La semaine de 4 heures, Tim Ferriss, lu à 50 ans.

Quels sont les principes de la semaine de 4 heures de Tim Ferriss applicables aux seniors submergés par leur travail? C’est la rentrée, et on dirait que tout le monde a lu ce livre, sauf moi. Quand je l’ai feuilleté à la librairie, des concepts provocateurs ont attiré mon attention, et son côté hackeur de la vie m’a séduite.

On commence bien sûr par nous exhorter à prendre notre liberté: « Personne ne peut vous donner la liberté. Si vous êtes un homme (une femme?) , vous la prenez. » Malcolm X.  Et de nous encourager à vaincre nos blocages:  « Ce dont nous avons le plus peur, est ce dont nous avons le plus besoin ». J’adhère totalement.

Les grands principes pour en finir avec le travail

La muse de Tim Ferriss

L’idée de créer « une  muse« , c’est à dire une entreprise qui tourne toute seule pour nourrir son homme : genre, trouver une niche commerciale, comme par exemple les collectionneurs de cors de chasse, faire de la pub dans leur unique magazine pour une crème qui fait briller mieux, acheter une crème lambda à une usine de crême polish, coller des étiquettes flatteuses sur les tubes, puis les vendre cher sur internet; et tout se fait automatiquement, commandes en ligne, livraison bof, … Les bons conseils pour monter une boite qui génère du cash toute seule, je n’y crois pas. Je crois à l’immobilier, oui, mais pas à une galaxie d’entreprises sous traitantes qui travaillent pour vous et aboutissent à un virement par semaine. Trop vieille, trop blasée, inadaptée aux réseaux modernes, laminée par 30 ans de salariat? Peut-être. Je n’arrive juste pas à y croire. Mais il me semble que c’est ce que mon fils essaie de faire. Moi je pense responsabilité: si le petit fils d’un collectionneur de cors de chasse mange le tube de crême, qui va en prison?

Télétravail extrême

Le télé travail ne s’adapte évidemment pas à tous les métiers. On peut être télé-radiologue, télé-webmaster. Télé-manager, télé-menuisier ou télé boucher, compliqué. Vendre en ligne des formations oui, pourquoi pas. Surtout un enseignement destiné aux bouchers, d’ailleurs, puisqu’il faut toujours privilégier les niches ? Télé travailler est à mon avis une option à considérer au moment des orientations professionnelles, comme la possibilité de devenir son propre patron. A l’évidence, pour le télétravail j’ai fait le mauvais choix.

En pratique, l’auteur dit de prendre une journée par semaine, puis deux, puis venir au travail une fois par mois. Deux étapes: d’abord baisser très légèrement son rendement au travail, puis démontrer qu’on fait mieux à la maison. Aller vivre comme on a envie, en accomplissant ses missions en 4 heures par semaine, soit deux jours par mois. Le décalage horaire idéal, c’est de travailler pendant que son patron dort. Un petit entretien pendant sa fin d’après midi à lui, il va se coucher, et quand il se lève hop le job est fait. L’art d’avoir l’air super efficace. Pour la France, ça veut dire vivre en Asie.

L’optimisation du temps au travail pour arriver à 4h par semaine

Ces combines, on les a déjà lues. A force de les relire, elles s’articulent et se complètent pour devenir vraiment efficaces. Et j’en glisse quelques unes qui ne viennnent pas forcément de la bible du « travaillez moins, gagnez plus, vivez mieux« .

– Cibler les priorités

Les connaitre: quel est votre mission professionnelle? Quels sont vos objectifs de vie ? Attention l’argent n’est pas un objectif, c’est un outil. De l’argent, pour quoi faire?

  • Commencer par les choses importantes, c’est à dire directement productives
  • En vérité, ne faire que les choses productives.
  • Ne pas faire le reste. Ne pas faire une pile de « à faire plus tard »:  décider ce qu’on ne fera pas. Annoncer si nécessaire qu’on ne fera pas. « Ce n’est pas dans nos objectifs, dans nos priorités ». Classer vertical, ne plus jamais y penser.

– Grouper les activités similaires:

Lecture du courrier et des mails.
Il conseille, si on ne rémunère personne pour celà, de grouper celà une fois par jour ou même par semaine, avec une réponse automatique qui en informe les interlocuteurs. Ne jamais les consulter, même rapidement, avant le week end ni le soir; en effet, il ne faut pas se polluer le conscient et l’inconscient avec des problèmes qu’on n’arrivera pas à régler tout de suite. Ne pas les lire non plus avant d’avoir exécuté ses tâches prioritaires. Ce qui donne, en pratique, gérer ses courriels le mardi matin, après avoir fait toutes les choses importantes le lundi.

– Cette bonne loi de Paretto

Vous savez, 20% d’une action engendre 80% des effets, donc il est inutile de se décarcasser sur les 80% de travail restants, qui, eux, ne génèreront que les 20% de finiolage inutile. Par exemple, ne soigner que les 20% de clients qui amènent 80% du chiffre d’affaire; 20% des causes génèrent 80% des problèmes. On peut faire 20% du travail pour 80% du résultat. Après on peut jouer avec les marges; ne consacrer que 10% du temps nécessaire à écrire un mémoire de fin d’étude, pour obtenir un 9/20, qui sera rattrapé de guerre lasse par des enseignants qui ne peuvent pas faire redoubler la moitié de la promo. Je suis une convaincue de ce concept, même si, old school, je dois faire un effort pour descendre mon ratio autour de 50/80.

– Le travail finit par prendre toute le temps qu’on lui accorde.

C’est tellement vrai. Je me croyais procrastineuse, jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’en vérité, j’appliquais ce principe en commençant une tâche quand il restait exactement le temps minimum nécessaire pour la réaliser. Sinon, on y pense, on y revient sans cesse mollement et on y passe trois fois plus de temps que nécessaire. Ayant progressé dans la maitrise de moi même, et avec de plus en plus de dossiers à gérer, j’essaie de faire rentrer toutes les tâches, quelles qu’elles soient, dans une demi journée avec une pause au milieu.

– Ne pas aller au réunions

… sauf une de temps en temps, tard le soir, pour montrer qu’on est encore là; pour les autres déléguer, s’excuser, demander à être destinataire du compte rendu.

Hygiène mentale pour senior

J’adhère complètement à ses trucs pour se libérer du temps cérébral. En vieillissant, on sature plus vite devant la masse d’informations et de demandes. On rumine les contrariétés plus longtemps, on arrive moins à faire le vide sur le trajet du retour à la maison: cette énergie psychique est perdue pour des causes plus importantes. Et en plus, on tourne en rond dans sa tête sur des contrariétés qui nous concernent de moins en moins et sur lequelles on a pas prise.

– Pas de courriels avant de quitter le travail

Je vais appliquer en gérant mes courriels le mardi matin, après avoir fait toutes les choses importantes le lundi.

– Eviter de décider, dans la vie professionnelle comme personnelle.

Décider une bonne fois pour toute certaines modalités en instaurant des routines non négociables. Je me trouve régulièrement avec ce genre d’états d’âme: « Dois-je petit-déjeuner avant de courir ou pas ? Courir maintenant ou après avoir digéré , au risque d’être en retard? Est-ce que manger le matin, c’est normal et de bon sens, ou idiot parce que je n’ai pas faim (est-ce que j’ai vraiment faim après ce que je me suis goinfré hier ?), est ce que je ne ferais pas mieux de courir à jeûn pour éliminer, ou est-ce que c’est me garantir une contre performance ? Est-ce que ce petit déjeuner est un prétexte pour repousser la course ? Psychiatre ou pas, si oui, qui, combien, pourquoi ou et quand ? » Je décide que c’est tous les matins une crême budwig, un thé et j’y vais 20 mn plus tard.

Instaurer un maximum de routines repose la tête.

– La diète médiatique et numérique

STOP, tout; les journaux, la radio, les réseaux sociaux. Il a raison, quand il se passe quelque chose d’important, on finit toujours par le savoir. A moins de télétravailler en diète médiatique en Thaïlande: là on peut -peut-être- rater la mort de Chirac; et encore. L’argumentaire repose sur le fait qu’on passe une heure ou deux à s’informer tous les jours, je ne suis clairement pas concernée, à vous de voir.

Apparemment il faut même limiter la lecture. Einstein: « La lecture, passé un certain âge, distrait trop l’esprit de ses quêtes créatives. Tout homme qui lit trop et utilise trop peu son propre cerveau tombe dans des habitudes de pensée paresseuses« .

Lire ce livre pour mieux comprendre les jeunes:

« Le futur est là. il n’est pas encore bien réparti, c’est tout. » W. Gibson

« demandez pardon, pas la permission »

Un des mantras de Tim FerrissC’est à dire faire ce dont on a envie, et voir avec son chef après. Tiens tiens, ça vient de là ce nouveau comportement?

– « désolée, je n’ai pas eu le temps de faire les dernières corrections du rapport que vous m’avez demandé » . Comprendre: J’ai fait 10% du travail, il vous reste toute la nuit pour le peaufiner si vous ne voulez pas avoir la honte auprès de votre N+1 demain matin

– « pardon, j’ai complètement zappé la réunion ». Comprendre: j’ai mieux à faire, et pas nécessairement sur mon lieu de travail.

– « excusez moi, j’ai pris un billet d’avion alors je ne peux pas travailler le week end du 14 Juillet au 15 Août ». Comprendre je m’en fiche de savoir qui assurera la permanence.

Le fantasme de faire son travail en 4 heures par semaine;

C’est bête, mais théoriquement, on doit abattre le plus de travail possible pendant les heures où on est payé. Je veille à ce que les personnes sous ma responsabilité soient occupées effectivement un peu plus de 4 heures dans leur semaine. Je crois que je suis rémunérée pour ça, et c’est précisément ce qui m’oblige à être présente, et bien plus de 4 heures par semaine!

Les assistants de vie et la délégation

Tim raconte qu’on peut tout déléguer, au travail et dans sa vie personnelle. Il suffit de calculer son taux horaire, et toute tâche chronophage et précise mérite d’être déléguée si elle revient moins cher que ce taux. J’ai de vagues notions de charges salariales, par exemple, qui limitent vite le système, à moins de gagner comme un footballeur ou peut être de vivre aux US.

Déléguer, ce n’est ce que je ne sais pas faire. chaque fois que je délègue sans TOUT vérifier, il m’arrive un truc. Et pourtant, c’est mon métier.

Ma micro-entreprise, est problématique parce que je fais tout le travail moi même. Ce pourrait être un bon terrain pour développer mon aptitude à la délégation de tâche. Mais financièrement, statutairement, fiscalement,  ça a l’air impossible. Quelqu’un est au courant?

Après déléguer sa vraie vie, comme la cuisine, les réservervations d’avion et tout, c’est bien mais on en fait quoi des 168 heures hebdomadaires ainsi libérées? On ne peut pas passer sa vie à déplacer son parasol, non plus. Ce qui mène à la question existentielle suivante.

Du sens de la vie quand on est rentier ou presque.

Que faire de tout le temps gagné? Approchant, je l’espère, de ma retraite anticipée, la question devient de plus en plus prégnante. Il y a deux niveaux:

Dans l’immédiat, que faire du temps gagné en semaine (les 31 heures non travaillées restantes qui nous enchainent sur notre lieu de travail), et pire, à court terme, comment meubler les 43 ans ( statistiquement, je devrais devenir centenaire) de liberté totale qui suivront.

voyager, la méthode à la mode pour tromper l’ennui, et dans des pays pas chers. Alors là, j’adhère à 100%. Logement, alimentation, loisirs, tout est dix fois moins cher ailleurs qu’aux US ou en France.

– se cultiver, apprendre des langues étrangères, la philosophie, que sais-je encore

– développer des aptitudes physiques, bien plus vite si on peut y passer du temps frais et dispos au lieu d’un 18h30-20h une fois par semaine après le travail.

– faire du bénévolat

– continuer de travailler, parce que si on ne lutine pas un peu sa muse, elle s’étiole.

– se faire plaisir, prendre le temps de vivre  » La vie n’est pas une course – prenez le temps de danser – écoutez la musique – avant que la chanson ne s’achève »

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*