Latitude zéro, Mike Horn

Mike Horn c’est celui qui, à la préhistoire, tuait les tigres dent de sabre avec ses dents, rompait des arbres sur ses genoux pour faire un radeau et traversait le Pacifique à la godille avec femmes et enfants.

Vue de loin, l’idée de suivre bêtement l’équateur pour faire LE vrai Tour du Monde, ne parait pas si terrible. Les 40000 km peuvent intimider au début, mais sur un globe terrestre c’est séduisant.

Quand on apprend qu’il a traversé l’Atlantique, le Pacifique et l’Océan Indien à la période de la mousson sur un catamaran de tourisme de 8 mètres, en étant pas marin, on rectifie son jugement. Plus tard, la tempête sur le Lac Victoria est épique, sa pirogue coule. « Ce lac est bien une mer, et ses colères n’ont rien à envier à celles de l’océan… Je vais utiliser mon sac à dos comme un matelas pneumatique, abandonner mon canot et tenter de nager jusqu’à la terre ferme…. Soudain, alors que j’ai du faire trois cents mètres, je prends brutalement conscience de la folie de mon entreprise. Peu de temps avant que la tempête se déchaine, j’ai vérifié ma position: je suis à soixante kilomètres de la terre ferme… reprenant mes esprits, je fais demi tour. Il n’y a décidément qu’une seule issue possible: trouver le moyen de remettre cette pirogue à flot ».

 Quand on découvre sa traversée de la Jungle Amazonienne en autonomie, tout droit avec une machette, un hamac et un comprimé de doliprane, on se pince. Il se cuisine du singe fumé qu’il attrapé lui même avec trois bâtons en croix et un collet, il fait son nid dans des arbres pile du bon diamètre pour décourager les pumas, il remonte le Rio Négro à la rame, il s’enlève les chairs au couteau après une morsure de serpent, meurt presque mais non, c’est le Mac Gyver de la jungle. « Le problème n’est pas l’eau (du marécage). Le problème ce sont les herbes-lames, coupantes comme des rasoirs. Debout sur le bord, je consacre dix minutes à un exercide de pensée positive. But de l’opération: arriver, par la concentration, à me rendre mentalement invulnérable… Chaque pas est un calvaire. Chaque coup de machette me coûte un morceau de peau… mes mains ne sont plus qu’une plaie dont le sang ruisselle. Je n’arrive plus à tenir la machette… Il faut absolument que je me repose quelques minutes. Je ferme les yeux, et je m’endors debout. L’instant d’après , je suis brutalement réveillé par l’eau croupie qui me gifle le visage… Il faut à tout prix que j’avance, si je ne veux pas mourir ici. Un pas, puis un autre. … Le fond gluant est comme un ciment à prise rapide où mes pieds pèsent des tonnes. Mes mains sont lacérées par les herbes… Enfin, je m’écroule sur l’autre rive. J’ai mis près de dix heures à traverser les six cents mètres du marécage »

Quand on le voit escalader les montagnes de 5000 mètres (Mont Cayambé, Mont Kenya) à peu près sans équipement, au passage, c’est à dire par définition dans des météo épouvantables, avec juste les pieds un peu gelés, quand les autres abandonnent, on s’inquiète sincèrement.

Quand on l’imagine contournant les check point des pays africains en guerre, louvoyer entre militaires corrompus et trafiquants de drogue, on s’étonne qu’il ait survécu.

Quand on apprend qu’il a attrapé la malaria, on n’est pas surpris.

Heureusement, des fois, il fait du vélo, on lui offre à manger, il dort dans des hôtels sur la ligne de latitude zéro, c’est des vacances. Alors, il a le temps d’avoir une pensée pour son épouse et ses filles et c’est trop mignon. En plus, à demi nu en train de ramer comme un forcené sur une pirogue, il est assez photogénique. Il devrait juste se raser.

Mesdames, adoptez un Mike Horn, c’est un compagnon audacieux, inoxydable et sentimental pour voir du pays. Pusillanimes s’abstenir. C’est triste, mais il est veuf. On peut le draguer en s’inscrivant à un de ses coaching, via son site où il est encore plus sexy maintenant qu’il est vieux.

Remerciements: Merci Mike pour la photo mise en avant que j’ai piquée sur ton site, je te la paie en nature quand tu veux.

Dear Mike: thank you for the photo I copied on your website. I will gladly pay the copyright if you come to France. Just let me know.

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