Sporades: Alonissos par Volos

Pas question d’aller en Grèce sans aller sur les iles, pas question de vacances sans plongée. Les Sporades ne sont pas les îles les plus sexy de Grèce, elles sont sans comparaison avec les Cyclades et leurs célèbres villages de maisons blanches, mais elles étaient sur notre itinéraire. Il y a trois îles principales, qui sont en s’éloignant de la côte Est de la Grèce, Skiathos, Skopelos et Alonissos. Notre choix s’est porté sur la dernière, pour trois raisons : elle a la réputation d’être moins défigurée par le tourisme, elle offre des possibilités de randonnée, et elle se situe dans un parc marin. Une histoire de site archéologique sous marin avait également attiré mon attention.

Vers les iles Sporades: Quand tout va à Volos

Le train, moyennant 10 euros et deux correspondances, relie Karampala à Volos, en 4 heures et deux correspondances. Compte tenu des retards possibles, la liaison avec le bateau étant un peu courte, nous n’avions pas acheté les billets d’avance. A notre arrivée (seulement un quart d’heure de marche vers la mer un peu vers la gauche, entre la gare et le départ des bateaux), l’hydrospeed de 14h30 pour Alonissos était complet. Après avoir pris des billets pour le lendemain à 7h45, nous avons gagné sans aucune imagination, l’Hotel Jason recommandé par le vieux routard, et opportunément placé en face de la jetée. Complet par booking, il avait encore une chambre disponible en direct. Pour 50 euros, on a une chambre en voie de décomposition ; robinetterie cassée, rafistolages électriques… mais literie confortable, propre, la clim’, et vue sur la mer.

Comme Volos est un point de passage où on peut être amené à séjourner plusieurs heures, nous, on a exploré Volos pour vous. A un kilomètre environ au sud ouest de la gare, il y a la gare routière. Nous avons longé la côte vers l’Est, et fait une pause chez Joy, agréable bar sous les arbres. Au moment de payer notre goûter, nous avons découvert que l’addition dépassait le total de nos consommations. La serveuse interrogée, l’a justifié par le fait que le menu indiquait encore les tarifs de l’an dernier. Coquine.

Poussant encore plus loin l’aventure, quand à l’est se termine la ville, nous avons trouvé des petites plages, et des restaurants littéralement les pieds dans le sable. Dans l’eau, un club de water-polo était à l’entrainement. C’était apparemment la plage de l’Ehpad, et nous avons admiré la sérénité des anciens qui passaient le temps à papoter pendant des heures immergés jusqu’aux épaules, à nager entre de respectables méduses, à jouer à la raquette avec leurs camarades. A la tombée de la nuit un des restaurants de plage nous a servi des plats de poisson aux prix habituels.

Volos, Grèce: restaurant sur la plage

Au retour, les quais totalement déserts sous le soleil abrutissant de l’après midi étaient devenus grouillants de monde, la rangée de restaurant du quai étaient bondée. Familles entières, des grands –parents aux petits enfants, bandes de jeunes, couples avec poussette et chien, jeunes filles apprêtées, tout le monde profitait de la fraicheur.

Tirés du lit par nos réveils, nous avons prix un rapide petit déjeuner dans la rue en arrière de l’hôtel, puis nous sommes installés bien en avance à l’ombre de l’auvent de la compagnie. Assis au frais, nous avons devisé tranquillement en observant le chargement puis le départ des ferries. L’habileté des conducteurs de camion m’impressionne, la variété des passagers est fascinante. Quand l’embarquement du flying dolfin a commencé, nous avons eu la douleur de découvrir que nos billets étaient pour le ferry qui venait de partir.
Voici nos deux benêts retournant au guichet pour racheter des billets pour le même jour (ouf), à 14h30. Le vieux monsieur qui vendait les billets, déjà atterré la veille de nous voir arriver les mains dans les poches au dernier moment, s’est visiblement demandé  comment nous avions réussi à survivre jusque là. De notre côté, ayant demandé le blue dolfin suivant, nous n’avons pas douté une seconde que les billets remis dans une pochette de cette même compagnie, par un vendeur installé sous un magnifique poster d’hydro-speed, pouvaient être des billets pour un autre bateau qu’un blue dolphin. Nous avons passé la matinée à la plage de la veille, nous baignant avec circonspection à distance des méduses; inoffensives, à voir l’indifférence des locaux. Nous avons réussi à prendre l’hydrospeed, pour Alonissos.  L’hydrospeed met trois heures. Ce n’est pas agréable, on est enfermé et assis comme dans un train, c’est très bruyant et les vitres crasseuses ne permettent pas de profiter des vues sur les îles. On peut mettre ponctuellement le téléphone dehors pour attraper une photo (image d’accueil). Le ferry met 5 heures, mais on est libre de ses mouvements, y compris de s’installer sur un pont.

Alonissos

Le port principal d’Alonissos se nomme Patitiri. Il est disposé en amphithéatre. Il présente sont lot de restaurants, boutiques de souvenirs, clubs de plongée, location de ceci-celà. Notre hôtel pour 5 nuits était le Haravgi. Les chambres avec vue sur mer sont un peu plus chères (50 euros), mais elles en valent la peine avec leurs vastes terrasses avec vue sur le port. L’hôtel est tenu par un couple relativement âgé, qui accueille avec une bonne humeur et un enthousiasme un peu surjoués. Les chambres sont spacieuses, propres, climatisation et réfrigérateur sont efficaces et silencieux.

Que faire à Alonissos ?

  • Visiter Palia Alonissos, le village historique qui culmine à 400 mètres.

    Palio Alonissos, village perché joliment rénové, iles Sporades

    On y accède par la route (navettes toutes les heures) ou par un sentier en une heure environ. On a fait le choix de monter à pied en fin d’après midi, de dîner, puis de redescendre en car. Très bien restauré et très touristique, on y mange pour cher, mais les terrasses ont des vues tellement sympas qu’on leur pardonne.

  • Jeter un coup d’œil sur le centre d’information sur le phoque moine, sachant que tout est fait pour qu’on ne rencontre pas ces mignonnes bestioles hyper-protégées.
  • Aller à la plage. A Patitiri même, on peut se baigner, mais le port, et éventuellement les évacuations, sont trop proches à mon goût.  Au nord de Patitiri, la plage du tout petit port de Roussoum est une piscine de rêve, avec quelques bars restaurants pour boire un jus après,  ou diner  au calme, un peu en retrait des touristes. Je recommande.

    Ou se baigner à Alonissos? Plage de Roussoum

    Au sud de Patitiri, nous avons marché jusqu’à Plaka.

    Alonissos, Sporades: plage de Plaka

    Un trajet de une demi-heure par la route, puis un chemin un peu raide, qui finit par un saut de 1,50m, opportunément équipé d’une corde à nœud. Très bel endroit, plage minuscule… et eau pleine de grosses méduses. J’ai testé : les grosses méduses ne piquent pas, mais les petites qui ressemblent à des petits feuillets de plastique blanc, oui : sensation de brûlure qui dure une heure, plaque rouge de 4 cm de diamètre gonflée une demi journée et c’est tout. Le piège c’est que pendant qu’on se concentre pour slalomer entre les grosses, on ne fait pas attention aux petites. Bilan personnel final, elles ne doivent pas décourager la baignade.On peut accéder aux plages plus éloignées en louant voiture, vélo, bateau (pas de kayak ?). Une navette amène les touristes à une plage le matin et les ramène à 16 heures. La plage desservie change chaque jour de la semaine, il est très facile de se renseigner sur le port.

  • Randonner. Un livre qui associe description des sentiers et lieux de baignade et aquarelles, est disponible dans tous les hôtels. Les itinéraires passaient beaucoup par les routes, et de toute façon nous avions d’autres projets :
  • Plonger. Les eaux grecques ont été ouvertes récemment à la plongée, pour protéger les vestiges de naufrages. Nous avons bien aimé le Centre PADI Triton. Il organise des matinées en bateau avec deux plongées pour 112 euros (budget plombé), équipement et guide compris. On a RV à 9 heures et on revient vers 13h30. Nous avons plongé sur les sites de Agios Georgios Reef (bof) et Mourtias Reef (mieux), Two Brothers (très bien) et Wreck, ET surprise, Peristera ! J’avais complètement oublié cette histoire ! C’est un site archéologique surveillé par caméras sous marine, ouvert à la plongée de façon expérimentale depuis 2020. Un bateau de 25 mètres, surchargé d’amphores de vin a coulé à et les amphores sont visibles à 28 mètres de fond. Sa découverte a fait beaucoup de remous parmi les archéologues, car ils ne pensaient pas qu’en 400 BC, comme attesté par l’âge des amphores, nos ancêtres étaient capables de fabriquer de si grosses embarcations. La cause du naufrage pourrait être une tempête, la surcharge du navire, la consommation abusive de la cargaison, voire ils ne savaient effectivement pas faire de si grosse embarcations.  C’est très surveillé, avec des vacations fixées à l’avance pour un club donné, un nombre maximum de plongeurs, un briefing préalable par un archéologue, le remplissage de documents d’identification et d’avertissements.La vision est surréaliste, s’y ajoute la vie marine avec des murènes qui sortent la gueule des amphores… il y a des panneaux explicatifs sous marins, …génial.

    Sporades: plongée à Peristera, site archéologique

    Le site est ouvert aux Advanced OWD, et toléré pour les bons OWD, sous la responsabilité du club. Bons OWD. Vous avez bien lu, Bécassine sait plonger.

Nous avons manqué le Blue Cave.

Si le plaisir de plonger était bien là, nous avons été catastrophés par la pauvreté des fonds alors que nous sommes dans un Parc Protégé et par la visibilité très moyenne(10-15m) en raison de la prolifération d’algues, conséquence des chaleurs extrêmes des semaines précédentes. Pour se protéger de la chaleur, d’après les animateurs du club, les poissons sont descendus.

 

De Volos à Delphes

Ce voyage a été le plus long et le plus compliqué de notre séjour. On a exploré toutes les options : car, train, taxi (200 euros, 2h30). Et au final nous n’avons pas trouvé mieux que prendre le car et de passer par Athènes, où le changement se fait dans la même terminal B ( total 65 euros par personne, départ de Volos 11heures, arrivée 19 heures). Si on n’avait pas pu faire le voyage dans la journée, le taxi aurait été plus intéressant. D’ailleurs, je persiste à penser que c’était la meilleure solution en terme de coût-efficacité, mais Chéri-chéri ne voulait pas.

Prochaines étapes: Delphes et Athènes

Etapes précédentes:
Thessalonique et Vergina
Le Mont Olympe et les Météores

3 réflexions sur “Sporades: Alonissos par Volos”

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