L’aventure, pour quoi faire? ouvrage coordonnĂ© par Patrice Franceschi đź–¤

On trouve ici des auteurs prestigieux comme Jean-Christophe Ruffin, Sylvain Tesson, Martin Hirsch, et bien d’autres… je ne veux vexer personne.
Sur le fond cet ouvrage pose la question de l’aventure aujourd’hui, et l’embarras des auteurs est palpable.
Tous affirment que le besoin d’aventure est présent dans l’esprit de beaucoup d’êtres humains comme le contraire du principe de précaution. L’aventure, c’est le voyage avec une prise de risque.

L’aventure c’est se dépasser, explorer la planète de ses abysses à ses plus hauts sommets, sans oublier jungles et déserts, puis partir à la découverte de l’univers, se colleter à des peuplades de cannibales, ou à défaut à des exclus de la société infréquentables,… On peut citer Sarah Marquis,
Et cela dans un état d’esprit idéalisé : persévérance, curiosité, dépassement de soi, altruisme, exemplarité, désintéressement, courage…

D’abord, il faut savoir partir : « Amanullah s’écria « je vous accompagne ! » et joignant le geste à la parole, il monta dans notre voiture, une toyota bleu marine. Je manifestai quelque étonnement et avançais qu’il serait judicieux de l’accompagner chez lui afin qu’il se munisse de ses effets personnels, mais il répliqua « j’ai mon revolver, j’achèterai une chemise à Kaboul, je suis prêt, on y va » Je ne savais pas qu’Amanullah allait rester un mois entier avec nous et allait rester un ami. Je me rappelle alors avoir pensé, … que l’aventure servait peut-être à cela :à rencontrer sur son chemin des hommes qui vous jettent des leçon au visage. Celle d’Amanullah tenait en ces quelques mots « la vie est trop courte pour repasser chez soi ». … grande vérité qu’on peut entendre également au sens ménager du terme, d’ailleurs.

Maintenant que cette pauvre planète, a été parcourue, auscultée, piétinée, polluée, dans ses moindres recoins, que devient l’aventure, qui pour beaucoup, et pendant longtemps, a été synonyme d’exploration ?
Il reste les exploits mécaniques et techniques : voler, monter le plus haut possible, plonger profondément, faire ces exploits en ULM, à moto, en windsuit, en moon walk, seul, sourd, aveugle, … « L’esprit d’aventure démocratisé multiplia les vocations pendant que la boulime médiatique offrait un financement aux projets les plus fous »
Il reste le danger, en Ă©tant par exemple reporter de guerre.

Le petit chapitre sur les jeunes de maintenant m’a un peu gênée: « Quant aux adolescents d’aujourd’hui (pas tous mais, semble-t-il une bonne partie), ils ne brillent pas souvent par leur esprit d’aventure –comparés à leurs ancêtres chevelus partis à Goa guitare au dos et fleur entre les dents … les garçons ont du mal à quitter leur maman. Chez les filles la mode est aux soirées pyjama. Et l’argent -tant méprisé dans les années 1960–1970 est devenu une valeur refuge ». Cette opinion est en contradiction avec ce que l’on observe dès qu’on prend un sac à dos et qu’on s’éloigne un peu de son bureau le rédacteur en chef : partout on rencontre des jeunes gens, et surtout des jeunes filles, partis loin de chez eux pour des années de lycée dans d’autres pays, des séjours Erasmus, des stages de perfectionnement à l’étranger, des années sabbatiques autour du monde. Je dirais même quels sont un des charmes du voyage car leurs expériences, leur fraîcheur, leur intelligence, rendent leur compagnie extrêmement agréable. Et je dis ça en tout bien tout honneur, pas en vieille cougarde !

A propos, attention au temps qui passe : « Avec le temps, il ne faut pas perdre la souplesse, tant de l’esprit que des muscles. Rester ouvert et adaptable, attentif à garder contact en dehors de sa classe d’âge. Si on veut transmettre, il faut savoir susciter le désir d’écouter. Le goût du nouveau, du risque, diminue fortement avec les années. Plus on avance, et plus le courage est nécessaire afin de ne pas perdre le goût de combattre. Il faut garder tranchant le fil du couteau de sa vie »

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