Travelling, C. Garcin et T. Veil

Deux écrivains ont fait le tour du monde sans avion en 100 jours. C’est louable en cette période d’avihonte. Christian et Tanguy ont traversé les océans en cargo, les USA en voiture, la Sibérie en train, et flâné un peu au Japon, pris un trans-sibérien, et fini en autocar de Moscou à Paris.

Les auteurs conviennent qu’il ne s’agit pas d’une aventure. Tout a été réservé sur internet, le confort était du niveau du touriste moyen. Ce n‘est pas un record, ni de courte, ni de longue durée.

Les chapitres se succèdent, environ deux par grande étape, sans que leur auteur ne soit précisé. Estiment-ils leur styles respectifs tellement reconnaissables ?
Je suppose que Tanguy est celui qui a un grand père breton et qui écrit « La difficulté lorsqu’un écrivain se met à écrire sur son rapport au voyages et à l’ailleurs, est de savoir naviguer (justement) entre deux écueils : la posture de l’aventurier, et l’ironie… je ne suis pas ce qu’on appelle un écrivain-voyageur. Je n’ai rien contre ceux que l’on désigne sous ce terme, mais il me semble qu’il s’agit d’écrivains qui, pour l’essentiel, n’écriraient pas, ou n’auraient pas écrit, s’ils n’avaient pas voyagé »  Est-ce sans importance ? Est-ce que c’est chacun son tour ? ». Mais au fil du livre, je ne sais plus qui est qui ; et c’est dommage, car lire un texte, ou plusieurs chapitres d’un livre, c’est rencontrer un auteur.

Au fil de la lecture, j’ai aimé la description de l’isolement dans les cargos. Je me suis demandé si la traversée de l’Amérique d’est en ouest, pouvait se résumer au traitement fait aux indiens (3 chapitres).
Le Japon les a (re) séduits, et ils s’y sont laissés perdre.

J’ai trouvé les listes et les proverbes sans intérêt. Et ne parlons pas de la mise en parallèle avec la coupe du monde de football.

Les généralités sur les russes ( peut-être 50 rencontrés, sur 150 Millions, étalés sur les 6600 km de la traversée ) me gênent franchement. Mais j’ai photographié pour mon usage futur le passage qui explique les itinéraires de différents transsibériens p 245.
Petite information pratique pour ceux qui entretiennent la légende de la traversée des océans gratuite sur un cargo : c’est 120 euros par jour, soit la bagatelle de 1700 euros pour la traversée de l’Océan Pacifique de Tijuana à Tokyo.

En conclusion, la lecture est agréable. Si le projet est exactement le Tour du Monde que je ne voudrais pas faire, j’ai trouvé dans ce livre des réflexions inspirantes sur le voyage, combinaison de l’espace et du temps. J’ai aimé des moments de lecture, pas forcément les plus en rapport avec le sujet. Car ce livre est peu un livre de voyage. C’est plutôt un exercice de style, peut-être un pari pour être invités au Festival Etonnants Voyageurs ?

Christian Garcin est écrivain et voyageur, auteur de « La piste mongole », « Le bon, la brute et le renard »
Tanguy Veil est écrivain. Lire « Iceberg »

 

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