Le chant des pistes, Bruce Chatwin

Bruce Chatwin, grand écrivain voyageur, raconte la culture et les traditions des aborigènes d’Australie. La notion de topographie chantée était nouvelle pour moi et m’a passionnée.

Australie: carte chantée…

On trouve dans le livre les traditions orales des aborigènes, avec en particulier les « chants des pistes » qui leur permettent de retenir une cartographie de leur territoire et de leurs sites sacrés, nécessité vitale pour des tribus nomades. Celà m’a rappelé le fait que les marins Perses, retenaient les cartes de navigation par des poèmes. Et Bruce Chatwin indique que les peuplades maritimes d’Alaska chantaient également la mer: «  Il y avait un chant pour aller en Chine, et un autre pour aller au Japon, un chant pour la grande île et un autre pour la petite île. Le chant était la seule chose qu’il fallait apprendre… Pour revenir elle se contentait de chanter le chant à l’envers ».

La peinture aborigène.

Le fameux pointillisme aborigène trouverait son origine dans le fait que les adultes enseigneraient les chants des pistes aux enfants en faisant courir leur doigts, comme des petites jambes, dans la boue.

Les légendes aborigènes

De nombreuses légendes du Temps des Rêves sont rapportées, très oniriques et connectées à la nature.
« A l’aube du premier jour, le soleil eut envie de naître… Au fond de leur trou,… Les anciens passèrent d’une jambe sur l’autre. Ils remuèrent les épaules et s’étirèrent… La boue tomba de leurs cuisses, comme le placenta d’un bébé. Puis, tel le nouveau-né qui pousse son premier vagissement, chaque ancêtres ouvrit et la bouche et cria : » je suis ! » Je suis… serpent… cacatoès… fourmis à miel… chèvrefeuille… Et ce premier « je suis », cet acte primordial de dénomination, est considéré, alors et pour toujours, comme la strophe la plus secrète du chant des l’ancêtres, La plus sacrée. »

La maltraitance envers les aborigènes

Les combats des aborigènes et de leurs soutiens blancs pour faire valoir leur droit à la terre, entre ranchs tentaculaires, mines à ciel ouvert et construction ferroviaire, est également abordé. En effet, le comportement du gouvernement australien envers les aborigènes, premier peuple d’Australie, est dénoncé par l’ONU et les ONG: « Le gouvernement australien semble s’acharner à tout faire pour nier les droits internationalement reconnus des Aborigènes, en particulier leurs droits territoriaux. Sa position peut seulement être qualifiée de raciste et ressemble à un retour aux mentalités d’il y a 30 ans. La récente législation du gouvernement va rendre très difficile, pour beaucoup d’Aborigènes, la revendication de leur terre désormais occupée par d’immenses ranchs. » C’est désespérant de voir le mépris généralisé des occidentaux pour les peuples qu’ils ont envahis et décimés. C’est consternant.

Conclusion

Cependant, la forme du récit ne m’a pas convaincue. La trame de fond est constituée par ses rencontres alors qu’il était promené par les australiens blancs qui le déplacent en Range Rover de tribu en tribu. Soixante quinze pour cent du récit rapporte des dialogues d’une pauvreté affligeante avec des gens que je n’aurais pas aimé côtoyer.
Il avança brusquement sa main mutilée. Elle était violacée et cireuse. Le petit doigt manquait. Il tenait sa main devant mon visage, comme une griffe.
– Tu vois ce que c’est ? railla-t-il
– Une main.
– Une main de travailleur.
– J’ai déjà travaillé dans une ferme, dis-je. Et j’ai été bûcheron.
– Bûcheron ? Où ça ?
– En Écosse.
– Et quel genre d’arbres t’as abattu ?
– De l’épicéa,…  du mélèze…
– Très convaincant ! Quel genre de scie ?
– Une tronçonneuse.
– Quelle marques idiot ?
– Je ne me souviens plus.
– Tès peu convaincant, dit-il pour moi ça sonne pas juste tout ça. »

J’ai trouvé le sujet passionnant, mais la médiocrité des australiens blancs, la monotonie des transports, la cruauté de la chasse au kangourou, sont si parfaitement retranscrits qu’on s’ennuie comme si on y était.

Lisez plutôt Nos voisins du dessous, de Bill Bryson.

Petite annonce: Livre à vendre, état neuf, lu une fois, 8 euros. Remise en main propre à Lyon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*