L’Iran à Lyon: restaurant Mojgan

Nous essayons de nous dépayser et de visiter des bouts de monde sans bouger de chez nous: en ces périodes troublées, on s’invente en voyage.

Mojgan est un restaurant tenu par une belle et charismatique chèfe venue de Shiraz en 2001. Elle est issue d’une dynastie de cuisiniers professionnels, et elle serait venue en  avec le cahier de recettes de sa maman. Elle s’est ensuite perfectionnée chez Bocuse. C’est un restaurant qui monte dans le Landerneau lyonnais; il a reçu le trophée « cuisine du monde » de Institut Paul Bocuse en 2019 . Il est impératif de réserver.

Le restaurant se trouve Rue Royale, pas loin de la Mère Brazier. Le stationnement est impossible, le mieux est prendre le métro jusqu’à Croix Paquet.

L’endroit est élégant, sobre. Murs de pierre, plafond aux poutres peintes en blanc, peu de décorations. Aucune intention de recréer une atmosphère de là-bas. La carte des vins est jolie, avec des vins plutôt lourds qui n’auraient pas nécessairement été mon choix, mais peut-être est-ce le reflet des goûts iraniens en matière de vin.

La carte change tous les jours. On nous proposé en entrée au choix une terrine de trois viandes (sauf porc, bien sûr), une soupe l’oeuf, de la compote d’aubergine. En plat principal esturgeon blanc, souris d’agneau, ou ris de veau, accompagné de riz. Le dessert unique se composait de gâteau moelleux à la rose, de glace vanille pistache et d’une figue rôtie.  Je dis ça comme ça, mais la description dans la carte est appétissante , les plats extrêmement raffinés au goût et élégamment présentés. J’ai pu sans difficulté manger végétarien avec deux entrées et du riz.

Mojgan, cuisine de Shiraz: une aubergine transcendée.

La chèfe exploite des saveurs dont nous n’avons pas l’habitude: acidité du verjus, aigreur du petit lait, avec bonheur. Il y a plein d’arômes délicats dans les compositions: rose, orange, pistache, safran…. J’ai été enchantée de mes plats, mais surprise de les trouver si peu épicés, au sens pimentés du terme: la cuisine iranienne a-t-elle été affadie pour s’adapter au goût français ?

Le  service a été gentil, mais un peu erratique: carafe d’eau tiède, une erreur de plat, on nous a apporté une bouteille de vin au lieu d’un simple verre, les mêmes questions ré-itérées par des serveurs différents… Pour un service à nombre de clients réduit, et une table de deux, c’est beaucoup. La chèfe est venue nous faire un petit bonjour, c’est gentil. On nous a demandé environ 8 fois si nous étions satisfaits, c’est trop.

La maison fait également traiteur pour des événements professionnels ou privés. Ils vendent du caviar, qui est obtenu je vous le rappelle, en éventrant les femelles esturgeons,. Cette douce pratique a permis d’obtenir la quasi disparition des poissons sauvages: il en resterait quelques centaines. Le caviar est maintenant obtenu à partir de poissons d’élevage, et dans certains élevages ont envisagé la césarienne.

Au final, une soirée très agréable. Le menu trois plats est à 40 euros, ce qui n’est pas donné, mais les saveurs sont intéressantes. Je ne partage cependant pas complètement l’enthousiasme échevelé que suscite l’endroit.

 

Merci à Pixabay pour l’image d’accueil.

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