Je ne peux pas tout quitter pour partir en voyage

Les apôtres du Tour du Monde disent qu’il n’y a pas d’excuse qui tienne, qu’il faut partir dans l’annéeLes gourous de l’indépendance financière répètent que les revenus passifs sont une question de volonté et de temps. Que répondraient-ils à mes raisons de ne pas partir maintenant ? A ma grande honte, je pioche dans les alibis super classiques.

Excuse 1: Je n’ai pas assez d’argent pour voyager.

Moi: J’attends le moment ou je pourrai financer mon Tour du Monde avant la retraite, c’est à dire l’instant T exact où mon épargne me permettra de vivre entre activité salariée et âge de la retraite. J’ai pas envie de tirer le diable par la queue jusqu’à cent ans.
Gourou: Fastoche: sois rentière
Moi: Super idée, surtout si on a eu la présence d’esprit de commencer à investir très jeune: on met trois francs six sous de côté tous les mois entre 20 et 30 ans. On les place sur un compte à 10% (bien sûr, et la marmotte suisse, elle met les lingots dans du papier alu…) . En même temps, on achète huit apparts en cinq ans. Et trois enfants plus tard c’est le jackpot, les loyers ont payé le parc immobilier, les intérêts composés ont fait un triple salto avant. CQFD, à 40 ans (55 ?) vous êtes rentier. C’est ce que je fais, juste j’ai commencé beaucoup trop tard dans ma vie. Je croyais que j’aimerais toujours mon travail. Je croyais que c’était normal que ce soit dur au début, mais qu’après ça roulerait. J’espérais que mes cinq semaines de congés payés par an finiraient par calmer mes envies d’évasion.

Gourou: Alors, il faut devenir travailleur nomade.
Moi: C’est ça: on tient un blog qui vend du rêve et les formations en ligne qui vont avec, ou bien on est designer web, ou alors on a un blog à succès. Les filles peuvent être influenceuses. Pour le blog à succès, dès que j’atteins10 lecteurs par jour je vous préviens.
Gourou: Pour le blog, t’es naze, tu suis pas mes conseils. Tu cherches pas les requêtes qui vont bien, t’as pas d’astragram ni de compte twitter et tu fais pas de vidéos. Et puis c’est pas un sujet le Tour du Monde, y’a rien à vendre. Blogueur pro c’est un métier ma vieille.
Moi: Ben justement mon petit ami, je ne vais pas apprendre un nouveau boulot alors que je suis au taquet du mien et que dans moins de 4 ans il me permettra de mettre les voiles.

Gourou: Il suffit, on peut très bien voyager sans argent.
Moi: Certes surtout si on a vingt ans, qu’on vient de boucler ses études, et que papa et maman sont derrière. On a compris qu’on aura pas de retraite de toute façon. On sait qu’on aura toute une carrière pour se rattraper. Autant profiter de la vie. On est increvable, on peut impunément se nourrir de mauvais sandwichs invendus et de fond de sodas abandonnés ; on récupère très bien dans un dortoir de ronfleurs, ou sur un canapé de couch surfing, On peut gaspiller son capital temps et santé à travailler gratos à la ferme, à être serveur. Moi, rien de tout ça.

Excuse 2: Je voyagerai quand les enfants seront grands

Moi: J’attends la fin des études de mon fils, c’est moi qui paie.
Gourou: Ils disent tous ça. Votre gamin, il a qu’à se trouver des jobs et se payer ses études, ou ne pas en faire, car moi j’ai eu la chance de rater mes études et ça m’a bien réussi.
Moi: Oui, hé ben moi, je veux accompagner mon fils dans son cursus comme j’ai accompagné ma fille. J’ai pas envie qu’il passe des années à vomir sur moi auprès d’un psychiatre, comme quoi  sa mère ne l’a pas aimé autant que sa soeur, et bla bla bla. Vous verrez quand vous aurez des gosses.

Excuse 3: Je suis indispensable au travail

Moi: J’aimerais libérer ma place exactement quand mon successeur professionnel sera prêt. Je trouve élégant de partir en ménageant l’avenir de mon entreprise, même si ce n’est pas vital pour moi.
Gourou: Mais chère madame, vous n’êtes pas obligée de faire ce qu’on attend de vous !
Moi: L’enfant rebelle en moi applaudit des deux mains et commence à charger son sac à dos. Et se souvient qu’il a deux trois trucs à essayer de régler avant de partir.
Gourou: Toujours la même histoire, on construit sa propre cage à rat avec une roue qui tourne dedans.
Moi. Et de toute façon, cette échéance ne retarde pas mon départ, na.

Excuse 4: Je ne veux pas partir seule.

Moi: J’attends Chéri Chéri
Gourou: Ah ah, ah, la trouillarde. Y a qu’à lire les blogs, il y a plein de meufs qui sillonnent la planète seules en autostop, c’est safe et c’est cool.
Moi: J’ai même pas beaucoup peur. Enfin si, toute seule la nuit à Delhi. Mais ce que je veux dire c’est que je ne veux pas laisser Chéri Chéri en France et qu’il trompe son ennui dans d’autres bras. Cette excuse est bien plus puissante que le simple  « j’ai peur de voyager seule ».
Gourou: Il ne faut pas se laisser enfermer. On est libre. Il faut changer de partenaire, et hop!
Moi: Pas d’accord. Quand on a… euh…. beaucoup gagné en maturité, et qu’on a mis trente ans à trouver un compagnon qui va bien, et qui veut voyager aussi, on a meilleur compte d’attendre qu’il règle ses affaires que de s’inscrire sur adopt’un mec pour le changer. Surtout qu’il n’est pas exclu de voyager un peu seule en l’attendant.

Gourou: tu partiras jamais.
Moi: Si. La preuve, c’est que si je gagnais, même très modestement, au loto, je partirais illico. J’aurais de quoi solder les prêts et vivre de mes sous. Je provisionnerais le compte de mon fils. Chéri Chéri deviendrait mon gigolo (yesss). D’ailleurs ça prouve que l’argent est mon seul alibi véritable. 
Gourou: Tu as assez pour partir demain et tu le sais.
Moi: Oui, mais c’est un peu juste, et Chéri Chéri…
Gourou: Tu rêves ta vie. Tu partiras jamais.

 

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