En Patagonie, Bruce Chatwin

La Patagonie semble être le refuge des personnages les plus excentriques:  souverains auto-proclamés, hors la loi, et autres anarchistes galiciens.

Carte de la Patagonie: elle s’étend entre le Rio Negro et le Cap Horn

 

Bruce Chatwin aime les gens. Il décrit les comportements et les activités de ses rencontres, la vie quotidienne. Il a su faire parler les locaux, qui se sont souvenus pour lui d’histoires extraordinaires. Il raconte avec ironie et malice les vies de personnages actuels ou passés hors du commun, qui ont profité de ces terres du bout du monde pour exprimer toute leur originalité, à l’abri des gens raisonnables.

Il en résulte dans le récit un va et vient permanent dans le temps, entre les personnages rencontrés en chair et en os par Chatwin, et ceux dont les aventures lui ont été racontées.

Il se régale en nous proposant des portraits hauts en couleur, que l’on lit avec plaisir.

 » On me conseilla de rendre visite au poète… (son) dernier recueil devait son nom à la couche de galets glaciaires qui recouvrent les pampas de Patagonie. Ses vers atteignaient une ampleur cosmique et il y faisait preuve d’une technique surprenante. Il était parvenu à condenser l’extinction des dinosaures en quelques distiques rimés où alternaient espagnol et latin Linnéen. Il me servit un apéritif poisseux de sa fabrication, m’installa sur une chaise, et me déclama, avec force gestes et claquements de dentier, des strophes puissantes qui décrivaient les transformations géologiques de la Patagonie. »

En revanche, les paysages sont croqués rapidement, les villes simplement évoquées, et l’aspect purement géographique du voyage est au second plan. Les lieux décrits le sont comme toiles de fond des aventures humaines.

 » En venant par les terres, on pouvait prendre l’estancia d’Haberton pour un gros domaine des Highlands, avec ses clôtures à moutons, ses portails robustes, et ses ruisseaux à truite couleur de tourbe… La maison, importée d’Angleterre voici de nombreuses années, était faite de tôle ondulée peinte en blanc avec des fenêtres vertes et un toit d’un rouge tendre. A l’intérieur elle conservait le robuste mobilier d’acajou, l’équipement sanitaire et l’atmosphère  d’un presbytère victorien »

SI j’ai beaucoup apprécié la vivacité et l’ironie des récits, ce livre, comme le Chant des Pistes,  parle plus des hommes que du pays au sens géographique du terme.  La leçon est de développer son aptitude à aller à la rencontre des gens et à savoir les écouter pour profiter de récits incroyables.

 

Conclusion

Ce livre dont il est dit en 4e de couverture qu’il fait référence en littérature de voyage m’a déçue, dans la mesures où il ne traite pratiquement pas les aspects géographiques, de localisation, ne décrit pas les paysages, etc … Je suis donc restée sur ma faim de voyages.

En revanche, c’est un très beau catalogue  de comportements humains. C’est plus une histoire de la Patagonie qu’un livre de voyage qui nous est proposée.

Un autre livre du même auteur, le Chant des Pistes, qui rapporte son séjour parmi les aborigènes d’Australie, répond peut-être mieux à mes envies d’exotisme.

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