Le Chant de la Forêt, film brésilien

Je pensais voir un film sur les difficultés d’un indien brésilien à s’acclimater à la violence des favelas. Le film est souvent présenté par les critiques comme l’analyse un sujet brûlant d’actualité.

En résumé, le jeune Ihjãc vit avec son épouse, son enfant et sa mère veuve dans un village, dans une réserve indigène au Brésil. Il fait partie du peuple Krahô. Fils ainé, il reçoit un message de son père décédé, qui  lui demande d’organiser le départ de son âme pour le village des ancêtres. Même là bas ce n’est pas normal d’entendre des voix, cela indique à notre héros qu’il est destiné à devenir chamane, sous l’emprise de son maître le Perroquet. Les chamanes sont des gens compliqués, qui entrent en transe, ont des hallucinations, entendent les voix des esprits. Certains soignent, mais certains sont maléfiques. Chez nous, je pense qu’on dirait psychotique délirant, et ce n’est pas une sinécure.

Ihjjãc tente de fuir son destin en partant se cacher dans la ville voisine. Il est pris en charge par le dispensaire qui accueille et soigne les indiens malades, la Maison des Indiens. Il finit par être déclaré hypochondriaque, puis guéri de ses angoisses. Il commence par refuser de rentrer au village, puis s’y résout. Je ne spoile pas.

Le passage du héros en ville est court et sans message politique. Les mauvais traitements aux Indiens sont présentés comme une histoire passée que racontent les anciens. La maison des Indiens souligne qu’ils sont aidés. Engagement politique : zéro.

Ce que j’ai vécu, c’est une immersion dans la vie du peuple Krahô: le quotidien au rythme de la nature, c’est à dire vraiment pas vite pour un film ! On voit la cérémonie funéraire, la structure familiale, le travail de la terre. On retrouve le bruit de la jungle Amazonienne, on écoute leur langue étrangement tonale, et leurs chants rituels. Seul le couple et la veuve jouent leur rôle de cinéma, les autres participants vivent visiblement comme d’habitude, avec quelquefois des coups d’oeils furtifs en direction de la caméra.

Un film que je recommanderais aux personnes intéressées par le Brésil, la linguistique, la musicologie ou l’ethnologie en général.

Un film signé João Salaviza et Renée Nader Messora

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*