Comment épargner pour son Tour du Monde

Mettre de l’argent de côté pour son Tour du Monde peut se faire en peu d’années. De plus, celà permet de se protéger des imprévus et d’envisager de se libérer un jour du travail. A l’approche de la nouvelle année, une bonne résolution serait de commencer à économiser/ d’économiser plus / d’économiser encore plus.

Un des grands regrets de ma vie est d’avoir pris conscience très tard de l’importance de mettre de l’argent de côté et d’investir. Pendant la plus grande partie d’une carrière bien rémunérée, j’ai estimé qu’une fois la mensualité de ma résidence principale payée, j’avais fait le job. Il me paraissait normal de me détendre en faisant les boutiques après le travail, de dépenser en vêtements et chaussures à peine portés, de sortir autant que possible, d’inviter beaucoup, de payer pour des activités abandonnées après une poignée de semaines, et d’investir la totalité de l’éventuel l’excédent annuel dans de belles vacances en famille. Pour moi, être bonne gestionnaire, ça se résumait à ne jamais être dans le rouge.  Ainsi, bien que convaincue que certains quartiers de ma ville étaient destinés à se renchérir et représentaient de beaux investissements, je n’ai jamais rien fait.

Lorsque ma fille a commencé ses études, j’ai jugé plus pertinent d’acheter un studio pour la loger, que de lui en louer un. Ainsi fut fait. Mais il y a eu un changement de programme, elle a fait ses études ailleurs. Le studio s’est retrouvé meublé et vacant. Je l’ai proposé à la location, et j’ai découvert les miracles de l’investissement et des revenus passifs. Mes recherches sur internet pour gérer cet investissement locatif m’ont alors fait découvrir, de fil en aiguille, le monde de la finance personnelle.

Faut-il épargner ou gagner plus ?

Gagner plus, par un job secondaire ou des heures supplémentaires est une option à considérer, si votre statut professionnel le permet. il faudra cependant rester vigilant car:

  • les impôts risquent de diminuer le bénéfice net de ce travail selon vos options personnelles
  • la tentation est toujours grande de dépenser plus lorsque les revenus augmentent
Dans tous les cas, au final, « on ne s’enrichit pas avec l’argent qui entre : on s’enrichit avec l’argent qui ne sort pas ».

COMMENT COMMENCER A EPARGNER

Entre avarice, radinisme, minimalisme, frugalité, et épargne raisonnée, difficile de trouver un point d’équilibre. Et évidemment, les revenus à disposition sont à prendre en compte. Dans une séquence tv de « c’est mon choix » : « je suis radin », une dame explique avec le sourire à quel point elle est radin ; on apprend à la fin qu’elle perçoit 700 euros par mois, si ma mémoire est bonne : elle n’est pas radin, elle survit.

1. FAIRE UN BILAN FINANCIER

La première étape pour épargner est de faire un bilan financier de l’année écoulée. Cahier, tableur excell ou appli, peu importe pourvu que vous soyez à l’aise avec ce support. Ressortez vous relevés bancaires, vos avis d’imposition, vos quittances et échéanciers divers ;

  • Chaque mois, quels sont les revenus fixes, salaire, pension, allocations, revenus de seconde activité, locatif,…
  • Chaque mois, quelles sont les dépenses fixes: loyer ou emprunt immobilier, énergies, impôts mensualisés, emprunts à la consommation, abonnements, cantine,
  • Dépenses mensuelles de vie quotidienne : alimentation à la maison, repas dehors ; sorties ; vêtements, cosmétiques ; dons et cadeaux ; transports …
  • Dépenses ponctuelles mais récurrentes : assurances, taxe d’habitation, charges immobilières, entretien de la voiture, inscription à des activités, …
  • Imprévus : changement de lave linge, panne de voiture, .. Pour l’année prochaine, vous pouvez d’ores et déjà prévoir qu’il y aura des imprévus
  • Vacances

Théoriquement, la différence entre les revenus et les dépenses (delta R-D) devrait se retrouver en épargne quelque part. En examinant vos comptes à postériori, il y a gros à parier que les diverses approximations et oublis empêchent un compte exact.

Mais cela permet de se demander où est passé l’argent.

 

2. FAIRE UN PLANNING FINANCIER POUR L’ANNEE A VENIR

Faire un tableau de vos revenus et dépenses mois par mois, un mois par page, de façon précise ; en prenant en compte les dépenses mensuelles, dont les dépenses de vie courante, quotidienne, et toutes les dépenses ponctuelles : l’école et la rentrée des classes en septembre, les charges d’appartement une fois par trimestre, le téléphone tous les deux mois, l’assurance auto en janvier, l’anniversaire de chéri en juillet…

Posez vous, si ce n’est déjà fait, la question de mensualiser les grosses dépenses, pour les lisser sur l’année. Vous éviterez à votre compte bancaire les gros creux de vague, possiblement générateurs de pénalités.

Vous pouvez alors calculer le delta R-D de chaque mois, et le total des douze delta R-D mensuels, c’est votre capacité d’épargne annuelle actuelle. Est-ce qu’elle correspond à celle que vous avez constatée au terme de votre bilan financier ?

Prenez le plus petit delta R-D de l’année. Installez un virement automatique de ce montant là, le 5 de chaque mois, vers un compte épargne. C’est le minimum à mettre de côté, et cela rend prévisible l’augmentation de votre cagnotte voyage. Vous ferez ensuite chaque mois les virements complémentaires en fonction de votre planning pré établi en début d’année.

3. SE FIXER UN OBJECTIF D’EPARGNE ANNUEL.

Faites un rétro-planning: En fonction de votre objectif à terme, estimez l’épargne à prévoir chaque année jusqu’au but. Ce ne sera pas toutes les années le même montant : dans deux ans un enfant deviendra autonome, dans trois ans il faudra changer de voiture…

Ensuite, pour chaque année, en  regardant votre tableau, en analysant vos dépenses, vous pourrez chercher des solutions pour tenir votre budget. La meilleure variable d’ajustement, ce sont les grosses dépenses, d’autant plus qu’elles se reportent d’année en année. Les moyennes dépenses, sont le domaine où il peut y avoir plus de possibilités de levier. Enfin, les dépenses courantes, ne sont pas si innocentes que ça.

ECONOMISER, EPARGNER, METTRE A GAUCHE

1. Traquez d’abord les grosses dépenses,

Surtout celles qui sont récurrentes : On lit beaucoup sur les petites rivières (le diabolique café du matin) qui finiront par faire les grands fleuves. C’est vrai, mais il en faudra des privations de café pour compenser une voiture de trop dans la famille…

  • renégociez votre emprunt immobilier. Spontanément votre banquier ne vous fera pas de proposition intéressante. Mais si vous lui présentez la simulation de « meilleur taux », il s’alignera exactement pour que l’option rester chez lui soit équivalente. Diminuer le taux du prêt vous permet, à mensualité égale, de diminuer la durée de l’emprunt, ce qui diminue le taux…
  • Dans la foulée, renégociez votre assurance de prêt immobilier
  • Changez toutes vos assurances. Traquez les garanties inutiles ou redondantes.
  • Déménagez pour plus petit, et / ou plus près de votre travail,
  • Gardez la même voiture deux ans de plus
  • Remplacez une voiture par un vélo
  • Gardez la même cuisine, ne rénovez pas la salle de bain… sauf si vous prévoyez de louer votre appartement et que ces rénovations sont indispensables
  • Livrez vous à vos loisirs dans une association plutôt que dans un club privé : sports, activités artistiques, etc
  • Economisez en vacances, ne pas en faire une occasion de se lâcher
  • Diminuez vos abonnements multi média

2. Réévaluez les moyennes dépenses :

Pour avoir un ordre de grandeur, commencez par regarder les intérêts de vos comptes bancaires  par exemple: un livret A plein, c’est 23000/100  x 0,75 an = 172 euros par an : c’est vite gaspillé !

  • évitez et repoussez les achats onéreux : téléphone dernière génération (tant l’ancien fonctionnera…), vêtements (attendre les soldes), … procrastinez la dépense
  • Luttez contre l’achat compulsif : souvenez vous que votre liberté se niche dans l’instant entre l’impulsion et l’action. Respirez un grand coup, convertissez la dépense envisagée en nombre de jours de farniente au Viet Nam. Puis dites au vendeur « oups j’ai oublié ma gold » : faites mettre l’objet de côté, et le lendemain revenez pour acheter ou téléphonez que vous avez changé d’avis. Pas de carte bleue ni de chéquier dans le sac si vous avez tendance à vous lâcher.
  • La tentation du souvenir en vacances: Quartier indien, Singapour

 

  • Comparez les prix, internet est un outil formidable
  • Réévaluez le prix du restau « parce qu’on a la flemme de cuisiner » ce restau pas très cher, mais pas très bon, … est donc trop cher.
  • Pensez à l’occasion : Emmaus, le Bon Coin,… mais pas de shopping dans les vide grenier !
  • Evitez les dépenses stupides ; amende, objet mal entretenu qu’il faudra remplacer, pénalités de retard…
  • Privilégiez les sorties et divertissements gratuits: portes ouvertes de musées,…
  • Raccommodez, réparez, empruntez, utilisez un autre moyen, ne faites pas…

3. Ne sous estimez pas les petites dépenses,

Celles qui sont courantes, quotidiennes : Un euro cinquante par jour, cinquante euros économisés par mois, ce sont 600 euros à la fin de l’année.

Pour chaque mois, faites un tableau, dans un tableur ou un cahier à compléter le soir. Si vous avez de la peine à maitriser vos dépenses, notez les dans un carnet que vous aurez toujours sur vous, AVANT de dépenser, pour vous imposer à un temps de réflexion.

Faites un tableau jour / type de dépense : alimentation, grignotage, invitations, cadeaux et dons, transports, vêtements, décoration, sport, voyages-vacances, frais professionnels, etc .

Donnez vous un objectif de dépenses courantes mensuelles. Faites le total chaque soir, ou, amis paresseux, faites compter automatiquement le tableur. Observez vous vous approcher de la limite de dépenses dès le 15 du mois ; contrôlez vous, trouvez des solutions, instaurez des jours sans dépense, mangez de la soupe à l’oignon, tenez bon !

Economiser: non à la pause café !

Là se trouvent les petites actions du quotidien : choisir les légumes les moins chers, diminuer la consommation de viande et de fromage, se déplacer en transport en commun plutôt qu’en voiture, reporter l’achat d’un vêtement indispensable à la période des soldes, faire soi même le gâteau qu’on amènera chez des amis, emprunter la bibliothèque plutôt qu’acheter les livres,…

Pour mais gardez à l’esprit qu’il faudra beaucoup, beaucoup,  de privations de café du matin  pour compenser un manteau trop cher ou une amende pour excès de vitesse.

Après c’est affaire de goût ; personnellement j’aime beaucoup les économies de bouts de chandelle : rentrer à pied au lieu de prendre le bus, acheter des produits alimentaires bradés pour date courte, faire mes colorations capillaires moi même et utiliser deux fois le même flacon parce que j’ai les cheveux courts …

Mais attention, il faut dans tout cela éviter de devenir un vilain radin.

C’est quoi un vilain radin ? C’est quelqu’un qui fait des économies sur le dos des autres, quelqu’un qui prive son entourage sans concertation :

  • Ne jamais payer le restau, les spectacles, ça finit par décourager l’autre  et finalement on ne sort plus jamais, c’est être radin parce qu’on stérilise sa vie et celle de l’autre. Convenir que quand on aura la flemme de cuisiner une fois sur deux on ira chercher une pizza, c’est une décision concertée.
  • Rentrer à pied du travail, c’est bon pour la santé. Ne pas laisser de pourboire à un serveur qui a été attentionné, c’est radin.
  • Ne rien donner aux restaus du cœur alors qu’on a tenu ses objectifs d’épargne, c’est radin.

Conclusion

Et au final il ne faut pas rêver, épargner c’est ch…, comme de maigrir. Ca consiste à ne rien faire (pas dépenser / pas manger) en attendant les effets… Mais pensez très fort à votre objectif, nombreux sont ceux qui ont mis de côté de quoi faire un tour du monde en un an ou deux. Lorsqu’il s’agit carrément d’arrêter de travailler avant l’âge de la retraite, ce n’est pas le même budget, et équilibrer le compte épargne sera bien plus complexe.

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