Diminuer le sucre : résultat à un an

Il y a de cela un an, je décidai d’arrêter le sucre. J’étais en pleine poussée de résolutions radicales accompagnant la cinquantaine. Le temps a passé, ennemi des paris intempestifs. Quel est le bilan ? Si il y a eu une évolution considérable, je suis bien loin de la prohibition complète. Il y a le sucre facile à supprimer, le sucre évitable, le sucre difficile à esquiver, le sucre incontournable, le sucre doudou. Et les catégories varient bien sûr en fonction des habitudes de chacun.

Le sucre est partout. L’alcool est pire. Dans notre société d’abondance, on observe en pratique différents apports de sucres rapides :

Le sucre facile à supprimer.

C’est le sucre qu’on ne consomme quasiment jamais en temps normal, « avant »: Pour moi, les bonbons, les sodas, les jus de fruits, les plats cuisinés industriels… Et le nutella que j’ai dû stopper complètement et définitivement depuis longtemps, car il est pour moi l’équivalent de la cocaïne ; il suffit d’une cuiller à café pour que je re-plonge : je finis le pot entamé, et je file me faire des réserves pour le lendemain, voire pour une petite boulimie le soir même.

Le sucre évitable :

C’est sur ce plan que le progrès a été le plus sensible :

Au travail, les desserts lactés-sucrés du restau d’entreprise ont été remplacés par des fruits, et je contourne prudemment les viennoiseries des collègues.

A la maison, les desserts lactés du soir sont remplacés par un fruit ou une poignée de framboises surgelées (anticancer) dans du yaourt nature au soja. J’ai stoppé du jour au lendemain le sucre du thé vert du matin et des infusions.

Au petit déjeuner les rares tartines (pour finir le pain) sont sans confiture, en général je privilégie la crème budwig.

Mes rations de fruits ont sensiblement diminué : j’achète de petites pommes, de petites poires. Je mange une seule clémentine à la fois, une mangue en trois fois.

Evitable assez facilement aussi, le dessert dans les restaus pas chers, quand on est sortis juste pour décompresser ou éviter de cuisiner, genre le vendredi soir. Là, entre les éternelles crèmes brûlées et boules de sorbet, il n’est pas héroïque de faire l’impasse. Pour moi, la manœuvre est cependant un peu plus technique si il y a du tiramisu sur la carte.

Le sucre difficile à esquiver :

Dans les bars, quelle boisson choisir, sans alcool et sans sucre ? Le cacao, réconfortant et apportant son compte de calories pour le prix payé, n’y pensons pas. Seuls de rares établissements proposent du cacao sans sucre. Le café complètement sans sucre, c’est rude, je n’arrive qu’à diminuer. Au final la solution la moins pénalisante est pour moi le perrier-menthe, qui n’est pas sans sucre, mais ne pèse pas lourd en sucre sec. La solution ultime est une eau gazeuse simple ; l’économe-radin en moi a beaucoup de peine à débourser 4 euros pour 1/3 de litre d’eau. Ca finit en général avec un demi de bière bien amère donc peu sucrée. Conséquence, devant la difficulté de décider, radicale diminution des terrasses-passe-temps.

Le sucre presque incontournable, c’est le sucre social :

Invitation, apérol, choix entre boisson sucrée et alcool… Et en fin de repas, comment résister au délicieux dessert maison servi avec amour ? Surtout quand déjà on importune le monde avec son végétarisme plus ou moins assumé.

Quand c’est moi qui invite, je prévois des sodas light (je sais…) , et en fin de repas, il y a toujours un plateau de fruits appétissants parallèlement au dessert « classique ».

Le sucre réconfort: face à soi-même.

Un enjeu de santé énorme pour moi: casser le réflexe « sortie du travail exaspérée implique tablette de chocolat ». D’autant plus que maintenant les tablettes « normales » ne pèsent plus 100 grammes, mais  200g… ou de plus en plus souvent, 180 g au prix de 200, vérifiez. Pour le même prix, j’arrive assez souvent à remplacer ma drogue par des fruits-gourmandise : myrtilles, mangue, raisin, cerises… d’accord, c’est plein de sucre, mais vous conviendrez que c’est un moindre mal. Un problème également non négligeable de cette habitude, c’est le coût, qui hypothèque sérieusement un budget.

Les effets après un an sans sucre.

J’ai perdu un kilo.
La plupart des aliments sucrés m’écoeurent ; barres chocolatées, gâteaux de pâtissiers,… mais l’habitude revient au galop aux premières dérogations. Une fois l’interdit transgressé, la boulimie sucrée n’est pas loin, et la tentation de soigner mon stress au glucose réapparait. Comme une fumeuse.

De plus en plus de gens de mon entourage tentent de diminuer le sucre également, ça aide.

Comment progresser dans mon objectif d’arrêt du sucre.

Je continue de consommer des aliments sucrés deux à quatre fois par semaine. Je ne prétends pas arrêter complètement, mais de ne garder que le vrai sucre plaisir ; glace occasionnelle en été, gingembre confit,… Pas question non plus de me priver de dessert dedans un grand restaurant végétarien, Culina Hortus; je ne suis pas punie, tout de même. 

Dessert à Culina Hortus, Octobre 2019: sorbet framboise – verveine, figue, crème diplomate, framboises, sablés breton.

… L’enjeu le plus important est d’ arrêter le sucre anti-stress.

Pour tous les objectifs alimentaires, qu’il s’agisse d’amaigrissement, d’arrêt de la viande ou autre, c’est bien de commencer un ou deux mois avant les fêtes de fin d’année. Après plusieurs semaines d’effort et quelques résultats, on est plus fort pour affronter les tentations. Et, ce cap passé, on continue naturellement avec les résolutions de nouvelle année, qui sont déjà bien intégrées.

Je vais me resserrer légèrement les boulons.

Le principal outil est le carnet de suivi.

Il y a plusieurs étapes

1/ Noter pendant une semaine, tous les soirs,  tout ce qu’on a mangé.

2/ Noter avant de passer à l’acte ce qu’on va manger, et pourquoi. « Là, je m’apprête à acheter 200g de chocolat lait noisette à 3 euros, pour la dévorer en 10 minutes sur le trottoir ».  « je ruinerai ainsi, en une seule action, à la fois mes résolutions alimentaires et financières ».  « c’est parce que mon patron m’a fait trois remarques désagréables aujourd’hui».  Ca prête à réfléchir.

3/ prévoir des parades : j’emmène  un œuf dur et une banane à grignoter dans mon sa à main. J’avale ça  en mâchant bien et sans boire, et on verra après si mon foie demande toujours du chocolat.

 

 

 

 

 

 

 

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