Sans un sou en poche, Benjamin Lesage

Trois copains font un pari d’ivrogne: aller de La Haye à Mexico sans argent. Un périple de 24 000 km, qui a duré un an, et pour lequel ils auront dépensé en tout et pour tout 100 € de remplacement d’un passeport et de visas.

Ils sont allés au Cap vert par Gibraltar, ont traversé l’Atlantique en bateau stop, puis sont remontés à travers l’Amérique du Sud, pour assister au Forum de Climat de Cancùn de décembre 2010, puis à Mexico. J’ai beaucoup de peine à rester objective face à ce livre car c’est exactement ce que je n’aime pas :

  • Avoir la conscience occultée par des problèmes matériels, voire vitaux : où dormir, quoi manger
  • Passer sa vie sur des bords de route et les aires d’autoroute pour faire de l’auto-stop. Ne rien voir d’autre.
  • Vivre de mendicité ou de la générosité des gens souvent très modestes.
  • L’exercice est facilité quand on a des arrières : lorsqu’un des compères a souhaité arrêter le voyage et rentrer à la maison, ses parents lui ont envoyé un billet d’avion.

Sur le principe, l’exercice qui consiste à s’affranchir de la société de consommation et de relations plus ou moins perverties avec l’argent a toute ma sympathie. Mais l’auteur a de la peine à défendre sa démarche :

«  C’est quoi le problème avec l’argent ? nous demande-t-il
– Nous pensons que l’argent nous empêche d’être libre, c’est toujours une contrainte, c’est aussi un symbole de l’injustice mondiale…  Nous essayons aussi de voyager sans argent pour montrer qu’on te vivre de dons…
– Mà è impossibile ! Là vous ne dépensez pas d’argent, c’est moi qui paye tout. Vous utilisez mon argent ! Dans ces conditions c’est facile de voyager sans argent !
Nous tentons d’argumenter :
« Oui mais il faut bien commencer quelque part… C’est une démarche personnelle avant tout… Nous avons bon espoir que, plus tard, plus de gens vivront sans argent. Imagine que tous ensemble nous décidions de donner, avec la confiance que les autres à leur tour nous donneront ce dont nous avons besoin… »

La sincérité de l’auteur qui s’est ensuite engagée dans la mise en place d’un village – société sans argent, EOTOPIA, est plutôt touchante. Lors de la recherche d’un lieu pour la communauté, ils ont bien vu les limites du don ! J’apprécie également beaucoup son engagement végétarien.

Sur la forme j’ai trouvé l’écriture assez monotone malgré un réel effort pour raconter de façon vivante les anecdotes et les rencontres du voyage. A lire absolument pour vérifier sa motivation avant de partir vagabonder sans avoir réfléchi au financement de son Tour du Monde !

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