Voyage en Mongolie et au Tibet, Nikolai Prejvalski,♥♥

Nikolai Prjevalski est un explorateur russe de la fin du XIXème siècle, et le découvreur du petit cheval Equus caballus przewalskii , ainsi que d’un passereau qui a également pris son nom. Il a exploré la Mongolie et le Tibet en 1870; malgré de multiples tentatives, il n’a jamais pu atteindre son objectif, Lhassa. Pour mémoire, Père Huc est déjà passé par là en 1945 (Voyages en Tartarie et au Tibet), et Nicolaï sera suivi par Alexandra Néel qui sera la première européenne à atteindre Lhassa en 1924.

Notre ami était géographe, membre de la Société Impériale de Géographie, et aussi militaire, il a fini colonel. Il a réalisé ses explorations mandaté par le gouvernement russe.

Le livre « Voyage en Mongolie et au Tibet » est son rapport d’expédition autour du désert de Gobi:

itinéraire de N. Prjevalski, en Mongolie et au Tibet

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Il décrit dans une langue élégante tous les faits signifiants pour ses mandataires:

  • la vie quotidienne de l’expédition: « Arrivés au puits, nous déchargeons les chameaux, chacun s’étend à terre et se repose un moment, puis nous dressons la tente… Les Cosaques allument le feu et préparent le thé, avec de l’eau trop souvent mauvaise.Nous mettons en ordre notre herbier et nos notes, nous empaillons des oiseaux et  dessinons nos cartes.« 
  • la géographie, les reliefs et la géologie, qui feront le bonheur des spécialistes, mais peuvent lasser les autres:  » Les Kouzouptchi, par comparaison avec les lises de l’Ala-Chan, ont un riant aspect, quoique leurs petites oasis ne soient pas couvertes d’une bien luxuriante végétation. Ici les oasis n’existent pas; à perte de vue s’étendent, alternativement, de vastes surfaces de sables jaunes ou de terre glaise salée, et, près des montagnes, des amas de gravier.« 
  • Il se paie la tête de son prédécesseur le père Huc: « Grand donc fut notre étonnement en nous rappelant la description que fait le père Huc de ce Boukhaïn-Gol et de sa terrible traversée des douze bras du fleuve avec la caravane qui se rendait à Lhassa. Le missionnaire raconte que tous ses compagnons estimèrent que leur passage s’était effectué avec beaucoup de chance car un seul homme s’était cassé la jambe, et deux yacks seulement s’étaient noyés. Cependant il n’existe qu’un seul bras au point ou passe la route du Tibet; encore n’est-il rempli qu’à l’époque des pluies. La rivière est toujours si basse qu’à peine un lièvre pourrait s’y noyer »
  • Les peuples rencontrés: Chinois, Mongols, Dounganes,Tangoutes, leurs relations commerciales, l’organisation de leurs sociétés, les cohabitations plus ou moins pacifiques. Les religions musulmanes, boudhistes et animistes se mêlent également. Les méfaits de l’opium. ..  La compréhension fine des traditions et croyances a été entravée par le langage; en effet il a toujours dû faire appel à des interprètes. Les coutumes des interlocuteurs. « Lors donc qu’on veut acheter un mouton, on doit aller trouver un nomade; après les politesses d’usage, on boira le thé et on s’informera de la santé de son bétail. Alors, le Mongol entame un long discours sur tout son cheptel et vante successivement les qualités de chacun des individus qui le composent. On sort pour aller visiter le bétail. Le Mongol, qui commence à deviner le but de votre visite, vous fait tâter chacun de ses moutons pour vous faire apprécier leur degré d’embonpoint et continue à vanter sa marchandise. L’acheteur de son côté dénigre hautement chaque bête qui lui est présentée… Enfin, on tombe d’accord…  Quand on procède au paiement, les protestations d’amitié redoublent, l’acheteur offre ses balances pour peser l’argent, le vendeur ne les trouve pas justes et apporte les siennes, qui ne valent pas mieux… le vendeur insiste encore auprès de l’acheteur pour obtenir les intestins de l’animal, consolation qu’on lui refuse.« 
  • L’accueil qui a été fait à l’expédition dans les différentes bourgades, entre curiosité insolente, racket par les potentats locaux et franche hostilité.
  • Les ressources de l’expédition pou se nourrir; chasse, achat auprès des populations.
  • les animaux et oiseaux rencontrés. Beacoup finissent mangés ou empaillés. Notons que la Génétique a parlé: le joli petit cheval, qui a longtemps été considéré comme un survivant d’espèce préhistorique, en raison de sa ressemblance avec les représentations rupestres, est en vérité un cheval domestique redevenu sauvage.
  • les plantes observées.
  • Certaines croyances compliquent les relations: « Quand à la photographie ajouta-t-il, je sais comment cela se pratique: on enferme dans la boite de la liqueur extraites d’yeux humains, et c’est pour cela que les missionnaires à Tian-Tzin crevaient les yeux aux jeunes enfants. Aussi, le peuple s’est soulevé et plusieurs d’entre eux ont été massacrés. »

Il est mort en 1988,  à 50 ans, du typhus, qui est une fièvre transmise par les poux et les puces. Il est décédé sur les rives du Lac Issyk-Koul, en Khrighizie. Selon son souhait, il a été enterré sur place, et un petit musée lui a été dédié. Une de ses dernières paroles:  » si mon destin n’est pas de retourner, une fois de plus, dans les profondeurs de l’Asie, le souvenir de ce que j’y ai vu et accompli pendant ces longues années de voyage, me consolera jusqu’à la fin de mes jours »

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