Le Machu Picchu par le Chemin de l’Inca

Le chemin de l’Inca mène au Machu Picchu par la Porte du Soleil qui le surplombe, plus sexy que les billetteries en contre-bas du site. C’est une randonnée qui permet d’apprécier des paysages grandioses et de visiter des sites accessibles uniquement à pied. Elle dure 4 jours et 3 nuits, elle est raisonnablement sportive, mais sans difficulté technique particulière,

Réserver le Chemin de l’Inca

Pour sauvegarder la montagne, le nombre de personnes sur le site est limité à 500 par jour, de l’ordre de 150 touristes pour 350 guides, porteurs, cuisiniers. Il faut donc acheter un laisser passer, très à l’avance, par internet, auprès d’une agence agréée. J’écris ces mots en Avril, et déjà il ne reste de places qu’à partir d’Octobre cette année. Quand il n’y a plus de place sur ce parcours exact , et par les agences non agréées on peut opter pour des randonnées alternatives sur lesquelles je n’ai pas d’opinion.

Nous avons contacté par internet l’Agence Camino Inca. On peut préciser si on souhaite porter ses effets personnels soi-même ou les faire porter (c’est plus cher). Nous avons loué des bâtons, des duvets, des matelas. Les tentes sont fournies.

Organisation du Chemin de l’Inca

L’agence nous a demandé de nous présenter dans leur office du centre de Cusco la veille du départ. Ayant réglé un sérieux accompte de France, nous avionsl’inévitable petite inquiétude sur la qualité de la prestation. Dans la petite agence, un couple de jeunes français faisait un scandale. Ils étaient deux qui auraient partir sur le trip le matin même, avec 2 porteurs, ou un cuisinier et un porteur, ou un porteur et un guide, ou que sais-je. Ils estimaient que l’équipe n’était pas suffisante pour assurer la sécurité de l’expédition ; ils voulaient annuler et être remboursés. Le monsieur de l’agence essayait de faire valoir que cette annulation de dernière minute était de leur fait, et qu’en conséquence, l’acompte était perdu. Tout en gérant le conflit, il nous surveillait du coin de l’œil pour voir si nous allions prendre la tangente . Nos amis français ont un peu essayé de nous convaincre de renoncer à notre départ du lendemain. Bien qu’un peu ébranlés, nous avons maintenu. Et bien nous en a pris.

Nous avons eu un briefing en anglais sur le déroulement du treck, récupéré notre matos loué et rencontré notre guide.

Carte du chemin de l’Inca, Machu Picchu, Pérou

Un minibus nous a récupérés au petit matin à l’hôtel, ainsi que les autres participants.

On nous a déposés à Qorihuyrachina, au bord de la voie ferrée et de la rivière Urubamba. Nous étions 5, un grand luxe car il y avait de très grands groupes, et nous on n’aime pas trop ça. Cinq pour un guide, un cuisinier et trois porteurs (les américains faisaient porter leurs affaires).

Randonnée jusqu’au Machu Picchu

Jour 1 : Qorihuyrachina- Wayllabamba (5heures)

Chemin de l’Inca

C’est une demi journée de marche ascendante tranquille. Nous avons fait la connaissance de nos compagnons de route : une fringante retraitée NewYorkaise de 65 ans, Lee, son fils et sa nièce. Elle faisait ce trip pour fêter son départ à la retraite. Petite dame toute mince, elle s’était scrupuleusement entrainée en faisant du step dans un club de gym,… à altitude zéro. Le stoicisme de nos amis NewYorkais fraichement atterris, souffrant de mal des montagnes, a été pour moi une grande leçon. Nausées, mal de crâne, genoux qui flanchaient, ces souffrances à peine évoquées pour information ont été endurées dans la dignité, et ils ont fait leur chemin. Chapeau bas.

Lee en a vraiment bavé, mais elle a tenu bon. Notre guide, Luccio, a été adorable avec elle, lui a tenu compagnie et lui a raconté la faune, la flore et les coutumes pour lui passer le temps. Tout en nous donnant carte blanche pour crapahuter devant. Prévoyants, nous avions d’abord passé 3 semaines en Bolivie avant cette randonnée, donc pas de mal des montagnes.

Jour 2 : Wayllabamba- Pacaymayo

C’est le jour où on monte à 4200 mètres, au col de Warmihuanusca.

Vue du Col de Warmihuanusca, Chemin de l’Inca.

Le premier jour, Lee n’avait pas assimilé le principe de l’altitude, et se démenait pour être efficace malgré le manque d’oxygène. Alors que, contre le manque d’oxygène, il n’y a rien à faire : il n’y a pas de carburant, on va doucement et puis c’est tout. Ce n’est pas une question de volonté ou d’entrainement musculaire.

Les porteurs, chargés à vingt kilos,  portent les tentes, le matériel de cuisine, les  équipements d’urgence, leau et la nourriture. Ils trottinent en tongs et doublent tout le monde, évidemment. Ce sont des Quetchuas, des vrais, pas des marchands d’articles de sport, qui ne viennent à Cusco que pour faire ce travail. En général, ils ne parlent pas espagnol.

Porteur, Chemin de l’Inca, Charge 20kg

On mange bien.On dort sous la tente 2 places, avec du matériel un peu limite. On a eu un peu froid la nuit.

Jour 3. Pacaymayu- Puyupatamarca ou Wiñayhuayna

La journée est longue, et on visite plusieurs sites Sayaqmarca, ancienne forteresse et Winay Wayna, colline couverte de terrasses vertigineuses.

Terrasses, Chemin de l'Inca vers le Machu Picchu

Terrasses, Chemin de l’Inca vers le Machu Picchu

Pour chaque étape il y plusieurs sites de campements. Ils sont attribués aux agences par la Direction du site, et il n’est pas question de déroger sous peine de perdre sa patente. Malgré la dispersion, les campements sont surpeuplés. Il y a à vue de nez 8 toilettes pour cent personnes, et quatre douches. Pour les douches, comme elles donnent un filet d’eau glacée alors que l’air est autour de 3°, c’est génial, il n’y a pas d’attente. Chéri chéri et moi, on a un principe: quoi qu’il arrive, on se lave le même jour. Idéalement tous les jours, mais ici tous les 3 jours. Nous avons forcé le respect de nos camarades de route, qui eux, ont abandonné leurs standards d’hygiène nord américains (un peu vite je trouve).

Campement, Chemin de l'Inca vers le Machu Picchu

Campement, Chemin de l’Inca

La dernière nuit, on dort donc plus ou moins près du Machu Picchu, ce qui conditionne l’heure du lever le dernier matin.

Jour 4 : Machu-Picchu (2450m).

On se lève en pleine nuit, et c’est parti pour arriver au lever du soleil à une esplanade qui surplombe le Machu Picchu. Déception, nous avons attendu en vain que le brume ne se lève. Alors départ pour Inti Puncu, la Porte du Soleil, et découverte du fameux paysage, avec toute l’étendue du Machu Picchu s’étendant en contrebas. C’est grandiose. Quand on regarde la photo, il faut bien regarder les habitations pour se rendre compte de l’échelle et de l’immensité du site. On ne voit pas que la cité inca, on voit son environnement ; des pains de sucre vertigineux surplombant les boucles de la rivière Urubamba. L’ensemble est époustouflant.

Machu Picchu

On se photographie, on se congratule après ces quatre jours. On descend, en roulant modestement les mécaniques avec bâtons et sac à dos, parmi les touristes lambda, pour acheter son ticket et faire tamponner son passeport. Puis on visite, comme tout le monde, mais épuisés. On s’endort dès qu’on se pose, soit disant pour mieux apprécier la vue. Puis on descend en bus à Aguas Calientes, comme tout le monde sauf que nous, on sent très mauvais.

Les bains d’Agas Calientes

Et on va se laver aux bains d’Aguas Calientes! Pour la première fois depuis 4 jours, de l’eau chaude à volonté ! Et un petit Pisco Sour à la main. L’eau est souffrée, donc on a à nouveau une drôle d’odeur…

Assez curieusement, ici il n’y a plus de touristes, alors que c’est le meilleur moment de la randonnée.

Aguas Calientes, les bains, Chemin de l’Inca, Machu Picchu

On a un bon pour un repas au restaurant, puis on prend le train retour pour Cusco. Ce train luxueux met 2 heures à faire 30 kilomètres. Les jeunes «contrôleurs»-serveurs font aussi les mannequins: ils défilent pour présenter les vêtements en alpaga en vente à bord du train, dans une ambiance de franche rigolade, eux même ne prenant cette affaire qu’à moitié au sérieux.

Quelle météo sur le Chemin de l’Inca ?

Fin Août, nous avons eu une température le jour de 18° environ, mais qui baissait fortement le soir, et la nuit, vers 5°. Il y a eu du brouillard les matins, ça s’éclaircissait la journée, et il a franchement plu la dernière nuit.

Moralité, tout prévoir, du T shirt – casquette – lunettes de soleil pour les grimpettes l’après midi, aux vêtements chauds pour le soir et la nuit. Les gants et le bonnets ne sont pas complètement délirants pour les plus frileux. Et aussi de bons vêtements de pluie, et le couvre sac. Et le maillot pour les Bains d’Aguas Calientes. ça sera tout, merci.

Impressions sur le Chemin de l’Inca

J’en garde un souvenir inoubliable. L’effort fourni, le cheminement entre les sites accessibles uniquement à pied, et l’arrivée par la Porte du Soleil rendent ce moment précieux, bien au-delà de la beauté incroyable du site. Nous sommes dans un circuit touristique, avec les limites que cela représente, tout le monde ne peut pas parcourir 8000 km à partir du Chili comme Sarah Marquis. A ma modeste échelle, je recommande vivement ce périple, réservez bien à l’avance.

 

 

 

 

 

 

 

 

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