Déserts d’altitude, Sarah Marquis

Du Chili au Machu Picchu : 7000 km en 8 mois : Sarah Marquis est une Grande marcheuse, sacrée aventurière de l’année 2014 par National Geographic. Sarah Marquis a passé des mois et des années de sa vie à crapahuter à travers des continents avec un sac de 30 kilos sur le dos. Ce n’est pas sa faute : elle le dit elle même, à peine rentrée à la maison elle reluque déjà la porte de sortie

J’ai cru comprendre que ce périple était une revanche sur un précédent, réalisé en 2006, et relaté dans le livre « La voie des Andes, 8 mois à pied à travers la Cordillière des Andes». En effet, sur cette expédition là, elle aurait un peu oublié de déclarer un guide et un petit trajet en voiture.

Cette fois, en terme de logistique, pour ce périple, elle utilise des cartes topographiques papier pour repérer les passages, ici le long de la Cordillière des Andes. Elle suit des vallées, repère les chemins entre les villages, imagine des passages dans des canyons avec plus ou moins de bonheur : « la vallée s’élargit comme par enchantement. Je progresse tel un zombi, mes muscles ne répondent plus aux ordres, je marche tel un pantin, je ne réalise pas tout de suite, j’avance, mon esprit regarde devant. A un moment une piste s’interpose. Dans le silence je laisse glisser mon sac au sol. Je me laisse choir contre celui-ci et réalise que ce calvaire est enfin terminé. Cela fait 6 jours que je lutte. Ma vie n’a tenu qu’à un fil plus d’une fois. « – Tu viens d’où ? – Du canyon là bas  – Rio del Carmen ? Non, pas possible. -Si, si, le Rio des Carmen. Il me fixe de son regard noir et comprend. »

Sa tactique pour éviter les ennuis est d’être furtive : tente camouflage, parapluie idem, pas tant pour se cacher de la pluie, que pour en faire un petit paravent pour les activités d’hygiène. Elle dort sous sa tente, se ravitaille avec des provisions laissées à des points GPS convenus à l’avance par son frère, partenaire précieux de sa logistique.

Notre héroïne s’est offert la fantaisie de traverser le Lac Titicaca en canoé pour se relaxer les gambettes, a tenté sans grand succès le lama porteur.
(le lama) Inti, suicidaire décide de m’échapper par les eaux. Il s’est mis à nager, à nager de toutes ses forces… mais sa conche de laine épaisse, une fois mouillée, l’entraine dangereusement vers le fond. Qui savait que les lamas nagent ? »

La frugalité est la règle ; le plaisir de la vie c’est un thé chaud. Et la communion avec la nature. Les bruits de la nuit, les paysages extraordinaires de l’altiplano, les étoiles

Là haut on rencontre quelques animaux  sauvages: un condor, des chèvres arboricoles, un lapin à longue queue de la famille du chinchilla: la viscache.
Les relations avec les être humains sont plus complexes. Il y a eu de belles rencontres. Il y a eu de belles frayeurs. Il y a eu le sentiment d’hostilité envers les blancs au Pérou surtout. «  Ce matin, j’ai demandé un peu d’eau du puits. Un monsieur d’une cinquantaine d’années m’a gentiment aidée à en collecter dans mon bidon. Au moment où j’allais le remercier, il me l’a déversée par terre, devant mes pieds, avec un regard plein de haine et d’arrogance. »

Je suis admirative voire envieuse de sa force, de sa volonté, de son indépendance, de son audace. Je trouve aussi formidable qu’une bombe pareille puisse trainer sans encombre dans la pampa.
Mais l’écriture ne m’a pas paru à la hauteur de l’exploit. C’est un livre à lire pendant un trek interminable, sous la tente sarcophage, pour se rappeler que ça pourrait être bien pire. Emmener tant qu’à faire les 3 principaux tomes : L’aventurière des sables  (Australie), Sauvage par nature (3 ans de marche de la Sibérie à l’Australie), Déserts d’Altitude.

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