J’ai réveillé le tigre. Sarah Marquis

Revoilà  Sarah Marquis à la recherche de tigres de Tasmanie. Une expédition en solitaire extraordinairement difficile: il suffit de voir sa tête. Elle est loin la blonde qui vante les bienfaits du végétarisme à la télé !

Sarah marquis à la recherche du tigre de Tasmanie

La Tasmanie est une ile très peu peuplée située entre l’Australie et l’Antarctique. Il y pleut énormément et les grands froids peuvent remonter du pôle Sud en quelques heures. Comme en Australie, on trouve des plantes et des animaux qui n’existent nulle part ailleurs. Il y a, en particulier à l’ouest, une forêt primaire où poussent des plantes qui viennent des temps préhistoriques. Les animaux peuvent être mignons, comme tous ces marsupiaux, mais c’est aussi la région du monde où on trouve le plus de serpents mortels. Ayant très modestement fait un trek là bas il y a quelques années, j’ai dû porter des guêtres pour me protéger des morsures (serpents), j’avais interdiction de m’asseoir (fourmis) ou de toucher quelque chose (insectes, plantes vénéneuses) sans l’autorisation expresse de mon guide !

Le sac de Sarah pèse trente kilos après les ravitos. Elle est en autosuffisance avec des rations qu’elle lyophilise elle même avant de partir. Elle trimbale également un petit canot gonflable, les pagaies… La randonnée va durer trois mois, interrompue par un accident. Il pleut en permanence, tout est trempé. Des arbres centenaires s’effondrent autour d’elle, des bêtes de toutes les tailles et de toutes les couleurs l’accompagnent. Le truc contre les sangsues ; le collant en nylon de femme. La végétation est monstrueuse avec ses buissons horizontaux, et autre joyeusetés.

«Anodopetalum biglandulosum est un arbre à croissance lente, endémique de l’ouest de la Tasmanie. Membre de l’ancienne famille des Cunoniaceae du Gondwana, l’arbre développe des branches solides qui tombent sous leur propre poids et poussent ensuite verticalement. Le résultat est un désordre de branches enchevêtré de branches solides ainsi que de tiges minces…. Aujourd’hui la seule façon pour un explorateur de brousse de négocier son passage dans cette végétation inextricable est de se hisser sur le sommet, souvent à une hauteur de six à dix mètres au dessus du sol. »

Des paysages plus étonnants les uns que les autres se succèdent : « Je suis comme une gamine émerveillée : Des gros troncs jonchent le sol, tombés il y a longtemps, et je dois escalader ces géants bien plus hauts que moi, ce qui me prend du temps et de l’énergie. J’en profite pour me tenir debout sur l’un deux ! De ce promontoire je peux voir le dessus de ces parasols vert douillet, c’est d’une beauté rare ! Je continue, le visage régulièrement fouetté par des rameaux qui n’aiment pas être dérangés. Je trouve vraiment de plus en plus qu’il serait logique de voir un dinosaure relever sa tâte en mâchouillant des fougères. Ce décor possède un je ne sais quoi de préhistorique qui est propre à l’ouest de cette île »

Cette expédition, c’est juste l’enfer, mais c’est ça qu’elle aime alors elle est souvent contente. Je suis une admiratrice de Sarah Marquis, à qui je trouve une énergie et un courage extraordinaires. Elle travaille en amont, ce qui fait qu’elle a une bonne connaissance de la faune et de la flore et voyage intelligemment. Bon, le tigre, elle ne l’a pas trouvé, mais elle l’a peut être entendu !

Le dernier tigre de Tasmanie, au zoo.

Je reprocherais cependant à ce livre une première partie sur les préparatifs interminable (80 pages sur 230) et un style super basique. Après, Sarah, c’est une exploratrice, pas une candidate au Goncourt.

J’ai également commenté du même auteur :Déserts d’Altitude

A propos de l’Australie : 

Nos voisins du dessous, Bill Bryson

Le chant des pistes Bruce Chatwin

 

 

 

 

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