Sortir grandi.ie de ce confinement.

C’est reparti pour au moins 15 jours de confinement la faute au connaro virus. Comment se structurer pour que ce drame sanitaire et économique ne soit pas vain. Au niveau de la société, qu’il épargne un maximum de vies. Qu’il nous fasse réévaluer nos modes de fonctionnement : découvrir les bienfaits du télétravail, apprendre à se dispenser de réunions qui gâchent du temps et consomment des moyens de transport. Qu’il nous (oblige) apprenne à manger local et frugal. Qu’il nous apprenne le week-end immobile.

Egoistement, comment sortir grandi de ce confinement ? Le pire serait peut-être d’en sortir comme on y est entré, ou avec seulement deux kilos de plus.

1. Première étape, se vacciner sans dommage contre le COVID.

Beaucoup d’entre nous, en particulier les jeunes parents, ont judicieusement choisi la voie de la vaccination naturelle en jouant en famille dans les parcs le dernier samedi avant le confinement.
Accablés par une énorme rhinopharyngite avec angine, mal de crâne historique et goutte au nez, il surveillent de l’œil droit les devoirs de la marmaille et de l’œil gauche le nombre de respirateurs de réanimation encore disponibles dans la région.

2. Faire du sport… dans un rayon de 1km.

Une heure par jour ! Le gouvernement vous accorde une heure de jogging par jour. Vous n’allez pas lui en faire cadeau, tout de même? Repérez un diamètre de 1 km de rayon autour de chez vous, et vous allez découvrir un nouvel itinéraire d’entrainement. Il est tout en dépit du bon sens. Si vous respectez la loi, il fera pile 6,28 kilomètres, distance qui est en passe d’être homologuée par le Comité Olympique. Notez bien qu’il faut seulement 6,7 tours pour courir un marathon (prévoir 7 autorisations de sortie successives à ranger dans l’ordre dans votre ceinture pour gels diététiques.

3. Cuisiner.

Il n’y a plus de pâtes : c’est le moment de surfer sur internet pour apprendre à cuisiner des légumes oubliés : navets, brocoli, salsifis, côtes de bettes, céleri, crônes,…

Confinement; apprendre à cuisiner les légumes oubliés. Merci aux auteurs

La paupérisation progressive des rayons nous mène insensiblement à la frugalité : plus de fruits exotiques, plus de choix en tablette de chocolat, c’est la guerre.

4. Lire des livres de voyage

Il y a des livres qui arrêtent le temps. je vous recommande :

Boussole de Mathias Enard
L’âme du Gange, de Tanneguy Gaullier
Le léopard des neiges, de Peter Matthiessen
Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson

Il y a des auteurs admirables et indémodable:
Alexandra David-Néel, Nicolas Bouvier, …

Des auteurs qui font rire :
Bill Bryson en Australie ou en Angleterre

A proscrire: le voyage d’Anna Blum, de Paul Auster, sauf si vous cherchez le courage de vous suicider.

5. Jeûner pendant le confinement

Deux ou trois jours de jeûne, une semaine pour les extrémistes, c’est souverain pour presque toutes les maladies. Avec le télétravail vous pouvez faire vos hypoglycémies bien calé dans votre canapé. Au repos forcé, bien confiné à l’abri de toute tentation, protégé par un couvre feu en cas de fringale nocturne, c’est le moment. Enfin, non, pas tout de suite : ça serait ballot de perdre deux kilos en jeûnant maintenant, et de vous retrouver en pénurie alimentaire la dernière semaine de confinement. Attendez que la date de levée du confinement soit officiellement annoncée, et arrêtez toute alimentation solide trois jours avant la libération. Vous romprez le jeûne au restaurant après 6 semaines à saliver devant top chef, ça sera le pied.

6. Grandir dans sa tête

Méditer, penser, écrire un journal, faire des projets, les budgéter… bref trouver le temps et le calme pour faire un point sur votre vie et vos projets.  Eviter à tout prix de rester rivé aux écrans tv, téléphone et autres, pour regarder des chatons mignons, des pangolins, des méchants virus, des savants de Marseille et compter les lits de réa.

Récupérer du temps de cerveau pour soi. Aller jusqu’à la détoxication numérique? Attention quand même à ne pas rater le grand déconfinement.

7. Faire le point sur votre couple.

Attention à la recrudescence de violences conjugales. Evaluez la situation dans votre fort intérieur, ne lancez pas le débat prématurément sur les modalités du divorce ou le partage des tâches si vous confinez avec un homme de cro-magnon.
Est-ce que l’idée de rester confiné avec cette personne encore un mois vous réjouit ou vous désespère ? Allez vous profiter du temps de transport gagné par le télétravail pour faire de gros câlins matin et soir ? Allez vous en mettre à profit le confinement pour parler de votre avenir commun autour du monde?

7. Tricoter de la layette.

D’après Nostradamus, il devrait y avoir un babyboom début 2021, vous allez vous retrouver parrain, grand-mère, oncle, tante, voire même père si vous n’y prenez pas garde.
Il y a des modèles à tricoter craquants. Modèle garçon, fille, ou neutre, tout trouvera preneur.se de toute façon. Faites du deux ans, avant les bébés grandissent trop vite pour avoir le temps de porter tous les cadeaux de naissance. Et ça ira juste bien pour l’hiver suivant. N’oubliez pas l’échantillon, pour une fois que vous avez le temps. En effet, en layette, l’à peu-près est fatal: vous partez pour tricoter du deux ans et vous finissez avec du 1 mois ou du 4 ans comme de rien.

8. Progresser en informatique grâce au télétravail.

Plus possible de reculer, il va falloir apprendre les visio-conférences, les transferts de dossiers volumineux, la sonorisation de cours power point, l’envoi de courrier recommandés par internet, etc.

9. Faire le ménage parmi ses connaissances

Avec des week-ends interminables fermés dans l’appartement, vous allez avoir de temps d’explorer avec qui vous avez vraiment envie de converser des heures entières. Si après 3 week-ends cloitrés, vous n’avez toujours pas envie de parler à votre sœur, la messe est dite.
En revanche, faites un effort pour les vieilles personnes qui subissent la quadruple peine de l’enfermement dans leur chambre, de l’absence de visite, de la peur de la mort et de la disparition de leurs condisciples.

10. Démarrer un loisir dont vous avez toujours rêvé.

Comprenons nous bien, pas le ski ou la chasse à courre. Tournez le dos à ce soleil provocateur. Visez plutôt l’aquarelle, la photo, la généalogie…

11. Penser à après.

La pollution de l’air a chuté dans les villes, on a appris à vivre sans achat, à manger ce qu’on trouve, bref à vivre plus simplement. On s’est mis à aider nos voisins et à téléphoner pour de vrai à nos amis. Pourvu que ça dure.

Conclusion / Avertissement.

Cet article suppose que le confinement fait gagner du temps. Il suffit de vivre enfermé une semaine pour se rendre compte qu’on ne gagnera pas une minute, bien au contraire :

  • D’abord, beaucoup continuent de travailler, et rentrent épuisés par le stress surajouté par la peur de la maladie. je ne pense pas aux soignants. Sans leur enlever le moindre mérite dans ces moments difficiles, ils font le travail auxquels ils ont été préparés, ils ont l’habitude de côtoyer des patients contagieux,  ils savent gérer le risque et ont à peu près les matériels pour se protéger. En revanche, les gens qui vont tout les matins travailler face au public, je pense aux caissiers.res en particulier, eux ils n’ont pas les connaissances pour mesurer leurs risque individuel et familial, ils travaillent la peur au ventre, ils ont encore plus mérite.
  • Le télétravail fait qu’on gagne uniquement le temps de trajet, mais, le temps de «décrocher» des préoccupations professionnelles, on reste plusieurs dizaines de minutes le soir encore connecté psychologiquement au travail. Aller se promener une heure, autorisation dérogatoire en poche, permet de faire le break.
  • Les enfants à la maison, c’est de la surveillance, des devoirs à surperviser, une sortie quotidienne à formaliser, des histoires pour endormir des marmots pas assez fatigués. Verdict de mes jeunes copines : si on était assurés de devoir supporter ses enfants 24h/24 et 365 jours par an, pendant des années, on n’en ferait pas.
  • Tout ce monde mange au moins trois fois par jour, il y a les repas à préparer, la table à installer- débarrasser….
  • Les courses. Moment béni d’évasion hors des murs, on n’en profite pas assez. Marcher dans la rue est presque devenu un délit, la queue devant les magasins est plombante, les choix devant les rayons dévalisés déprimants. Comment s’habitue –t-on si vite à ne pas trouver de beurre ou d’oeufs, n’imaginons même pas des pâtes ? En plus, tout le monde fonctionne au ralenti: faire durer l’instant présent ? peur de se faire repérer par le virus si on a l’air un peu vivace? Et puis il y a celles qui entrent tout droit dans l’épicerie, faisant semblant de croire que tous ces gens posés tous les deux mètres, cabas au pied, prennent juste le soleil.

2 réflexions sur “Sortir grandi.ie de ce confinement.”

    • Bonjour Nicolas. je suis contente que cet article vous aie plu. Dans la même veine vous pourriez aimer celui-ci « 20 conseils pour tenir ses objectifs ». Bon confinement. Grenadine

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