Devenir frugal en cuisine

La conjonction de revenus passifs suffisants et d’habitudes frugales peut permettre de se libérer du travail, pour se satelliser autour du monde. De plus, le voyage au long cours comme je le conçois implique un détachement des choses matérielles.

Le mouvement frugaliste consiste à économiser un maximum de son salaire pour faire des investissements générant des bénéfices. Les plus extrémistes mettent de côté un gros pourcentage de leurs salaires pour devenir financièrement autosuffisants en quelques années. Ça, c’est aux USA. en France, c’est le percepteur qui devient rapidement libre et indépendant. L’intention initiale des frugaux est parfaitement égoïste. Si je n’ignore pas les nuances entre les différents courants, je pense que cette démarche s’apparente dans une certaine mesure à la sobriété volontaire, à la décroissance et au minimalisme. Elle peut avoir des conséquences très favorables pour la planète, surtout si on pousse l’effort jusqu’au zéro déchet, à l’achat éthique et local, voire au zéro achat. Car, bonne nouvelle, ces injonctions ne sont pas forcément contradictoires. Enfin, se libérer des pulsions de shopping, réfléchir aux conséquences de ses achats, se détacher des biens matériels ne peut que mener sur une bonne voie spirituelle. Même si l’ascétisme est peu valorisé de nos jours.

J’ai lu quelque part  » Il y a dans la simplicité une délicieuse saveur de renoncement, une paix profonde » J’en ferais bien mon mantra pour 2020. Frugalité et légèreté carbone deviennent alors deux facettes d’une même démarche.

L’alimentation est un gros poste de dépense, lourd de conséquences pour notre porte monnaie, pour la planète et, ne l’oublions pas, pour notre santé. C’est pourquoi je commence par ce poste: Comment faire des économies en cuisine.

  1. Pas d’achat d’objets pour se motiver

Le danger des démarches minimalistes, où il faut avoir des choses belles et aimables, ou du zéro déchet, où on se procure des choses durables, est de commencer par acheter plein de nouveaux objets pas absolument indispensables pour vivre. Histoire de marquer le coup et de motiver. Le zéro déchet, la frugalité, le zen, c’est avant tout de se libérer des objets, pas de poser toutes ses vieilles affaires chez Emmaus, pour ensuite dépenser plein de sous pour les remplacer par des options « mieux ».

Ce qui veut dire qu’on n’achète pas de bocaux trop beaux avec des couvercles en bambou: on utilise les bocaux des conserves du commerce. Quitte à acheter, et manger, de temps en temps, des choses bizares juste pour avoir le bon contenant. Exemple, des flageolets à la graisse d’oie pour avoir une gamelle repas pile comme il faut. On n’achète pas de sac à vrac, on ne coud pas de sac, on réutilise une poignée de sacs en papier craft, ils n’ont pas l’air comme ça, mais ils sont increvables. Et ainsi de suite.

2. Les courses alimentaires pour faire des économies

  • Manger pour vivre et non vivre pour manger.

Il peut être utile de commencer par remettre l’alimentation à sa place.  Déjà, prendre du recul face aux référenciels qui nous sont proposés: publicités si vous regardez la télé, prospectus si vous n’avez pas de stop pub, affichages ventant la restauration rapide…. Nous avons besoin pour vivre de céréales et de graines, d’huile végétale de qualité, et de fruits et légumes.Les régimes japonais et méditerranéens font des centenaires. La restriction calorique allonge l’espérance de vie des animaux en laboratoire. Pour les fruits et légumes, cinq portions par jour, à mon avis, c’est beaucoup, c’est pour soutenir le secteur agricole, mais admettons. Donc, tout le reste est superflu, tout le reste est pour le plaisir, les fêtes, les repas entre copains ou en famille.

  • Acheter de saison et local.

Fruits: Local, ça veut dire pas de bananes ni de clémentines, même si la Guadeloupe et la Corse sont en France. En plus, ces fruits génèrent des tonnes d’épluchures 1) que vous payez au poids, 2) qui saturent le seau de compost. Pas de framboises, même (surtout) si elles viennent de serres chauffées de la vallée du Rhône et sont présentées en barquette plastique. Donc en hiver, des pommes et des poires du coin. Si elles sont bio: vous ne les pelez pas, vous croquez les pépins, pas de gachis, tout est mangé, rien au compost. Si en plus vous réutilisez vos sacs de transport, zéro déchet.

Légumes, en hiver, des choux (anti-cancer), des poireaux, des patates, des oignons, des carottes et des navets. oui, je sais. Mais il y a de la sainteté au bout de tout ça.

A mon grand regret, l’élevage pour produire des dérivés animaux n’est pas plus vertueux que pour la viande: élevages en batterie, assassinats dans les mêmes conditions qu’en abattoir, c’est pareil. Donc beaucoup moins de produits laitiers. Les yaourts sont inutiles, les fromages deviennent des plats de fête. Je ne crois pas que les apports en calcium à gogo soient bons pour les os, mais ça n’engage que moi. Huile d’olive (en vrac) à la place du beurre.

Les oeufs: les acheter à l’unité, en réutilisant la même boite en carton. Je me suis offert une folie; une boite à oeufs en plastique de nos grand mères, trouvée dans un vide grenier. Pour avoir testé, ils restent irremplaçables dans les pâtisseries. Et question, d’ou vient cette habitude de manger les oeufs par deux?

  • Céréales, farines, graines, pâtes complètes, etc : en vrac et  mangés à volonté.

Je ne dis pas qu’il faut manger seulement du riz et une poignée de légumes bouillis tous les jours à tous les repas. Quoique. Je dis qu’on peut simplifier énormément son alimentation quotidienne. Les aliments redevenus exceptionnels prendront une autre saveur, une clémentine deviendra une goumandise, les repas au restau avec fromage ou dessert seront vraie une fête.

3. Bio ou pas bio?

Acheter du bio sert à 3 choses:

– faire savoir avec le seul bulletin de vote qui intéresse vraiment les décideurs (votre carte bleue) que vous soutenez la démarche
– protéger la planète; par exemple, on a découvert très récemment, au début de ce XXIème siècle, que les insecticides pouvaient nuire aux abeilles #preneznouspourdesimbéciles. Les documentaires sur l’agriculture intensive (Arte) montrent que nos champs de mas, vigne, et autre, n’ont rien à envier aux cultures de palmier à huile dIndonésie.
– diminuer vos apports quotidiens en pesticides, antibiotiques, perturbateurs endocriniens, métaux lourds et autres additifs alimentaires

Pour la santé, le bio me parait indispensable pour:
– Les dérivés animaux, oeufs, lait, beurre, fromages et viande. Ceci d’abord pour éviter tous les traitements administrés aux animaux (hormones, antibiotiques) qui se retrouvent inévitablement stockés là. Pour ne pas avaler non plus les hormones du stress que les animaux produisent dans de mauvaises conditions d’élevage et / ou quand on les assassine. Et enfin, pour ne pas faire entrer dans sa cuisine des bactéries multi-résistantes sélectionnées par les antibiotiques (renseignez vous sur la raison pour laquelle on javellise les poulets aux USA).

– Les fruits et légumes bio peuvent être consommés avec la peau Je ne vois pas trop l’intérêt pour un avocat (pas très local mais c’est pour expliquer). en revanche, pour la majorité des fruits et légumes, on économisera et on diminuera les déchets en consommant la peau: pommes, poires, pêches, pommes de terre, carottes…  Pour les légumes feuilles, comme les salades, endives, poireaux, épinards,… ils sont composés majoritairement de cellulose, comme le PQ, et de quelques sels minéraux et vitamines, S’ils sont gorgés de pesticides, à quoi bon?

4. La gestion des aliments sans gaspillage

Selon votre mode de vie, vous pouvez avoir la possibilité de faire les courses plus ou moins souvent. A moins de vivre en rase campagne, et alors on a un potager, on a pas besoin de faire des stocks. Qui a besoin de 2kg de pâtes d’avance, ou de fruits et légumes qui perdent leurs vitamines dans le tiroir du bas? – Vivant dans une grande ville, pour moi les courses c’est épicerie et droguerie une fois par quinzaine, et frais deux fois par semaine. Ne jetez pas:
– Lorsqu’une préparation requiert seulement une partie ou la jolie partie d’un légume (poireaux vapeur par exemple), lavez le reste, coupez le en morceaux et congelez les morceaux bien à plat sur un moule à tarte par exemple, puis transférez les morceaux non collés entre eux dans un récipient étanche. Quelques poignées de légumes ainsi mis de côté et prêts à l’emploi,  une patate, et voilà une soupe. (un secret: les sacs congélation peuvent la plupart du temps être lavés et ré-utilisés).
– pour les pois chiche, haricots et autres légumineuses pénibles à préparer (trempage préalable, cuisson longue ), préparez une grosse quantité à la fois et congelez conditionné en petits volumes pour un usage ultérieur.
Recyclez les restes: 3 cuillers à soupe de purée remplacent la patate dans une soupe, des restes de légumes finissent très bien dans du riz ou des pâtes, et les graines dans une salade.

5. Ne générez pas de déchets.

retournez les aliments entamés (melon, oignon, citron, concombre…) dans une coupelle: tranchez les droit et net et posez le reste tranche sur une soucoupe voire sur un bouchon de bocal permet d’éviter que la tranche de section ne se fane et les odeurs dans le réfrigérateur, ceci sans utiliser de film étirable ni d’aluminium.

Frugalité en cuisine: placer les restes retournés sur une coupelle pour économiser alu et film étirable

 

– stockez dans des bocaux en verre
– Quand le frigo est vide, attendez un jour avant de refaire les courses; un repas soupe à l’oignon et pâtes fera patienter.

6. Epargner eau et énergie.

– Lavez les légumes dans une petite cuvette; la salade, puis les carottes puis les patates, puis arrosez vos plantes avec l’eau restante, par exemple.
-Toujours faire cuire au feu minimum, avec un couvercle
– Essayez d’utiliser tous les étages du votre cuit vapeur.
– Sauf pour la patisserie, mettre les plats au four dès le début du chauffage
– Souvenez vous que moins les légumes sont cuits, plus ils apportent de vitamines
– Couper le feu quelques minutes avant la fin de cuisson, sur les plaques comme au four.

7. N’achetez pas d’électroménager

On a inventé la gastronomie et la patisserie avant l’électricité.
A part un batteur pour mélanger vite et battre les blancs en neige, et un mixeur, rien n’est nécessaire, rien ne fait vraiment gagner de temps.
Essayez de faire vous même la cuisine sans robot, ça fonctionne aussi.
Si vous ne pouvez pas vivre sans gaufre ou sans raclette, empruntez.
Les cuit-oeuf, cuit-riz, etc, c’est de la blague sauf si vous tenez un restaurant chinois.
Si vous avez le temps, le talent, et la persévérence la yaourtière et la machine à pain peuvent peut-être être amorties un jour.
Les vieilles cafetières increvables (elles) de nos grands mère font du café acceptable, à moins d’être un connaisseur

8. Buvez de l’eau

L’alcool est un poison même à doses modérées. Le sucre est le démon des temps modernes. Le gaz ballonne. Les infusions pas bio sont pleines de pesticides, probablement. On déforeste pour planter des caféiers, et le café parcourt des milliers de kilomètres pour s’enrichir en aluminium quand il passe à travers votre cafetière dernier cri. Chaque boisson dans un distributeur, c’est un gobelet, sauf si vous avez toujours un mug dans votre poche. L’eau en bouteille est une catastrophe écologique, et les campagnes pour nous faire boire beaucoup c’est pour nous faire acheter plein de bouteilles. Buvez de l’eau du robinet !

8. Privez vous de tout, mangez du riz comme un moine bouddhiste

C’est pour rire. Tout cela mis bout à bout, en oubliant les réclames qui nous font croire qu’on doit faire des repas de roi 3 fois par jour avec viande fromages, fruits et sucreries, sera un grand pas pour reprendre la maitrise d’un pan important de votre vie.

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