L’homme qui marche, Jean Béliveau

Onze ans pour un tour du monde, qui dit mieux. Si au fil du temps s’est structuré un message de paix autour de cette expédition, la motivation réelle était que le québecquois Jean Beliveau fait un burn-out caractérisé. «  Brusquement, toutes les valeurs que j’avais construites étaient en train de se défaire. Par quoi les remplacer ? Qu’allais-je faire du reste de ma vie ? Quelque chose en moi s’était brisé, jamais plus je ne pourrais supporter un monde compétitif. Je me sentais acculé, les épaules collées au mur. J’avis besoin de valeurs profondes, humaines…Mais au fond, je ne savais pas ce qui me manquait. Ni par où m’échapper. Il y avait la mort, et il y avait la fuite »

Le gars décide de faire le tour du monde en courant, avec son impedimenta dans une poussette de bébé. Il est parti avec 4000 dollars en poche, pensant mettre 6 ans. Mais son « corps ne supporte pas le rythme de un marathon par jour »; il a du passer de la course à la marche, alors du coup ça  a pris onze années. Il y a quelques sauts en avion, au dessus des océans, et parfois liés à des contraintes politiques ou sismiques (tremblement de terre du 12 mai 2008 autour de Chengdu). Il a d’ailleurs vécu de grands événements comme la destruction des tours jumelles de la City, alors qu’il était au Panama.

Itinéraire à la louche

  • Trip du Québec à la côte est du Canada, puis 6 mois pour traverser les Etats Unis du nord au sud, toujours par la côte est
  • 2 ans et demi en Amérique Centrale et du Sud, suivant la côte ouest et traversant vers l’est en Argentine. Puis il a volé du Brésil vers l’Afrique du Sud
  • 2 ans et demi à remonter l’Afrique du sud à l’Egypte; de là est reparti à l’ouest vers le Portugal,
  • L’ Europe du Portugal à la Grèce, par l’Irlande et la Hollande: un an et demi
  • Asie centrale: un an
  • Le Népal et l’Inde: un mois et demi ( ? ça parait bien rapide, à pied)
  • Chine, Corée, Japon: 1 an
  • Des Philippines à l’Australie par l‘Indonésie: presque 3 ans
  • Retour à la maison: 6 gros mois

Il a vécu au fil de l’eau, campant souvent, souvent invité par des inconnus également, et rarement hébergé par des connaissances. Il a souvent mal calculé ses ravitos, et manqué tomber dans les pommes plusieurs fois.

Le récit est habilement mené d’anecdote en anecdote, ce qui donne une succession d’instantanés beaucoup plus intéressante que la monotone succession des journées que propose par exemple Ollivier dans « Longue marche« . Les interprétations politiques me paraissent convenues et un peu naïves, mais en tout cas pleines de bonnes intentions.

Poussée de féminisme: Notre candide homme blanc de 1 mètre quatre vingt dix a tendance à penser que tout va pour le mieux dans le meilleur des  mondes; peu de danger, des sud américaines chaudasses, des familles chinoises épanouies …

Son épouse Luce l’a soutenu à distance, assurant le back-office et la promotion du voyage « pour la paix et les enfants dans le monde ». Ce projet lui permis de rencontrer des grands de ce monde. A son retour, le gars n’a pas réussi à s’acclimater. ils se sont séparés; Jean Béliveau vit maintenant en ermite dans une maison bulle dans la forêt.

Je recommande le livre, agréable à lire, mais les conditions de voyage ne m’attirent guère…

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