Comment aimer un travail qu’on va quitter ?

Vous allez au taf sagement tous les matins, mais vous lisez mon blog, et dans votre tête vous vous inventez en voyage. Le compte à rebours a déjà commencé : vous passez des dizaines d’heures par semaine au travail, mais c’est pour économiser pour votre tour du monde, ou en attendant un âge de départ vous assurant (normalement) une retraite gérable.

Vous avez décidé de quitter votre employeur, dans 6 mois, 1 an, 4 ans. Vous allez partir, pas vraiment à cause de lui; mais parce que vous avez des rêves de liberté et d’ailleurs.

Il va falloir continuer d’aimer votre travail pour garder une vie plaisante.

Examinez la question sous ses différents aspects.

1. Pourquoi souhaitez vous quitter votre emploi pour courir le monde ?

C’est un fantasme très fréquent autant chez les seniors que chez les jeunes, mais que recouvre-t-il vraiment ?

Un ras le bol de votre travail exactement.

Votre priorité est elle de partir de votre travail ? Etes vous dans la fuite, parce que vous n’en pouvez plus, parce que vous couvez un petit burn out ? alors attention, quand on part, on emmène sa tête. Si vous rêvez surtout de quitter votre job, repensez votre orientation professionnelle. Avez vous plutôt besoin de repenser votre poste, avec du télé travail,  ou d’un temps partiel, ou de chercher un autre emploi, de vous mettre à votre compte ?

Un dégoût de la routine.

Une allergie au métro-boulot dodo ? Ce n’est pas rare. De surcroit, plus on avance en âge, et plus l’énergie disponible chaque jour est absorbée par les transports, le travail, les responsabilités, la gestion du quotidien. Quand arrive 18h, plus de courage pour faire du sport, pas la force de sortir, on sait que si on se couche tard on mettra deux nuits à s’en remettre. Le travail pèse de plus en plus lourd et l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle devient intenable. On se sent prisonnier. La solution, avant de tout envoyer promener, peuvent être, comme supra , de repenser son organisation professionnelle. J’ai ici une pensée pour le « miracle morning », qui consiste à se lever plus tôt. «  Comment, se lever plus tôt alors qu’on est déjà épuisé ? »  Oui, décaler la journée pour avoir du temps à soi avant d’aller travailler, pendant qu’on est frais et dispos : pour faire une séance de sport, mener à bien un projet non professionnel… Quitte à se coucher avant la fin du programme télé.

Vraiment courir le monde?

De voir des ailleurs, de rencontrer d’autres gens, de vous frotter à d’autres modes de vie… Est-il nécessaire de quitter votre emploi pour celà ? Pouvez vous simplement optimiser vos congés, vous évader plus systématiquement les week ends ? Demander quelques semaines ou mois de disponibilité ?

Décidément oui, comme moi, vous ne voulez plus mettre le réveil le matin pour aller gagner un salaire, vous le faites depuis bien assez longtemps. La routine à la maison vous écoeure, et le monde vous appelle. Vous allez partir. Votre programme est écrit, les différentes mesures sont en place, vous avez la date de votre départ dans la tête.

2. Comment aimer un travail qu’on va quitter ?

Comment continuer de faire bonne figure, comment garder une bonne qualité de vie avec ce détachement élaboré dans votre tête ?

Répétez vous chaque jour que vous CHOISISSEZ d’y aller.

Vous avez fait vos comptes, vous avez exploré les autres possibilités, vous aimez vos enfants, … bref, dieu sait pourquoi, vous avez DECIDE de continuer de travailler pour votre salaire.

Peaufinez votre comportement en terrain hostile :

  • Vos collègues sont des ploucs ? imaginez vous en train d’échanger avec des vrais nomades isolés au bout du monde
  • Votre voisin d’open-space vous raconte des trucs incroyables : imaginez vous buvant une bière avec un vieux capitaine de cargo à Amsterdam
  • Roger vous drague lourdement, imaginez vous dans le désert avec un guide de trek en chaleur
  • Votre chef vous apprend la vie, imaginez-vous avec un touriste américain.

N’importe quand dans la vie, de toute façon, avoir une conduite exemplaire, en étant attentif aux autres, en les écoutant, rend la vie à plusieurs agréable. Valorisez les autres et ce qu’ils ont à raconter. Cette capacité d’écoute est une aptitude à développer pour votre voyage, certains en font leur métier.

De même, s’entrainer à la patience et à l’optimisme est une bonne préparation aux aléas de la route.  Ne critiquez pas, ne vous plaignez pas, ne ruminez pas vos griefs.

Ayez des projets à boucler avant le Départ.

Ce peut être le moment d’avoir une réflexion approfondie sur votre travail, le sens que vous lui donnez et les grandes actions que vous aimeriez avoir réalisées avant de partir.
Ce peut être la mise en place d’une gestion sans déchet, le développement d’une action humanitaire, ou tout autre engagement sur vos valeurs.

Mentorer son succes- seur. seuse, officiellement ou non, peut donner du sens aux dernières étapes.

Trouvez vous des collègues baroudeurs,

Pour avoir des conversations de machine à café vraiment constructives; quoi faire aux Philippines, que penser du Chemin de l’Inca, faut-il aller plonger à Bonaire, qui a les coordonnées d’un guide fiable en Inde ?

Liez vous d’amitié avec les collaborateurs étrangers, en vrai ou en ligne.

Interrogez les sur leurs pays, renseignez vous sur les monuments à y visiter, les coutumes. Apprenez quelques mots. Emettez l’hypothèse de visiter leur pays un jour.

S’ils séjournent sur place, jouez les guides touristiques, invitez les dans une vraie famille typique, à des cérémonies officielles, des événements. Comme vous aimeriez être reçu.

Faites vous offrir  des formations utiles.

  • anglais, espagnol, …
  • des cours de photo,
  • une formation marketing web,
  • et plus généralement toute compétences recyclable en télé travail,

Portez vous volontaire sur un poste à l’étranger,

Pourquoi pas, histoire de s’échauffer un peu ?

Développez un para travail .

  • blog,
  • activité d’expertise,
  • cours du soir,

Histoire d’arrondir vos fins de mois et donc votre capacité d’épargne?

Faites du sport en groupe entre midi et deux

Un petit jogging, ou allez à plusieurs dans un club de gym (il y en a maintenant à tous les coins de rue).

3. Savourez les dernières fois.

Ayez un gentil petit compte à rebours dans la tête:

  1. A chaque échéance annuelle bien barbante, penser plus que 3, plus que deux, ce compte à rebours va donner un parfum très délicieux à tout ça.
  2. Suivre l’exposé du projet quinquénal, en se disant qu’on en verra pas la fin, c’est jouissif.
  3. S’engager dans un gros projet à 6 ans, en sachant qu’on va les laisser en plan, c’est pervers.

4. Ne parlez pas de votre projet

A personne, jamais. On ne sait pas. Si votre travail vous exaspère, ce n’est pas en vous savonnant la planche que vous arrangerez les choses.

5. Conclusion

Décider de partir doit être un engagement positif et porteur d’espoir, surtout pas une fuite dans un contexte dépressif. Le voyage n’est pas la solution à une inadaptation professionnelle. Pour partir et vagabonder heureux, il faut aborder cette étape solidement préparé et la conscience tranquille. Aimez votre travail jusqu’au bout, sinon, quittez le avant.

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