Economiser en voyage

Apprendre à économiser en voyage dès à présent a un double intérêt : augmenter sa capacité d’épargne immédiate, et s’entrainer pour le  Tour du Monde. Economiser en voyage est donc une préoccupation constante. Elle repose  sur  de grands principes communs à tous les pays.

Economiser sur les équipements en voyage

La règle d’or du radin est de ne rien acheter, et donc de partir avec des équipements et vêtements en état d’usage. Ca tombe bien, votre équipement expose votre pouvoir d’achat aux interlocuteurs du pays visité, et orientera leur demande pécunière. Donc ne pas acheter d’équipement spécifique avant de partir. Les vêtements qui vous conviennent en France vous conviendront également en voyage. Simplement à partir de maintenant, y penser pour chaque achat : choisir pour tous les jours des vêtements légers, de séchage rapide, qui ne se repassent pas, et suffisamment solides pour résister à une randonnée moyenne. De même vous serez contents d’avoir au quotidien des chaussures confortables, légères et un peu tout terrain. Vous aurez un look un peu baroudeur et décontracté qui vous mettra dans un excellent état d’esprit pour vos réunions au Siège de votre Société ! Et leur fera comprendre à tous qu’il ne faut pas trop vous embêter.

Le sac à dos, équipement indispensable en voyage,  doit être le plus petit (pour emmener peu de choses)  et le plus passe partout possible, pour ne pas attirer l’attention: encore une idée d’économies.

A mon sens, les seuls investissements spécifiques pour voyager sont les visas, les vaccins et la protection anti moustique.

Economiser sur la destination en voyage

C’est évidemment fondamental, car le billet d’avion est normalement le plus gros poste de dépense. Il faut bien y réfléchir, non seulement parce que tous les pays n’ont pas le même niveau de vie, mais aussi parce que le prix des vols peut grandement varier en fonction des l’aéroport de départ et d’arrivée et de la saison. Contrairement à une légende bien établie, les vols ne se renchérissent pas systématiquement au moment du départ. Le vol pour Singapour, dont nous avons surveillé le cours de février à juin 2018, est resté autour de 550 euros. Après avoir fait vos recherches sur les sites bien connus, tentez d’aller directement sur le site de la compagnie aérienne, ce qui peut vous économiser les commissions des intermédiaires. De plus le rapport direct vous simplifiera d’éventuelles démarches d’échange ou d’annulation.

Pour un voyage court, nous prenons volontiers le problème à l’envers, en choisissant la destination du voyage pour son prix. C’était par exemple le  cas pendant les vacances de Pâques 2018 où nous avons profité d’un tarif attractif pour le premier vol Lyon-Fuerteventura, pour rejoindre Lanzarote par le ferry.

Economiser sur les transports

Economiser en voyage commence très fort dès l’arrivée à l’aéroport. Je vais directement faire la queue au distributeur pour retirer de la monnaie locale, sans passer par le bureau de change. Une fuite d’argent non négligeable sera représentée par le taux de change et la commission appliqués par votre organisme bancaire. Si on ne change pas de banque pour des vacances annuelles, le choix d’une banque pas chère (en général une banque en ligne) est un des points à régler avant de partir pour le tour du monde

La première épreuve pratique sera d’économiser sur le trajet de l’aéroport à votre premier hébergement. Selon le standing de votre hôtel, une navette ou un transport privé gratuits peuvent être anticipés. C’est une  bonne solution, surtout si vous arrivez tard le soir. Si vous optez pour un taxi (toujours conventionné pour raison de sécurité) il adaptera son tarif à votre nationalité réelle ou supposée, et la note risque d’être salée. Donc attention de bien convenir d’un prix avant le départ, en prenant en compte l’ordre de grandeur donné par votre guide de voyage. Préciser également s’il s’agit un prix global ou par passager. Pour économiser sur les transports et vous faire de nouveaux amis, partager le taxi autant que possible avec d’autres voyageurs. Dans notre expérience les chauffeurs ont toujours respecté la parole donnée.

Le moins onéreux sera toujours de prendre le bus local, dont vous ne comprendrez pas toujours clairement où il peut vous déposer. Dans notre expérience ce sera l’occasion de vous entraîner à la communication  avec les locaux. Sortir une carte et montrer du doigt où vous souhaitez aller devrait vous permettre de descendre à peu près au bon arrêt.

Pour économiser sur les transports en voyage, le secret c’est d’avoir le temps. Auto-stop lorsque les conditions de sécurité le permettent, et bus locaux sont les moins chers. Une location de voiture à plusieurs permet d’économiser.

Dans un certain nombre de cas, comme en Bolivie, payer cher un « bon de transport » pour un  bus de standing, ne vous garantit en vérité ni le confort ni la sécurité. Une fois au départ, devant le bus de nuit déglingué, il est trop tard pour aller se plaindre. La  sympathique vendeuse qui vous a arnaqué dort sur ses deux oreilles. De même dans une gare routier des faubourgs de Puño, Pérou, je garde le souvenir d’un touriste américain, sûr de son bon droit, qui critiquait, au moment d’embarquer dans le bus, à minuit, l’usure des pneus du véhicule. Le chauffeur, goguenard, lui a fait comprendre, en langage international, qu’il n’était pas du tout obligé de monter. Notre politique maintenant est de miser sur le moins cher : on évite au moins la déception.

Economiser sur les transports pendant un tour du monde: bus desservant Jerico Coara, Brésil

Economiser sur les transports pendant un tour du monde: bus de-sservant Jerico Coara, Brésil

 

Pour les déplacements  très longs,  toujours se poser la question d’un bref vol intérieur, ou du train de nuit qui économise un hébergement. En effet ceux-ci sont souvent relativement bon marché, quand payés sur place. Et le prix est à mettre en balance avec un long trajet entrecoupé de pauses repas, voire d’hébergement. Le gain peut-être considérable dans des pays où les transports routiers sont problématiques.

Economiser sur l’alimentation en voyage

La règle est d’éviter la restauration destinée aux touristes, et les restaurants cités dans les guides, qui augmentent instantanément leurs tarifs. Les repas dans les rues, dans  les cantines où déjeunent les salariés de la ville, ou sur les marchés, bref,  là où on se retrouve avec les locaux, est la meilleure option pour économiser sur l’alimentation. C’est une bonne façon de trouver une cuisine honnête et au bon prix. Toujours, il faut suivre les locaux, les laisser passer devant, et regarder ostensiblement combien ils paient.  Je vous conseille de vous méfier des « établissements » qui n’affichent pas leurs tarifs car ce sera la porte ouverte à une tarification à la tête du client.

Les chaines de restauration internationales comme Mac Donalds ou Starbucks, restent au tarif occidental, que ce soit en Indonésie où sur une aire d’autoroute en Inde. A moins d’un gros mal du pays, à proscrire.

Pour les achats d’épicerie, évidemment, la petite envie régressive de produit comme à la maison sera payée au prix fort.

Economiser sur l'alimentation: marché de Sapa, Viet Nam

Economiser sur l’alimentation: marché de Sapa, Viet Nam

Economiser sur l’hébergement

Chacun a besoin d’un niveau de confort minimum. La résistance de chacun à la chaleur, au bruit, à la literie déglinguée, aux cahots de la route, à l’insécurité éventuelle, conditionne le choix. En effet, il vaut mieux éviter le manque de sommeil, qui peut transformer un voyage en cauchemar éveillé. La gamme de possibilité d’hébergement  peut aller du couch surfing, au camping, aux bancs dans les gares, aux bus de nuit, à l’hôtel cinq étoiles. Sans tomber dans l’extrême économie sur l’hébergement, nous avons régulièrement couché dans des hôtels très modestes ou chez des habitants en Asie ou en Amérique du Sud.

 

 

Dortoir chez l’habitant, à Sapa, Viet Nam

La limite pour nous est clairement le confort du lit sous peine de lumbago, et l’absence de bêtes qui piquent. Nous redoutons aussi l’absence de fenêtre, qui n’est pas exceptionnelle par exemple en Bolivie. Toujours demander à voir la chambre. Y a-t-il de l’eau chaude ? Faites vous préciser si le petit déjeuner est inclus, ce qui d’ailleurs ne met à l’abri de rien :

Exemple de petit déjeuner compris : tartine pain de mie – margarine-  fromage rapé- chocolat à Java; les fourmis sont arrivées ensuite.

Pour nous la bonne formule est d’alterner deux-trois  jours  d’économies sur l’hébergement et un hébergement plus confortable.

 

Oubliées les économies: hébergement de luxe: Yogakarta, Indonésie, 35 euros la nuit

Oubliées les économies: hébergement de luxe: Yogakarta, Indonésie, 35 euros la nuit

N’hésitez pas à comparer les prix et à vous arranger avec la vie. A Medan, nous avions jeté notre dévolu sur un hôtel en promotion sur Booking; arrivés sur place, l’hôtesse d’accueil ne pouvait proposer que le plein tarif: cette promotion n’était accessible que par Internet. La gentille dame de l’accueil nous a donné le code du wifi de l’hôtel pour que nous réservions sur le site booking à partir du lobby, avant de la revenir la voir.

 

Economiser sur les souvenirs en voyage

Pour économiser en voyage sur les souvenirs : c’est un art délicat. Pour faire simple, TOUS les souvenirs destinés aux touristes viennent de marchés de gros, et même en général de Chine : broderies, objets en bois, etc.

Le souvenir  » alimentaire » thé, épices, fruits secs, etc sont une bonne solution pour faire plaisir sans encombrer l’heureux bénéficiaire. Là encore attention aux tarifs… ici, à 7,5 euros le kg en moyenne , on a peut-être meilleur compte d’acheter en France…

Boutique pour touristes, Marché aux Epices, old Delhi, Inde

Boutique pour touristes, Marché aux Epices, old Delhi, Inde

Le commerce de souvenirs divers peut vite être pathétique, avec la pullulation d’objets de pacotille dont la médiocrité est évidente, et l’offre de copies convaincantes mais beaucoup trop chères. N’y connaissant rien, les sculptures d’artistes locaux âgés de 10 ans, les pierres semi précieuses qui trainent sur les étals, les alpagas et autres paschmina me laissent perplexe. Ce qui est certain, c’est que la quasi totalité des achats qui m’avaient paru merveilleusement nécessaires sur le coup se sont avérés complètement inadaptés une fois à la maison.

Enfin, pour la plupart des souvenirs proposés dans les sites touristiques, vous les retrouverez probablement, pas plus chers, à l’aéroport. L’exception peut être la production locales d’artisans, ou d’associations caritatives.

Economiser sur les souvenirs de voyage, en ses périodes de minimalisme, me parait une bonne option.

Et vous aurez économisé la peine de les transporter et éventuellement le risque de les endommager.

Economiser sur les activités en voyage

Les loisirs, excursions, etc, peuvent être réservés, même isolément, depuis internet ou une agence de voyage en France : Bien y penser très en avance pour des excursions comme le Chemin de l’Inca, où le nombre de places est limité: la réservation doit intervenir 6 mois avant de partir. A priori, passer par une agence de voyage sera un gage du niveau de prestation, mais à un prix français. Sur place, on peut faire appel à un guide local, ce sont en général les mêmes guides qui travaillent pour les agences et en free lance. N’hésitez pas à profiter du bouche à oreille, en vous faisant recommander quelqu’un par un voyageur qui est déjà passé par là. C’est la solution la plus économique.

Souvenez vous que les professionnels du voyage ne sont pas vos amis; toute proposition d’activité supplémentaire sera facturée, hors contrat, donc rarement à votre avantage.

N’hésitez pas sur place à profiter de spectacles indépendants de la langue : opéra, marionnettes, danse, mime. Souvent, le spectacle est autant dans la salle que sur scène.

Economiser sur les arnaques en voyage

Dans un pays pauvre, vous êtes un distributeur de billets sur pattes. Il y a gros à parier que quel que soit le niveau de sympathie que vous aurez développé avec les habitants, professionnels du tourisme ou rencontres « occasionnelles », vous payiez tout plus cher que le tarif local.

Malgré tout, pour rester cohérent avec sa politique d’économies, il est important d’éviter les grosses erreurs d’appréciation et les franches arnaques. Pour les prévenir, il faut maitriser la conversion de la monnaie et avoir en tête une échelle du prix des choses : consulter avant le départ un blog ou d’un guide de voyage récent. Cela permet d’avoir une relative agilité intellectuelle lors des négociations et des décisions sensibles financièrement.

Garder à l’esprit les trucs des arnaqueurs

  • Exploiter vos moments de fatigue : descente train de nuit. De principe, à la descente d’un moyen de transport, ne jamais avoir l’air hésitant, s’éloigner d’un pas décidé, puis réfléchir au calme.
  • Vous créer une impression d’urgence, d’absence alternative « vous avez raté le dernier bus »
  • Vous distraire lors des rendus de monnaie. Utiliser les grosses coupures reposé, au calme, en conscience.

Economiser mais profiter du voyage

Et surtout, ne soyez pas de bêtes radins. Il faut savoir profiter des paysages exceptionnels, des activités bien moins chères qu’en France (plongée, canyoning,…), des occasions uniques, et savoir se faire des souvenirs. Faire des économies à tout prix a du sens si vous savez aussi profiter de votre argent.

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