Réduire ses déchets au quotidien

Préparer son Tour du Monde, c’est essayer de le garder propre: 3 à 6 fois la surface de la France : c’est la taille de la plus grande accumulation de plastiques de la planète: une attraction à visiter en soi ! Elle est située dans le Pacifique Nord, et elle fait 3,4 millions de km2. C’est un tourbillon de déchet plastiques qui ont dérivé avec les courants marins. Leur taille va de leur taille d’origine (bidons, …) à des résidus microscopiques. Il y a quatre autres grands tourbillons de plastique de ce type (gyres) dans les océans. Nous déversons 8 millions de tonnes de plastique dans les océans chaque année. (source, Sciences et Avenir). Ces plastiques se fragmentent en micro particules qui sont ingérées par les animaux en particulier marins.

Pourquoi diminuer ses déchets?

Je commencerai par un coup de gueule: emballages, conditionnement, packaging, déchets, plastiques, autant de termes plus ou moins glamour pour dire « ordures ». C’est ce dernier terme que j’emploierai. Chacun d’entre nous devrait réduire significativement sa production de déchets/ ordures au quotidien.

Chaque français produit 350 Kg de poubelles par an. Source image pixabay

Un français produit directement 350 kg d’ordures par an, qui seront transportées en camions, qui sont eux mêmes polluants, et qui génèrent des embouteillages, jusqu’aux incinérateurs. Là, les ordures seront incinérées, et la majeure partie des particules dangereuses pour notre santé sont regroupée sous forme de résidus hautement concentrés et toxiques et stockés dans des lieux dédiés (source CNIID)

Ça c’est dans les pays riches. Dans les pays pauvres, tout est jeté dans des décharges en plein air. De là les ordures qui le peuvent prennent le vent et s’envolent pour des endroits plus agréables; océans, plages, forêts, rivières… Les autres sont brûlées, ou pas,  à l’air libre et libèrent tous leurs composants toxiques dans les airs.

L’industrie alimentaire semble s’être donné comme objectif de nous vendre un maximum de d’emballages et de suremballages, donc de futures ordures, qui permettent de vendre l’ «aliment» à des prix délirants. Ces conditionnements sont de plus en plus complexes et polluants à produire, et à éliminer /recycler (les capsules en aluminium: what else ?).
Exemple des bouteilles d’eau ! A la gare ferroviaire les petites bouteilles d’eau sont vendues 2,5 euros. Les bouteilles de 1,5l sont à 90 ct d’euro en supermarché. On paie donc la petite bouteille vide 2,35 euros… inutile de vous dire que je soigne la mienne !

Le zéro déchet: un sacerdoce

J’ai réellement beaucoup d’admiration pour les gens qui s’engagent dans une démarche zéro déchet.

J’ai essayé des recettes de lessive maison, mais elles n’ont de sens, bien sûr, que si chaque ingrédient est acheté en vrac: sinon, on augmente le nombre d’emballages qui partent à la poubelle. Et après, il faut encore que cette lessive lave vraiment bien, qu’elle n’encrasse pas le lave linge, et que la mousse ne mette pas l’appareil en sécurité (expérience vécue)…  ma résolution du jour est d’aller dorénavant acheter ma lessive en vrac au magasin bio, en recyclant mon bidon.

Pour les cosmétiques, j’avoue, je n’ai ni l’envie, ni le temps de les faire moi-même. Mais en bonne radin minimaliste,  j’en utilise le moins possible.

Dans la vie ce n’est pas tout ou rien.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai vécu un gros lâchage au moment des fêtes. Nous avons reçu de façon incontrôlée, des cadeaux non désirés, des gadgets qui ne font pas forcément rire, des chocolats suremballés…

Dans la précipitation des courses de fin  d’année, je me suis fait refiler des sacs d’emballage, j’ai acheté des denrées  en boites et sous blister. Parce que j’estime que mes proches n’ont pas à pâtir de mes convictions, j’ai acheté des cadeaux, que j’ai empaquetés dans du papier, de l’eau gazeuse en bouteille, une fois de la viande (mais pas de foie gras), une fois des oeufs pas bio…

Les proches qui ont séjourné chez nous ont beaucoup aidé, mais ils n’ont pas trié, et j’ai renoncé à jouer les ayatollah….

Selon ma grande théorie sur le fait de tenir ses objectifs, faire bien 95% du temps c’est déjà énorme, et si chacun de nous s’y astreignait, on en serait pas là. Et là, premier janvier,  je m’y remets à fond.

Comment réduire ses déchets au quotidien

1.Ne pas accepter de futur déchet: privilégier les produits en vrac :

La cuisine est un lieu prioritaire pour limiter les entrées d’ordures. Combien d’emballages vont directement à la poubelle, à peine la porte passée? Pour éviter ce gaspillage, c’est quelques fois assez simple :

  • acheter pâtes, riz et autres graines en vrac
  • remplacer les chips apéritives par des noix de cajou épicées en vrac (miam !)
  • thé en vrac
  • à la boulangerie, demander le pain sans sac papier
  • ayez toujours sur vous un de ces sacs parachute ultra léger et compact, ou un tote bag. Refusez tous les emballages et sacs proposés par les boutiques.
  • au bar, boisson sans paille (bientôt interdites, d’ailleurs)

Je n’ai pas fabriqué ni acheté de sacs à vrac. Je ré-utilise simplement les sacs kraft à fruits et légumes qui finissent toujours par m’arriver, un jour où j’ai oublié les miens, où grâce à Chéri. Ils sont increvables, et écologiquement ce n’est « que » du papier.

Quand c’est plus compliqué, à performance égale, choisir l’objet le moins emballé :

  • dentifrice sans boite carton (Lidl)
  • préférer une savonnette achetée nue ou emballée dans du papier, à un gel douche dans une bouteille plastique.
  • j’ai trouvé des draps draps emballés dans une pochette de tissu coordonnée (Jalla), qui peut ensuite servir à ranger du linge fragile, au lieu de l’habituelle housse plastique, aux Galeries Lafayette.

2. Etre minimaliste:

  • Globalement et de principe, ne rien acheter. c’est en plus la règle numéro un pour faire des économies en vue d’un départ à la retraite anticipé pour faire le tour du monde !: ça tombe bien !
  • Attendre que les appareils soient inutilisables pour les racheter (ou pas: appareil à raclette, sèche cheveux…)
  • Acheter d’occasion, emprunter, louer …
  • Globalement, consommer deux fois moins moins de tout : cosmétiques, produits ménagers… ça marche pareil.
  • Garder les bocaux verres : On peut les utiliser pour conserver les aliments, au sec, ou au froid. Attention, prudence au congélateur, risque d’éclatement. On peut aussi y emporter sa gamelle de midi, et passer le bocal au micro-onde.

3. Eviter les situations qui génèrent des déchets:

Repérez les situations où la création de déchets est démesurée par rapport au service rendu. Par exemple, il y a une chose que je ne fais plus: le petit déjeuner dans le TGV. Ce petit repas, si vous n’êtes pas vigilant, produit une quantité de déchets incroyable :

  • un gobelet et son couvercle
  • une touillette
  • un sachet de sucre
  • un sachet de thé et son emballage
  • un truc à manger et son emballage
  • un petit godet de laiton plu
  • une serviette en papier
  • le ticket de caisse
  • Accessoirement, un billet de 10 euros

4. Recycler

Revendre en ligne ou dans un vide grenier,  donner à Emmaüs, à des associations, à des amis, à la famille…

Poser sur le site récup.net.

5. Composter les déchets végétaux, même en ville

Comment composter en ville. Je pense que c’est extrêmement important. La collectivité dépense une énergie incroyable pour transporter et brûler des déchets végétaux lourds et humides qui ne demanderaient qu’à retourner à la terre. Il y a un composteur associatif près de chez moi. Si je dépose peu ici, pour la raison que j’exposerai plus bas, je mets un point d’honneur à prendre mon tour de surveillance. En effet, il faut faire vivre ces structures. Pas seulement en amenant ses poubelles, ça c’est facile. Mais en consacrant 10 heures par an au composteur (6 heures de garde et 4 heures de retournement)

J’emmène mes déchets végétaux chez mon papa à la campagne tous les 15 jours (il croit que je viens lui rendre visite, alors que je viens abandonner mes épluchures au fond de son jardin).  Mon seau attend sagement sur le balcon. Il ne faut pas avoir peur. Il faut bien le secouer  (pas le balcon, le seau) matin et soir pour aérer le mélange pour qu’il ne pourrisse pas. L’été ça sèche, l’hiver c’est conservé par le froid. Les bêtes ne viennent pas.

J’emmène à la campagne, parce que là ce n’est pas un compostage dans les règles de l’art. C’est un projet de décomposition tout bête, je peux être plus large dans mes apports en y mettant tout de qui va au compost d’habitude:

  • Croûtes de fromage
  • Coquilles d’œufs, d’huitres, de noix
  • Filtres à café déchirés en petits morceaux
  • Pelures d’agrume coupées en lanières
  • Restes alimentaires (chéri chéri jette une tranchette de pain chaque jour ; offrande aux Dieux qui nous nourrissent (?)
  • Bouchons en liège coupés fin

Ici aussi, j’ai beaucoup de respect pour celles et ceux qui compostent réellement ou lombricompostent sur leur balcon. j’ai évoqué la question à la maison, chéri chéri m’a clairement dit que c’étaient les vers ou lui…

6. Refusez TOUS les futurs déchets

Les emballages évidemment, mais aussi les échantillons, gadgets et autres goodies. rappelez vous, ce sont de futures ordures.

Triez, et triez bien, vos déchets

Sous l’évier j’ai une poubelle traditionnelle pour le non recyclable, un sac pour le verre et une caisse pour les poubelles jaunes (papier, boites carton, boites de conserve… propres ou rincés).

Relisez bien les consignes de tri, affichez les pour que chacun s’implique à la maison.

Tri des déchets, poubelles jaunes

Et soyez gentils, ne saturez pas les poubelles jaunes de l’immeuble avec des cartons ondulés de déménagement ou de livraison  (qui déjà n’ont rien à y faire) non compactés et qui donc prennent toute la place. Merci !

J’ai appris que les plastiques n’étaient pas réellement tous recyclés correctement. En particulier le PET (PolyEthylène téréPhtalate). il y a des entreprises qui le récupèrent pour le traiter. Yoyo distribue des sacs, chaque sac plein ramené donne droit à des points et en échange on reçoit des places de ciné ou autre.

Expertisez vos poubelles

La question est de toujours s’améliorer. Et pour cela, j’avoue, je fais toutes les semaines l’autopsie de mes poubelles, en cachette. Certains problème ont été réglés très vite :

  • Serviettes papier, essuie tout, mouchoirs en papier ? investir dans du tissu
  • Pots de yaourt ? yaourtière
  • Barquettes plastiques diverses ? vigilance en magasin
  • Enveloppes, courriers divers ? opter pour les envois par mail, se désabonner. J’ai à cette occasion appris que les structures mutualistes seraient obligées légalement d’informer leurs adhérents par l’envoi d’un magazine, sous emballage plastique, en l’occurence…
  • Prospectus ? apposer un autocollant « pas de pub » sur votre boite aux lettres
  • Ne pas récupérer prospectus et magazines gratuits qu’on nous propose en ville.

Et des problèmes récurrents m’apparaissent :

  • les yaourts au soja : pour ça, avec la yaourtière, on est nuls. Moi j’achète des gros pots pour limiter les dégâts. ou je fais du flan avec du lait végétal
  • L’emballage papier du fromage à la coupe : tupper ware ?

Je profite de cette inspection de poubelle pour corriger un tri qui ne dépend pas que de moi.

Conclusion

Sans devenir un intégriste du zéro déchet, chacun peu soulager considérablement la planète et diminuer considérablement le volume de ses poubelles et en faciliter le recyclage.

Lutter contre la pollution                 Source image: Pixabay

La première étape est de limiter l’entrée de futures ordures chez soi. la seconde est d’avoir plusieurs poubelles pour une orientation pertinente des différents types de déchets.
Enfin, une inspection régulière permet de prendre conscience des déchets que l’on produit et de rectifier quelques comportement.

Réduisez le volume d’ordures que vous transmettez à l’environnement !

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