Frugalité vestimentaire

Tout quitter pour voyager, c’est réduire sa garde-robe au minimum, sac à dos oblige. Nous vivons dans une société où shopper un vêtement vite fait pour se changer les idées,  en rentrant du travail, ou en flânant en ville, est banal. On lèche les vitrines entre copines, on entre dans une boutique pour voir, on essaie sans obligation d’achat, il suffit d’un commentaire flatteur et la vente est conclue. Ou alors, soldes, c’est automatique, on va « actualiser » sa garde robe. Qui se souvient qu’au début du siècle – le mien, donc celui d’avant-, on avait deux tenues : une pour la semaine, portée six jours d’affilée, qui était lavée le dimanche avant la messe, et avait ensuite la journée pour sécher ? Qui se souvient qu’avant le prêt à porter, qui s’est développé à partir de 1950, on cousait soi-même ou on faisait fabriquer par une couturière ses quelques vêtements ?

La frugalité vestimentaire peut répondre à différentes motivations :

  • S’alléger progressivement avant de partir plusieurs années en voyage. Si le voyage dure aussi longtemps qu’espéré, pour revenir en retraite définitive, au retour bien peu de vêtements conviendront encore. Les besoins auront changé entre vie active et retraite, le tour du monde dans l’ascèse aura fait bouger les lignes, la silhouette aura peut-être évolué, tout sera démodé, le peu de choses mises de côté au grenier aura pris des mites ou sera habité par des souris …
  • Economiser. C’est un poste où arrêter la dépense est facile ; je parie que la plupart d’entre nous a stocké dans ses placards de quoi s’habiller pendant dix ans.
  • Dans une optique plus spirituelle, la culture du paraître, de la consommation est tellement futile. Dans mes premiers contacts avec le bouddhisme, se détacher des futilités de la mode pour passer à des tenues plus modestes paraît essentielle.
  • Le minimalisme est à la mode, avec toutes ces jolies collections capsule en matériaux de qualité, dans des camaïeux de gris

A l’opposé, porter de jolies tenues est un plaisir de la vie.

  • Non seulement pour soi même, mais aussi pour Chéri-chéri, qui se préfère au bras d’une femme élégante plutôt qu’en compagnie d’une moniale défroquée
  • Si je me casse le c… au sens propre à faire du body sculp, c’est pour profiter d’une plastique engageante
  • Je pense toujours au futur, quand je serai une petite dame dodue et voûtée, que mon physique sera derrière moi, et que je regretterai de ne pas avoir profité des ma silhouette quand il était temps.
  • Au travail il ne faut pas faire pitié.

Optimiser sa garde robe présente

Faire un (grand) inventaire et bien sûr la première étape. Tout sortir, et grouper par catégories : pulls, pantalons, robes, jupes… puis par couleur. C’est là qu’on découvre que:

  • On a trois jeans, mais un seul seyant. Que faire des deux autres ?
  • On a acheté des choses très ressemblantes sans s’en apercevoir : petits hauts légers à dominante rouge pour les jours de canicule, pulls à motif bleu, des robes noires…
  • On a une collection de robes et jupes qui ont rétréci, mais dont on espère qu’elles reviendront prochainement à notre taille
  • Au fil des années, on accumulé un nombre invraisemblable d’écharpes offertes ou achetées en souvenir
  • On a des chaussures avec lesquelles on ne marcherait à aucun prix
  • Il y a des choses qui ne vont avec rien, et plus grave, pas avec nous non plus
  • On a mis de côté des vêtements déclassés, destinés au bricolage, en assez grand nombre pour finir notre carrière dans le bâtiment
  • Que nos vêtements d’intérieurs font mémé, exactement ce qu’on s’était promis d’éviter il y a 10 ans

Conduite à tenir à budget zéro euros

Car ce sera l’objectif. On ne va pas racheter alors qu’on veut s’alléger, et qu’on part dans deux ans. Donc pas question de jeter non plus sans réfléchir.

  • bien exposer tout ce qui va bien et donc qu’on met souvent, et leurs complémentaires genre pull-jupe assortis ; S’il y a des taches, des accrocs, et autres boutons manquants, établir une liste de réparations à faire
  • Mettre de côté et ranger avec soin (et antimites) dans un carton les doublons et triplons les plus récents. On les ressortira neufs lorsque la première pièce de ce type sera usée, au lieu d’avoir trois vêtements semblables qui vieillissent en parallèle et encombrent la penderie.
  • Mettre de côté dans un autre carton les vêtements de voyage et rando, à économiser pour la bonne cause : polaire ultra légère, robe facile, et vêtements techniques
  • Examiner de près les singletons. En effet, on a volontiers des constantes dans ses coups de cœur. Il est peut être possible de les apparier, de façon un peu décalée, à la manière des photos de mode de Elle, sous prétexte de couleur ou de motifs qui se répondent ? Peut être pas pour un entretien d’embauche, mais pour visiter une expo ou une soirée branchée, ou pour trainer à la maison ? Si un assemblage fonctionne, mettez le sur le même cintre pour y penser.
  • Mettre en vente sur un site en ligne ou en boutique de belles pièces en bon état dont on a décidément pas l’usage, ou si visiblement on en a trop (pe les robes noires, portées deux fois à des réveillons).
  • Mettre de côté les habits importables, usagés etc : récupérer les boutons, fermetures éclair peuvent-ils fournir du tissu pour rapiécer joliment une autre pièce, ou un sac à dos, ou faire des mouchoirs ? Ou si vous êtres douée, des cadeaux: trousses, que sais-je

Réparer, adapter, transformer

  • Tout raccommoder au fur et à mesure, avant qu’il ne soit trop tard : dix minutes de travail pour gagner 30 ou 50 euros.
  • Bouton manquant : il est bien rare de ne pas en retrouver un quasi identique en mercerie. Sinon, intervertir les boutons en place pour mettre des boutons très différents au col, ou aux manchettes.
  • Rappel, les chaussettes, ça se reprise …
  • Un joli foulard soyeux et épais peut se transformer en bustier.
  • Ne faites pas trop de masques anti covid, la mode ne durera pas
  • Transformer un pantalon qui tombe mal en short, un pattes d’eph en pantacourt ?
  • Recouper une robe pour en faire une tunique, ou une jupe ?
  • Faire modifier une pièce par une couturière, si c’est compliqué ?
  • Rapiécer (super facile de jean à jean)

Conduite à tenir 2 ou trois ans avant le départ.

  • – Porter en priorité les vêtements qui ne serviront ni pendant le voyage, ni au retour, pour tenter de les « finir », et épargner les autres. Typiquement : les vêtements achetés pour les congrès et autres occurrences professionnelle
  • Porter les vêtements qui ne vont qu’avec une seule chose en priorité, pour les user plus vite que ceux qui vont avec tout.
  • Mettre de côté les vêtements qu’on aura envie d’emmener

Ne plus faire de mauvais achats

  •  La pièce qui à l’évidence finira en singleton au fond de votre penderie. Attendez d’avoir vérifié que rien ne lui correspond dans vos placards. S’il y a un candidat, revenez acheter cette pièce avec son complément pour faire l’essayage avant de payer. Si rien ne va avec, danger. Choisissez la version robe si elle existe. Ou, si vraiment vous tenez à ce vêtement difficile à assortir, imposez vous d’acheter son complément le même jour.
  • Fuyez les collants et les chaussettes conçus pour filer le premier jour. Femmes du monde entier ! unissons nous pour ruiner cette industrie qui nous ruine.
  • Lingerie blanche qui sera grisâtre dans 3 mois
  • Tissus trop fins pour être solides
  • Vêtements qui iront à merveille quand on aura perdu ce maudit petit bedon
  • Fuir les soldes et promotions
  • Se souvenir que tous les vêtements onéreux ont leur équivalent cheap quelque part. Cf la photographie de cet article. C’est un choix.

Se souvenir que sur les chemins, on emportera 3 vêtements: voir mon sac minimaliste. Donc, fuir les boutiques et les ventes en ligne.

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