bonheur du cycliste

Cinquante nuances de dunes… après avoir traversé la pittoresque Bergen, et son marché, direction la mer. Dunes boisées, dunes herbeuses, dunes de pins et de bruyère, vélo-route ou chemin gravel, digues de béton, on se régale.

Comble du bonheur, nous serons dispensés de parcourir les 30 km de digue entre Wieringerwerf et Harlingen, avec pour tout horizon la digue à gauche et à droite la 4 voies automobile: il y a très gros travaux. Comme ce pays est super organisé, un bus gratuit prend en charge les cyclistes et ne leur laisse savourer que les 5 derniers km de digue, avec un bon vent de face. Puis on pousse jusqu’à l’entrée de Harlingen, ou nous avons loué un B&B dans le camping De Zeehoeve.
Après les rituelles lessive et courses, nous allons nous encanailler à la fête patronale de ce beau port. Ici, ça bouge: il y a une gare, et les bateaux partent continûment pour le chapelet d’iles de la « frise orientale », qui délimitent la mer des Wadden.

Capitainerie de Harlingen

Nous en sommes à une semaine de grand beau temps. Il y a eu un généreux vent de face tous les jours. Les paresseux avertis feront cet itinéraire dans l’autre sens, avec le vent dans le dos.

De Harlingen à Schiermonnikoog: morne plaine

Soixante-quinze kilomètres, exclusivement à suivre une digue, jusqu’à l’embarcadère du ferry. On varie les plaisirs:
Il y a la digue versant Est: énormes fermes de brique rouge avec leurs portails de bois peints en vert, leurs toits de chaume et leurs riches terres agricoles; sur les rares buttes de ravissants hameaux de brique aux tuiles vernissées noires. Odeur d’élevage intensif et de lisier catastrophique, comme partout dans les terres.

Il y a la digue, dessus: herbe rase, moutons bien gras, odeur de crottes de moutons répugnante, vent soutenu.

Il y a la digue, côté mer: des prés salés à perte de vue. On devine au loin le mer des Wadden, des bateaux, et les iles de la Frise Orientale qui nous attendent. Sur d’immenses parcelles délimitées par des canaux, des troupeaux de chevaux en semi-liberté.

On attrape le ferry quasiment vide de 15h30 pour Schiermonnikoog. 

Schiermonnikoog: le peloton se repose

A l’arrivée à l’embarcadère nous avons croisé une horde de piétons et cyclistes qui sont visiblement venus passer leur dimanche sur l’ile. En effet, le littoral continental n’a pas de plage, c’est ici la plus accessible. Et elle est magnifique: sable blanc et ultra fin, et immense: elle occupe tout le nord de l’île.

L’ile est une bonbonnière. Tout y est récuré, soigné, manucuré, policé: lieu de villégiature pour retraités aisés et bien élevés. Hotels et restaurants cosy, boutiques de bibelots choisis. On trouve aussi un « fast-food » de luxe et une supérette très bien achalandée. Ici, à peu près à mi-chemin, nous allons passer deux nuits et une journée entière à nous refaire une santé à l’hôtel De4dames: pas de réveil le matin, copieux breakfast d’hôtel, grosse lessive-machine, plage.

Bar de la plage nord, à Schiermonnikoog

Et en fin d’après midi ? une ballade à vélo bien sûr ! A l’est et au centre de l’île, des chemins Gravel pour jouer. Sur la côte ouest de l’île, nous découvrons un marais habité par une très grande variété d’oiseaux, dont des spatules qui fouillent la vase en groupe et en rythme, en un ballet étonnant. Plus loin, le rivage est une immense plage plate, entre les dunes et la mer, une étendue désertique inattendue, une ambiance de bout du monde. Mais pas de phoque. Rentrés trop tard pour le fast-food local (qui ferme à 20h), nous nous régalons au restaurant de l’hôtel (crac la tire-lire).

De Schiermonnikoog à Delfzijl: le vent, c’est le dénivelé du cycliste hollandais

Au lever, il pleut: juste un petit rappel pour ceux qui se plaignent de la chaleur; le beau temps n’est pas un dû…. Le ciel sera nettoyé à notre départ: Bateau pour le continent à 10h30, on est en vacances quand même.
Puis, la digue:

La digue côté Est, avec le pan bitumé incliné qui nous est devenu familier. On a d’abord des vues sur des prés salés de verts magnifiques, tilleul, véronèse, amande… puis, comment dire ? des hauts fonds sableux: des kilomètres de sable et /ou de vase, où le niveau de la mer oscille entre zéro et 10 centimètres avec la marée: un écosystème très surprenant, pleins d’oiseaux, mais infréquentable pour se poser ou se baigner.

Prés salés, pays Bas, Frise Orientale.
Digue bitumée, côté mer, Pays Bas

Malheureusement il y a des barrières tous les km; au mieux une porte à ouvrir et refermer, au pire une porte cadenassée qui nous oblige à passer de l’autre coté de la digue vélos chargés. Coté terre, plaine agricole puant le lisier, avec des champs immenses, et aucune ombre; là, malgré le vent de face, au moins on avance. Seule distraction de la journée, une zone industrielle (Eemshaven) avec un petit restaurant. Tout ça pour arriver à Delfzijl, ville moche. Nous dormons à la pension Delfzijl, où on peut se cuisiner son repas et son petit déjeuner dans une grande cuisine collective. Il y a des restau place du moulin. Touristiquement, il eût mieux valu faire escale à Groningue.

De Delftzil à Emden: sprints sur la digue

Nous sortons rapidement de la zone industrielle pour rejoindre la même digue qu’hier… Il a plu cette nuit, au matin et pour la journée il nous restera un ciel gris, sans averse. Notre seule distraction de la journée est de se tirer la bourre sur les interminables lignes droites.

A la frontière avec l’Allemagne, sur l’Ems, il y a une petite buvette.

Buvette sur l’Ems, à la frontière entre Pays Bas et Allemagne.

Dorénavant,, en Allemagne, la campagne est moins léchée, les canaux ne sont pas strictement rectilignes, les roseaux poussent jusqu’où bon leur semble, il y a tas de graviers, des engins garés,.. et on note un franc relâchement sur l’entretien de la vélo route.

C’est au petit port de Ditzum, très joli, toujours en brique rouge, que nous prenons un petit bac pour Emden.

Emden est un petit port plutôt sympathique mais sans grande richesse architecturale: en 44 la ville qui a été bombardée par les anglais, qui auraient ciblé volontairement les quartiers civils. On s’y nourrit de pizzas concoctées par des turcs et de glaces (ça me va bien).

Emden, Allemagne.

Ici, grosse honte à l’arrivée; Copain et GPS font fait une erreur de rue: pour leur défense il n’y a pas de plaques, et les commerces affichent l’adresse de leur devanture principale dans la rue derrière (suis-je bien claire ?)… d’où grosse incompréhension au téléphone avec la logeuse qui ne parle presque pas anglais…. Désolés.

De Emden à Essens: pluie, enfin !

Avec de la pluie annoncée pour toute la journée et 80 km au programme, nous partons tôt, en coupant nord-est par un très joli itinéraire de campagne, avec de belles routes droites; on avance si bien qu’on passe à Greetsiel, très joli port où se promènent des retraités, trop tôt pour le café. La pause café sera plus loin, à Nordden, où enfin, on a retrouvé nos digues ! C’est une station balnéaire avec tout le confort: la plage avec les fauteuils cabines, les bars, les boutiques de souvenirs et un centre de loisir aquatique.

Norddeich, station balnéaire, Allemagne.

Et après suivi de digue, bien moins soigné qu’en Hollande, avec des autobloquants le plus souvent. La pluie nous retrouve vers midi, et après un bon aqua-sprint, nous pique-niquons à Nessmersiel, comme des vagabonds: à l’arrière d’un hôtel, à l’abri sous l’avancée d’un balcon. Les personnels qui défilent font semblant de ne pas nous voir, merci. Nous rallions Essens sous la pluie toujours, et c’est en chiens mouillés et penauds que nous entrons dans la belle maison que nous avons louée. Petite ville avec toutes les commodités, mais sans intérêt.

Il semblerait qu’à partir d’ici, l’île de Langeoog soit un excellent endroit pour se ressourcer.

De Essens à Burhave Varel: pas de vacances sans imprévu

Le projet était Essens, Wilhelmshaven, ferry, Tossens, Burhave où notre hébergement est réservé et payé de longue date. Tout va bien au début: on coupe par la campagne pour changer des digues, en passant par la jolie ville de Jever pour un café, en logeant le canal à partir de Sande, et en abordant Wilhelmshaven par le sud.

Entrée à Wilhelmshaven par le sud, pour prendre le ferry.

Hé bien le ferry qui fonctionnait quand nous avons fait notre programme a arrêté de tourner le 4 septembre. C’est ballot. Contourner la Baie de Jade, c’est soixante-quinze km; à 15h, avec déjà 50 km dans les pattes, pour nous c’est impossible. Le plan retenu, après une longue réflexion, a été de prendre le train (pourquoi??) jusqu’à Varel, d’y dormir, et de partir pour 100km le lendemain… pour honorer la réservation suivante à Cuxhaven, elle aussi payée d’avance et non remboursable. On touche là à la limite des réservations à l’avance. L’avantage est qu’elles évitent que l’itinéraire ne soit dicté au dernier moment par les hébergements et non pas les sites touristiques. C’est une souci en moins. Mais l’inconvénient est que l’imprévu n’a plus trop de place… éternelle discussion. Mais pour donner un exemple, ce soir à Varel il n’y avait que deux chambres d’hôtel disponibles, et bien plus chères que dans nos habitudes. Avec un petit déjeuner compris pas avant huit heures qui ne nous permettra pas de partir aussi tôt qu’on voudrait …

Seule bonne nouvelle, on a évité la pluie en faisant la course avec un nuage toute la matinée.

De Varel à Cuxhaven. – Où j’ai frôlé mon 1er 100km… (96).

La journée c’est étonnament bien passée: contournement de la baie le long de la digue, puis rapidement traversée de la presqu’ile jusqu’à Blexen. On a retrouvé ici notre itinéraire d’origine, et nous avons eu tout de suite le ferry, où nous avons fait la pause café. Puis à Bremerhaven, direction nord, ravitaillement au supermarché. Pique-nique en regard de la zone portuaire où le glissement silencieux des machines qui transportent le frêt est hypnotique. Il y avait mieux à faire: à Wremen il y a (au moins le samedi) une espèce de village de baraques qui vendent des frites, des sandwichs au hareng, des glaces, etc, au bord d’une petite marina.

Pause café, et bien plus, à Wremen

Puis deux étapes nous mènent, par le bocage et par la digue, dans la forêt de Cuxhaven, ou un peu de gravel nous réveille, puis au cap ouest de Durhen,

Durhen, Basse Saxe, Allemagne.

et enfin par une piste cyclable encombrée de badauds, nous abordons Cuxhaven et son village de fauteuils-cabines, qui s’étend sur deux kilomètres.

Entrée dans Cuxhaven (Basse Saxe) par l’ouest: les célèbres fauteuils cabines.

Hôtel, lessive, courses pour demain. Et après : samedi soir de folie, tout est fermé ! Tout est fermé un samedi soir dans une station balnéaire? On a raté le centre ville, ou quoi? Nous finissons heureusement au restaurant portugais Sagnes, délicieux. Nous nous couchons fatigués mais contents après une journée bien meilleure que prévu.

De Cluxhaven à Gluckstadt: promenade sur deux roues

Au programme, de la piste cyclable en bord de nationale, un peu de sprint le long de la digue, et le dernier ferry des vacances pour passer l’Elbe.

Maison traditionnelle de Basse Saxe, à Otterndorf

Distractions de la journée: un petit égarement dans le secteur de Neuhaus pour finir par trouver un café au club de ski nautique. Et une autre pause à Fribourg sur Elbe (très beaux gâteaux, mais préparez l’appoint: la patronne ne rend pas la monnaie).

Euro-vélo-route 12: Fribourg sur Elbe, Basse Saxe

Pendant ce temps les locaux se promènent sur leur digue. Les habitants des plats pays ont des relations difficiles avec leur mer: ils la rêvent avec des phares, des pulls rayés, des poissons, des bateaux qui décorent les villages, les boutiques, les maisons, les hôtels, les restaurants, bref, tout une culture marine alors qu’on ne voit pas la mer. Et cette relation reste platonique, avec cette eau à peine visible, lointaine, difficilement accessible le plus souvent avec des prés salés d’abord puis des hauts fonds interminables. Et ils en ont peur. Quand on voit cette eau étale sous le soleil, on a de la peine à l’imaginer montant aussi haut sur les digues que l’indiquent les plaques commémoratives de Cluxhaven ou les amas de bois/ paille / algues flottés visibles le long du trajet.

Donc ce dimanche soir à Gluckstadt, village centré sur une place d’où les rues partent de façon radiaire. Joli parc, petit canal, et plusieurs de restaus sur la place principale.

De Gluckstadt à Hanereau-Hademarshen

Sous un ciel grognon, de plus en plus fatiguée, je regrette que ma proposition de faire un jour de pause à Cuxhaven n’aie pas été retenue. Nous partons plein nord sur la rive droite de l’Elbe. Le paysage de bord d’eau est joli, il y a même de petites plages. Nous coupons nord-est quelques km avant Brunsbuttel pour rejoindre le Nord Ostsee Canal, entre la Mer du Nord et à la Baltique. Ce n’est pas exactement le joli canalounet romantique que j’imaginais quand nous avons organisé le voyage: Il est monumental : 13m de profondeur et 100m de large, donnant le passage à des cargos de frêt gigantesques.

Les ponts ferroviaires sont super hauts, et nous on traverse en bac. La piste cyclable est une double trace de béton de 50 cm de large, juste assez pour être rapide, mais attentif.

Nord Ostsee Kanal

Notre berge est en travaux, solidement cadenassée sur deux cents mètres. Nous devons rejoindre Hanereau-Hademarshen par une assez jolie route de campagne. Hanereau-Hademarshen, c’est pas l’escale de rêve, mais nous réservons maintenant la veille pour le lendemain, alors il y a très peu de choix, et ce n’est pas exactement sur notre route, et c’est trop cher. Demain, Kiel.

De Hanereau-Hademarshen à Kiel: dernière étape

Beaucoup de route le long du canal, avec des traversées en bac et des incursions dans la campagne environnante. Un itinéraire agréable, une entrée facile dans Kiel pour finir à l’hôtel Unique de très bon rapport qualité prix. Les chambres sont minimalistes mais spacieuses et propres, les pièces communes sont conviviales et chaleureuses. Il y a un garage vélo fermé en sous sol. Nous avons mangé à Das Whirthaus, atmosphère bien allemande et repas copieux pour un prix raisonnable.
Demain, retour: train pour Hambourg

Conclusion

Pour l’itinéraire, nous avons fait un mix maison de l’euro-vélo12 (tour de la mer du Nord de l’Ecosse à la Norvège). La portion de Bruges jusqu’à Harlingen est très belle dans les dunes. Ensuite, la digue a été bien barbante. J’ai cru comprendre que la vélo route fait l’effort de nous promener dans les terres pour avoir de belles routes de campagne et visiter les villages d’intérêt; ce seraient nos modifications pour longer la côte qui auraient augmenté la quantité de digues à longer. Je n’avais pas réalisé avant de le vivre que les Pays bas sont protégés par des digues sur la totalité de leur côte.

Question météo, nous avons eu une chance insolente avec un seul après midi de pluie. En revanche, vent de face constant. Itinéraire à prévoir dans l’autre sens si on a le choix.

La campagne hollandaise puant le lisier m’a dégoûtée durablement des produits animaux, même si j’en ai consommé pour me faire du muscle pendant ce voyage: difficile d’avoir une alimentation végétarienne et à fortiori végane équilibrée en protéines pendant ce genre de voyage.

Voyage extrêmement cher, si on ne campe pas, j’en parlerai dans un autre article.

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