Mes saisons en enfer, Martha Gellhorn

Martha Gellhorn a été reporter de guerre de 1936 à 1989.  Elle en a vu de toutes les couleurs et nous propose ici son worst of all.

Elle a tout fait: reportage sur les victimes de la Grande Dépression, Débarquement de Normandie, libération de Dachau, guerres d’Espagne, du Salvador, du Panama. Elle s’est estimée trop vieille pour couvrir la Guerre de Bosnie, survenue vers ses quatre-vingts cinq ans. Elle a aussi été mannequin, et aussi une copine d’Eleanor Roosevelt, et aussi temporairement une des épouses de Hemingway. Une vie bien remplie.

Elle est très connue aux US et en Angleterre, avec plus de 18 publications à son actif. Elle a même son Prix, et son timbre:

Martha Gellhorn, Reporter de guerre et écrivain: mes saisons en enfer.

Seulement trois de ses ouvrages sont traduits en français:

Martha Gellhorn, une femme reporter de guerre

Un reportage sur la Grande Dépression de 1929

  • « The trouble I’ve seen » raconte la misère pendant la Grande Dépression; elle aura d’ailleurs quelques déboires pour avoir incité des malheureux à la révolte

 

  • The face of War

 

  • Mes Saisons en Enfer: livre bibliographique qui se divise en cinq parties.

 

La guerre sino-japonaise.1942.

Elle a vu le versant chinois, accompagnée par Hemingway grognon car venu à contre coeur. Le récit est vif et désopilant. En gros, il pleut en permanence et ils n’ont pas vu grand chose de cette guerre. Je rirai toute ma vie de ce passage: » CR (alias Hemingway) remarqua que son cheval avait de la chance car il pourrait le monter et marcher en même temps, de telle sorte que la bête aurait en fait six pattes….  … Le cheval de CR s’est effondré sous lui… CR passa alors son bras au dessus de la selle puis sous le ventre de l’animal, et le souleva, … et se remis en marche, son cheval sous le bras ».

Zhou Enlai : beau gosse

Martha rencontre Zhou Enlai, futur acolyte de Mao qui sera ministre des affaires étrangères de la Chine communiste de 1949 à sa mort en 1976. Elle confesse gaiement que ne sachant rien du communisme et des activités de son interlocuteur, elle est complètement passée à côté de l’entretien. Mais il lui a bien tapé dans l’oeil, et on comprend.

1942 Dans les Caraïbes.

Pendant la seconde (deuxième?) guerre mondiale, mille cinq cent cargos alliés ont été coulés par les sous-marins allemands, dont deux cent cinquante rien que dans les Caraïbes. Martha est allée à la rencontre des naufragés, les rares survivants après avoir dérivé des jours sur des radeaux de sauvetage.  Ca tourne au tourisme avec une étude comparée de la gestion des iles par les différents colonisateurs.

La traversée de l’Afrique d’ouest en est

Soyons lucides: Martha n’aime pas l’Afrique, ni le climat, ni le pays, ni les habitants, ni les blancs qui y vivent. Ni les Range Rover pourris, ni les hôtels insalubres, ni les aéroports pagailleux. Elle n’aime que la silhouette Elle a loué une voiture avec un jeune homme de Nairobi, Joshua,  censé être à la fois chauffeur, boy, interprète, guide de safari; elle est hilarante quand elle raconte comment elle a découvert progressivement qu’en vérité elle payait ce type, pour le transporter, le loger et le nourrir, en échange d’absolument aucun service. Et  en plus il se plaint des conditions du voyage.

Mouche tsé-tsé: Sale bête

Elle offre une description de sa rencontre avec les mouches tsé-tsé, qui peut éduquer utilement le futur voyageur: « Dudus hurla Joshua… Puis ils fondirent sur moi comme des chasseurs bombardiers, s’en prenant à mon cou, mes mains, mon visage, et se glissant même sous mon pantalon pour attaquer les jambes. Joshua hurlait de douleur à présent, et il y avait de quoi. Une nuée de mouches longues, fines, noires et brunes tourbillonnait autour de nous… Il s’agissait des mouches tsé tsé, véritables fléaux de l’Afrique. A cause d’elles, des pans entiers du continent demeurent inhabités. » La bestiole habite les limites zones humides-zones boisées comme les mangroves. Elle est attirée par les grande surfaces bleu électrique, et découragée par les rayures blanches et noires. Malin de zèbre !

La Russie

Visite à une écrivaine moscovite célèbre. Nous sommes en 1972, et ça ne rigole pas. La répression et les meurtres d’écrivains terrifient les intellectuels. Les russes sont moroses. On vit dans des appartements infâmes et crasseux. Le peu de vodka chaude offerte ne suffit pas à égayer Martha.

 

Israel

désolée, malgré le couvre feu, je suis épuisée et je m’endors sur mon livre, je n’avance pas.

Ce qui m’étonne, c’est que ces souvenir ne me paraissent pas dramatiques, surtout pour quelqu’un qui a vu le pire du XXe siècle, et qui a passé sa vie à attenter mle monde. J’ai même vérifié que le titre n’avait pas été dévoyé pour rendre le livre plus attractif, mais non: le titre original est Five journeys to Hell.

Un livre très agréable, souvent drôle. Qui rappelle que même les plus professionnels du voyage se mettent dans des galères – et ont de la peine à en ressortir.

 

Merci à Medium pour la photo mise en avant.

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