Walden, DH Thoreau. Un résumé.

DH Thoreau est le maitre à penser de bien des décroissants et minimalistes. J’ai lu pour vous « Walden », un des deux livres grâce auxquels il est passé à la postérité.

Thoreau (1817-1862) est un érudit qui a fait ses études à Harvard. C’est un écrivain, un philosophe, un conférencier engagé dans le mouvement transcendantaliste.  Il est mort prématurément de la tuberculose .

A l’âge de 28 ans, il a fait le choix de vivre en autosuffisance pendant deux ans, entre le lac Walden et la forêt, dans la région de Boston. Il a construit une cabane de ses propres mains, cultivé quelques arpents, et s’est nourri de sa récolte, en un régime exclusivement végétarien qu’il défend avec force :
« J’ai constaté à maintes reprises que je ne puis pêcher sans perdre un peu de ma propre estime… Je crois que quiconque sincèrement essaie de conserver intactes ses facultés les plus élevées ou sa fibre poétique, est particulièrement enclin à s’abstenir de tout aliment d’origine animale et de toute abondance de nourriture, quelle qu’elle soit… Cela ne revient il n’y pas à reprocher à l’homme d’être un animal carnivore ? Certes il peut subsister et subsiste en effet dans une large mesure en tuant d’autres animaux ; Mais c’est une façon de vivre bien pitoyable – comme l’apprend sans doute celui qui attrape les lapins au collet ou qui égorge un agneau-, et celui qui apprendra aux hommes à se limiter à un régime plus innocent et plus sain passera pour un bienfaiteur de l’humanité. Indépendamment de mes propres habitudes en la matière, je ne doute pas qu’une partie du destin de la race humaine, dans son amélioration progressive, consiste à cesser de manger des animaux, tout aussi sûrement que les tribus sauvages renoncèrent à s’entre-dévorer lorsqu’elles entrèrent en contact avec des civilisations plus évoluées. »

Le livre n’est pas un récit chronologique des deux ans, mais une succession de chapitres abordant des thèmes différents. Dans « le Phare, voyage immobile », Paolo Rumiz a fait le même choix littéraire.

On trouve dans ce livre diverses choses :

Le décompte de ses dépenses et revenus, au cent près. Pour les quantités de graines, la mesure en boisseau (qui est un volume), rend l’interprétation délicate ; retenons qu’un boisseau représente environ 20 kg de céréales.

La description du village et de ses habitants. Les rencontres humaines n’étaient pas rares, car notre homme n’est pas un ermite : il vit à proximité d’un chemin de promenade, et à peu de miles du village de Concord, et de la ferme la plus proche. Il rencontrait non seulement ses concitoyens, mais également ses amis lui rendaient visiste.

Il observe longuement plantes et animaux, et les décrit et les dessine avec une précision, et des connaissances de spécialiste.

Et, surtout ce qui a fait la renommée du livre, des considérations sur la futilité du mode de vie de l’époque et sur la liberté d’esprit.

La sobriété et ce qui a été repris ensuite sous le terme de simplicité volontaire, sont ses crédeau à une époque où la prospérité économique suscite tous les espoirs de la population américaine. Prospérité qui repose sur l’esclavage et sur l’exploitation des ouvriers, deux formes d’aliénation des hommes auxquelles s’oppose Thoreau.

Il prone la frugalité alimentaire, se nourrissant de ses récoltes de céréales et de pommes de terre. Il critique vivement la futilité du paraître,  l’industrie de la confection et la mode. C’est d’ailleurs bien rigolo de visiter le site « Walden Wood Project », qui vends ses produits dérivés; T shirts, carnets, mugs et autres brolls…

Il a développé ses idées contre l’esclavagisme et de résistance pacifiste dans un autre livre, La désobéissance civile, qui a inspiré les plus grands, comme Gandhi et Martin Luther-King.Il a également contribué à faire connaitre le bouddhisme aux USA, et était connu de Matthiessen.

Son scepticisme envers les vérités établies est érigé en système. Le chapitre contre les vieux est sans appel. « Il n’est jamais trop tard pour renoncer à nos préjugés. On ne peut se fier sans preuve à aucune manière de penser ni d’agir, aussi ancienne soit-elle.Ce que tous répètent ou transmettent tacitement comme étant la vérité d’aujourd’hui peut demain se révéler mensonge, simple fumée d’opinion… Ce que les vieilles gens disent que vous ne pouvez pas faire, en l’essayant vous découvrez que vous le pouvez. Laissons l’ancien temps aux anciens, et que les nouveaux venus s’occupent des temps nouveaux… La vieillesse n’est pas plus qualifiée que la jeunesse pour dispenser ses conseils, loin de là, car elle n’a pas tant accumulé d’expérience qu’elle n’en a perdu ». Voilà pour les anciens !

Notre homme n’a pas seulement un style vif, spontané et enlevé. Il a également le sens de la répartie: Alors qu’il était emprisonné pour avoir refusé de financer la guerre du Mexique avec ses impôts, un ami lui rend visite et lui demande :
– mais que fais-tu là dedans ? Et Thoreau de répondre : et toi, que fais-tu dehors ?

 

Merci à David Mark pour la photo d’accueil, qui ne représente pas du tout la cabane de Thoreau au bord du Lac Walden, d’ailleurs.

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