LA FETE DES LUMIERES de LYON, le 8 décembre.

D’où vient la fête des Lumières? Comment organiser son séjour à Lyon ? C’est un des plus grands événements festifs et culturels du monde, avec plusieurs millions de visiteurs chaque année. Les voyageurs du monde à la recherche d’escapades aimeront.

La fête des lumières, une fête religieuse

La Vierge Marie et Lyon, c’est une histoire d’amour. Dans la chrétienté, Lyon était une ville puissante -et accommodante- qui a toujours défendu la thèse de l’Immaculée Conception envers et contre tous. C’est une tradition qui date de l’arrivée d’une relique et de l’enseignement de l’Immaculée Conception par St Irénée dès le IIème siècle. En échange d’un aveuglement sur cet affaire de conception (que les bourgeois lyonnais n’auraient certainement pas accordé à leur propre fille), Marie reconnaissante a protégé les lyonnais successivement de la peste, du choléra et des prussiens.

Au XIIème siècle une chapelle dédiée au culte Marial est construite sur la colline de Fourvière, sur l’emplacement d’un ancien forum romain, Forum Vetus, qui lui donne son nom.

En 1643, la peste qui a décimé le sud de l’Europe arrive aux portes de Lyon. Les bourgeois et commerçants implorent la Vierge de protéger la ville. Ils lui promettent, s’ils sont exaucés, de monter en procession à Fourvière chaque année le jour de la Nativité pour prier, et lui remettre des offrandes. Cette scène est illustrée par un vitrail de la Basilique. Et ça a marché, et il y a toujours aujourd’hui une procession religieuse qui monte à Fourvière les 8 septembre : c’est le « Vœu des Echevins ».

Voeux des Echevins, vitrail de Begule, Lyon

En 1832, même scénario avec le choléra. Un tableau de Victor Orcel représentant la suplique de la ville de Lyon se trouve au-dessus du porche de la Basilique de Fourvière.

En 1850 la chapelle de Fourvière ne suffit plus à accueillir tous les pèlerins ; de plus le clocher est endommagé ; il est décidé de l’agrandir et de surélever le clocher, à qui on offrira une gigantesque statue de Marie regardant la ville. L’œuvre de Victor Fabish mesure 5,6 mètres de haut, pèse 3 tonnes et est dorée à la feuille d’or. Il était prévu de l’inaugurer lors des célébrations du 7 septembre 1852. Malheureusement cet été là des inondations historiques ravagent Lyon.

Vierge dorée protectrice de Lyon

L’inauguration de la statue est reportée au 8 décembre. Pour comprendre une bonne fois pour toute le calendrier, commençons par un petit rappel d’obstétrique : Il y a l’Immaculée Conception le 8 décembre, et hop, neuf mois plus tard, le 8 septembre, la Nativité. Soyez gentils, ne me demandez pas pourquoi la Nativité n’est pas le jour de la naissance de Jésus, le 25 décembre !

Le 8 décembre 1852, les festivités commencent dès le matin, mais une violente tempête commence l’après midi (année pourrie, décidément), rendant impossible l’installation des illuminations prévues à Fourvière. Elles sont reportées au dimanche suivant, à la grande déception du public lyonnais. Mais la tempête cesse à la tombée de la nuit, et tous les lyonnais allument leurs lumignons sur leurs bords de fenêtres. Relativisons : d’après le livre de Mr G. Gambier « 8 décembre à Lyon », la mise en place de lumignons aux fenêtres lors d’événements publics nocturnes était alors une obligation civile. Y déroger était punissable. Le peuple était donc équipé pour l’événement. Il faut donc tordre le coup à la légende de l’illumination spontanée par le peuple de Lyon.

Pendant la guerre contre la Prusse, Lyon est à nouveau menacée. La ville fait un vœu à Marie : une basilique lui sera édifiée à Fourvière si elle est épargnée. Encore bravo Marie. C’est Pierre Bossan qui concevra ce monument au style improbable. L’ensemble  religieux de « la colline qui prie », par opposition à la Croix Rousse : « la colline qui travaille», est inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité.

Les traditions de la procession de la Nativité et des illuminations du 8 décembre pour célébrer l‘Immaculée Conception ont perduré au fil des siècles. Mais le spectacle des lumignons en centre ville (bougies dans des verres colorées alignées aux fenêtres) a peu à peu décliné, avec la raréfaction des locaux d’habitation au profit des bureaux et la perte de la foi. Le spectacle devenant décevant pour les badauds des villes voisines venus déambuler en ville.

La fête des lumières, un spectacle contemporain

C’est à partir de 1989 qu’est mis en place l’éclairage des monuments remarquables de Lyon. Les techniques d’éclairage, la complexité des installation et les ambitions touristiques se sont développés, au point que la durée de la fête est passée de 1 nuit à 4 nuits dans les années 2000.

A présent le spectacle associe des éclairages, des installations, et surtout des projections de films sur les façades des monuments les plus emblématiques, comme la Cathédrale St Jean et la Place des Terreaux.

Cathédrale St Jean, Fête des Lumières, Lyon

Ces vidéo ne se contentent pas d’être simplement projetées sur les surfaces : elles suivent les reliefs des façades et les animent de façon souvent saisissante, simulant des effondrement, des cascades d’eau, la fuite des gargouilles, etc.

On voit aussi d’immenses installations comme à Bellecour en 2019 où était représenté un paysage onirique de prairie ou de possidonies sous marines.

 

Les plans d’eau sont également exploités à Confluence et au Parc de la Tête d’Or, ainsi que par des lâchers de lumignons voguant sur la Saône. Sur la plupart des places, des installations lumineuses et éphémères d’art plastique sont exposées. Enfin des suspensions et lanternes originales décorent les grands rues et restent volontiers en place tout l’hiver.

En 2012, le spectacle a attiré 4 millions de visiteurs, en faisant un des plus grands rassemblements festifs au monde.

Aller à la Fête des Lumières de Lyon

Hébergement.

La capacité en hébergement de la ville est insuffisante et les prix flambent à cette période. Il faut donc anticiper. Les RbnB sont une bonne solution, beaucoup de lyonnais délaissant leur domicile ce week end là : souvent,  on va voir les illuminations un soir de semaine et on se met au vert la fin de semaine.La combine pour payer moins cher sans avoir de problème de déplacement est de se loger aux extrémités des lignes de métro ou de tram. Le métro est propre, rapide, efficace, alors que l’accès au centre ville et le stationnement en voiture sont problématiques. Les extrémités de métro faciles et sûres sont Oullins, Villeurbanne, Vaise. Pour le tram, Bron, Villeurbanne.
Le plus simple est de prévoir votre itinéraire dans la fête, de vous transporter à sa partie la plus éloignée, et de vous rapprocher à pied de votre hébergement, pour finir en transport en commun.

Déambulation.

A moins d’y passer plusieurs soirées organisées par secteur, il me paraît impossible de tout voir en un soir.

Il y a énormément de monde le week end, si vous le pouvez vous serez plus tranquilles en dehors du samedi soir. Il y a des sens de passage sur les gros sites pour éviter les bousculades, et ça fonctionne plutôt bien. Les petits enfants et les agoraphobes risquent cependant de souffrir. Les pickpockets existent raisonnablement à Lyon, soyez vigilants.

Il fait toujours un froid de gueux et on marche des kilomètres. Chaussures chaudes et confortables, gants, écharpes et bonnets sont indispensables.
Les restaurants doivent être réservés à l’avance. A moins de vouloir vous mettre minable et vous ruiner en accumulant les vins chauds, un thermos de boisson chaude sera bienvenu.

Quoi voir à Lyon ?

La journée, on peut visiter entre autres :

  • Des musées, parmi lesquels je recommande le musée des textiles, le musée de la soie et le musée gallo-romain.
  • Des monuments remarquables : le Théatre de Fourvière et le secteur de la Basilique, le Parc de la Tête d’Or,
  • Des quartiers bien individualisés : le secteur de St Jean, de pur renaissance. La colline de la Croix Rousse, village bobo dans la ville. Confluence, le quartier de demain, avec sa marina et son musée, et la Sucrière qui accueille des expositions contemporaines souvent remarquables.

Courir à Lyon

Le  premier samedi soir de décembre à Lyon, c’est l’arrivée de la SaintéLyon , 80km, et de sa petite sœur la Saintexpress, «que» 42km. Arrivée dans l’indifférence générale à 5 heures du matin. On peut coupler ça avec la fête des lumières les bonnes années, et là, les fêtards fêtant encore ou cuvant, c’est encore plus confidentiel.

La Santé-Lyon, premier week end de décembre

Pour l’entrainement à la course à pied:

  • le Parc de la Tête d’Or (3,9 km le grand tour), et le Parc de la Feyssine qui le jouxte,(+4km)
  • la rive gauche du Rhône, l’endroit où il faut être en fin d’après midi
  • la rive gauche de la Saône, récemment aménagée, les deux communicant à Confluence et au niveau du tunnel en mode doux sous la Croix Rousse.
  • le Parc de Parilly (à éviter par les femmes seules d’après la rumeur publique)

Conclusion.

La fête des lumières de Lyon est un spectacle exceptionnel qui mérite son succès. C’est l’occasion de découvrir une ville très agréable, malheureusement réputée pour les bouchons sous le tunnel de Fourvière …

Pour les coureurs aguerris, le combo Stexpress et piétinements à la fête des lumières devrait vous ruiner les jambes pour des mois.

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