En 2022 je quitte mon emploi salarié.

2022 : 22. J’aime bien avoir un petit dicton pour l’année à venir. Vingt deux au sens de « je me barre ». Les puristes me pardonneront: j’occulte l’origine de l’expression, « 22 v’là les flics », pour la mettre à ma sauce : en 22, adieu, moi, je quitte mon boulot salarié. Il s’agit d’un projet de longue date comme en atteste mon blog dès 2018.

LA DEMARCHE VERS L’INDEPENDANCE FINANCIERE

Disclaim : Cette décision est possible grâce à une activité professionnelle ininterrompue et intense depuis toujours et en plus à sept ans d’épargne de plus en plus forcée. Il n’y a pas eu de miracle, que je pourrais vous vendre pour financer mes voyages.

Avant, grâce à un bon salaire, j’étais dans l’insouciance financière. Je ne comptais pas vraiment, je faisais des dépenses plaisir- décompression en sortant du travail. J’estimais être une mère de famille responsable, puisque chaque mois je finissais avec un compte bancaire légèrement en positif.
J’ai eu une prise de conscience sur ma relation – mon absence de relation- à l’argent à la cinquantaine. Avant d’emprunter pour acheter un appartement qui me semblait un peu au-dessus de mes moyens, j’ai passé quelques nuits à faire et refaire mes comptes. J’ai critiqué mon budget pour la première fois de ma vie. Là, je suis passée en quelques mois de bien plus raisonnable à économe.
Là dessus, s’est développé mon désir de liberté et de voyage. Le salariat avec 5 semaines de congés par an m’est progressivement apparu comme une aliénation insupportable. Je suis passée peu à peu à l’épargne-investissement de la moitié de mon salaire. J’ai créé une micro-entreprise dont la totalité des revenus est épargnée. Ensuite, un peu après la bataille, j’ai pu mettre un acronyme sur ma démarche: la méthode fire.
Mon objectif était d’atteindre une modeste indépendance financière entre novembre 2022 et mars 2023. Avec la succession de feu papa, j’arrive à mon objectif d’épargne avec quelques mois d’avance.

Méthode FIRE pour quitter son emploi salarié

CALENDRIER DU DEPART AUTOUR DU MONDE

Chéri-chéri a consulté pour sa retraite ; il en ressort qu’il pourra poser une année sabbatique, ou négocier son départ en Octobre 2023. Ses congés annuels 2022 seront les 3 premières semaines de septembre.
Mon projet est de poser ma démission pour fin Août 2022, avec l’objectif de ne pas reprendre après nos vacances. J’aurai donc une année de transition avant le grand départ. Ca sera certainement l’année la plus difficile du projet : doutes existenciels, budget serré dans une ville chère, oisiveté relative avec un conjoint qui travaille.

ORGANISATION FINANCIERE POUR QUITTER MON EMPLOI

Pour le financement de ces années de liberté, « ça coûteuh  chère  la liberté, ça n’a pas de prix, mais je paierai », hein, Michel. Les chansons qu’on beugle avec les copines à 13 ans modèlent-elles notre avenir ?

Les contraintes sont fortes, et il ne faut pas trop me tromper dans les calculs de retraite, si je ne veux pas me retrouver à faire des ménages entre 80 et 90 ans:
– Avoir assez d’argent pour vivre correctement entre ma démission et la liquidation de ma retraite. Née en 1965, je ne sais pas encore à quelle sauce je vais être accommodée. Il peut s’agir d’un âge de liquidation minimal maintenu à 62 ans, mais avec une décote dissuasive entre 62 et 64 ans. Ou alors carrément une date de départ repoussée entre 62 et 64 ans, donc entre 2027 et 2029. Au dernier moment, j’ai de la peine à imaginer une pénalité de plus de deux trimestres.
– Valider un maximum de trimestres pour être le moins pénalisée possible pour ma pension à venir. La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit de déclarer 5000 euros de revenus sur une année pour valider 4 ses trimestres.
– Tenir 7 ans sans trop grignoter le capital impose des placements efficaces.

Ayant réfléchi à toutes les options, c’est le statut de loueur de meublé professionnel (LMP) qui semble répondre le mieux à mes exigences :
– Avoir des revenus générant également une couverture santé et une cotisation pour les trimestres en attendant la retraite
– Mettre mon capital à l’abri d’un éventuel racket d’état
– Avoir un investissement par définition indexé sur le prix de la pierre, ce qui me permettra d’acheter la maison de ma retraite au retour.

Pour atteindre le niveau de revenu requis (23000 euros par an, charges incluses), il me faudra louer mon locatif actuel et ma résidence principale. L’héritage me permettra d’acheter un petit locatif supplémentaire pour faire bonne mesure, mais le pivot du montage sera la résidence principale.

Pour la période de septembre 2022 à  septembre 2023, je peux imaginer deux hypothèses : la première est de louer d’emblée ma résidence principale en meublé pour avoir tout de suite le statut de LMP. En échange, il nous faudra louer quelque-chose pour nous loger, bon marché, donc hors la grande ville. J’aurai des trajets à faire pour mes activités professionnelles et de loisir. Les trajets, ça coûte. Je risque de me démotiver du triathlon: aller courir au stade à 19 heures par un coup de métro-bus, ça je peux. M’engager dans les bouchons d’entrée en ville aux heures de pointe: impossible. En plus, un déménagement, c’est des sous, toujours plus qu’on croit. D’autant plus que tous nos meubles et équipements resteraient dans mon appartement loué meublé. Diplomatiquement, je ne veux pas traumatiser mon conjoint, qui vit « chez moi »  en le jetant dans un locatif modeste dans la brousse, et après en le laissant tout seul trois semaines par ci, un mois par là. Ca serait trop pour lui qui considère mon (puis notre) départ avec un mélange variable d’envie et anxiété.

Ou alors rester dans ma résidence actuelle, et de vivre de ma micro-entreprise et d’un, puis deux locatifs. La micro-entreprise génèrera assez de revenu pour les cotisations sociales de 2023. Avantage, je serai sur place pour toutes mes activités. Bien logée, je serai moins tentée de partir (avantage ou inconvénient ?). Pendant mes absences Chéri-chéri restera dans son biotope, et sera – j’espère – moins tenté de refaire sa vie.

TU VAS T’ENNUYER SI TU NE TRAVAILLES PAS ?

Je travaillerai, en essayant de grouper mes activités de micro entrepreneur pour avoir de longues périodes libres pour voyager. Au programme également :

  • Acheter, rénover, et aménager un 3elocatif meublé
  • Progresser en aquarelle, photo, anglais, dans le cadre de SEL, d’apprentissages en ligne ou d’associations de quartier pour économiser.
  • Me mettre au chaud en hiver
  • Aller de Lyon à Rome à pied, l’été 2023, chéri est prévenu
  • Me préparer pour un triathlon M
  • De la méditation et des sesshins
  • Améliorer ce blog, écrire régulièrement, et en particulier vous raconter mois par mois mes démarches avant le départ.

Un secret : j’ai peur. Tous les conseils et encouragements sont bienvenus.

4 réflexions sur “En 2022 je quitte mon emploi salarié.”

    • Bonjour JMS
      J’ai peur, à des degrés variables:
      – de quitter un emploi qui a été au centre de ma vie pendant plus de trente ans, et je vivrais comme un échec que la structure que j’ai créée ne me survive pas. On a beau savoir que nul n’est irremplaçable, je suis inquiète.
      – de me trouver avec des revenus très abaissés, mais des charges encore très conséquentes. c’est une chose de jouer la bobo ultra frugale avec de bons revenus derrière, et autre chose de se trouver avec des revenus réellement limités.
      – de ne pas savoir faire bon usage de mon temps libéré, puisque ma micro entreprise devrait occuper un tiers ou un mi-temps.
      – de ne pas avoir le courage partir. La covid nous a fait perdre l’aisance au voyage, et oublier comme le monde est intéressant. Les années nous font douter de notre capacité à supporter les inconfort et les contrariétés d’un périple au long cours.
      – peur que la santé des uns et des autres n’empêche le départ. Pour la première fois de notre vie, un voyage doit être reporté pour raison de santé.
      – peur enfin que mes grossiers calculs sur la retraite ne me mettent en situation de vulnérabilité au pire moment de ma vie, et que je ne regrette amèrement ce « caprice » de la cinquantaine.
      Au final, malgré quelques anxiétés nocturnes, je suis impatiente d’envoyer ma lettre de démission ! Et Chéri-chéri commence à dérouler sa carte du monde.

  1. Bonjour,

    S’ennuyer sans travailler ? Nenni. J’ai arrêté le boulot à 56 ans en janvier 2020 et j’en suis enchantée. Je me suis d’abord sentie soulagée et ensuite libre, enthousiaste … Je nourris plusieurs projets, du plus humble (5 semaines à pieds seule sur le chemin mozarabe vers Compostelle sans réservations) au plus audacieux (rejoindre la Corée du Sud et le Japon en train et bateau).
    J’aime l’énergie et l’enthousiasme qu’envoie votre blog. Bon vent !

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