Comment atteindre l’autonomie financière en 10 ans pour faire des tours du monde

Vous sentez que vous ne pourrez pas continuer de travailler indéfiniment ? je vous propose un rétro-planning pour atteindre l’indépendance financière en dix ans. En effet, la crise de la cinquantaine c’est aussi réaliser que l’usage notre fin de vie en bonne santé ne peut pas dépendre du bon vouloir de nos politiques en matière de retraite. Vivant aux dépens de notre productivité, il y a  peu de chance que les gentils députés et sénateurs scient la branche sur laquelle ils sont assis. Il faut alors décider d’obtenir le plus vite possible l’indépendance financière, pour pouvoir remercier son employeur et vaquer à ses occupations.

Il ne s’agit pas ici du jeunot  qui part de zéro avec l’objectif de devenir rentier en une vingtaine d’année grâce à l’immobilier. Il ne s’agit pas non plus du jeune cadre qui applique la méthode FIRE  en épargnant et en investissant en bourse les deux tiers de son salaire pour se retirer à la quarantaine. Il s’agit du salarié moyen, épargnant modéré, qui réalise soudain, et un peu tard, que la vie est courte, et la vie en bonne santé est encore plus brève. Pour mémoire, en France l’espérance de vie sans incapacité, calculée à la naissance, est de 64 ans. Un départ à taux plein ou avec une bonification à 67 ans est donc un pari risqué si on aspire à autre chose que des mots croisés à la retraite.

-10 ans: Prise de conscience idéalement bien avant 50 ans

La cinquantaine, c’est un cap. Entre les petits plissés qui apparaissent un peu partout, les copains qui se mettent à parler de leur âge, et les 24 heures de récupération devenues indispensables après une soirée entre amis, difficile d’ignorer que le temps a passé. Et qu’il est plus que jamais compté. Le travail devient pesant : quand on sort du travail, on n’a plus d’énergie pour la vraie vie : sorties, amis, sport… Le risque est grand de voir s’appauvrir progressivement sa vie personnelle pour se retrouver sans centre d’intérêt autre que le travail

Les enfants vont terminer leurs études, les parents ne sont pas encore dépendants, il est temps de s’organiser une petite récréation.

Mais même si on a trente d’années de cotisation derrière soi, on n’a pas les fesses tirées des ronces: il manque une cinquantaine de trimestres pour prétendre au taux plein. Et c’est là qu’il faut décider si on les validera ou si on trouvera une autre solution plus élégante que mettre le réveil tous les matins. En dix ans, avec un salaire, on peut espérer organiser des revenus suffisants pour être indépendant financièrement quelques années puis pour compléter sa retraite, nécessairement gravement amputée du fait de l’arrêt anticipé de l’activité professionnelle. Ca veut dire que se contenter d’économiser pour vivre, par exemple quatre ans sans revenu, risque de mener à une fin de vie appauvrie.

Décider de se libérer de la rat-race

Si on 50 ans en 2020, on a encore (1970) 12 ans de labeur devant soi pour atteindre l’âge de sa actuel de la retraite. Echéance qui, on le sait, ne fait qu’avancer telle la carotte devant le nez de l’âne. Mieux vaut organiser sa liberté financière si on veut en finir un jour en bonne santé.

Les calculs préparatoires

La première étape est d’évaluer le train de vie minimal acceptable. C’est une notion éminemment variable d’une personne ou d’un couple à l’autre. Il y a idéalement une corrélation au moins apparente (voire forcée) entre les revenus actuels et les besoins de base.  Les jeunes tourdumondistes annoncent un budget entre zéro euros, comme dans le livre de Benjamin Lesage, sans un sou en poche, et 15000 euros pour les douillets qui voyagent en van ou à moto.

Le couple de quincagénaire aura des besoins bien plus élevés. Contrairement aux petits jeunes, il voudra profiter de toutes les activités et opportunités du voyage, genre chemin de l’inca, opéra, plongée, hôtel exceptionnel, parce que, lui, il ne reviendra pas plus tard.

Le Chemin de l’Inca pèse lourd dans le budget du Tour du mondiste

Pour la vie de tous les jours,  le senior lombalgique et insomniaque habitué à son matelas king size; les dortoirs et autre couch-surfing, répétés trop souvent, pourraient bien le tuer à petit feu.

Le quinca s’offre des hôtels de luxe: le Marina Bay, à Singapour

Anticiper un budget double de celui des cadets paraît raisonnable, et tant mieux s’il en reste au retour.

S’organiser pour épargner un max  pour son tour du monde

Epargner.

Vous trouverez partout, y compris sur mon site, des astuces pour économiser dans la vie courante et en voyage. Il est méritoire de se priver de café. Il est tentant d’habiller les ados chez Emmaus. Gardez cependant à l’esprit qu’il est bien plus efficace de réévaluer les grands postes de dépense, surtout si ils sont récurrents : logement, voiture, contrats divers, abonnements…

Gagner plus

A la cinquantaine, il non seulement possible, mais souhaitable, d’investir en soi-même : une formation complémentaire qui peut idéalement permettre de gagner plus, par une promotion, un changement de job, ou par le développement d’une micro-entreprise. Si cette formation est bien choisie, elle pourra éventuellement permettre de gagner de l’argent pendant le voyage comme entrepreneur à distance : web-managing, prof de français langue étrangère….

Toute augmentation de revenu : héritage, augmentation, loyer, micro-entreprise…  doit partir en épargne ; bien que la tentation soit grande, interdisez vous d’augmenter votre train de vie parallèlement à vos ressources.

Mettre en place des supports d’épargne

Si vous êtes arrivé cigale à 50 ans, il va falloir changer de référentiel.
Un compte pour l’épargne de précaution, représentant deux mois à 1 an de dépense selon votre statut. Qui dit épargne de précaution, dit argent immédiatement disponible et zéro risque, donc, Livret A (plafonné à 22950 euros) et LDD (plafonné à 12000 euros), pour rendement nul à négatif : 0,5% par an. Pour un horizon à 10 ans, il faut trouver le bon équilibre entre cette somme d’argent minimale à garder, et les sommes à investir de façon plus audacieuse pour générer des intérêts.
Si vous avez un vieux PEL, servant plus de 2% par an, il est temps de le charger (plafond 62500 euros). Sinon, inutile d’en ouvrir un pour  le 1% par an proposé actuellement.

Investir dans l’immobilier.

A dix ans du départ, vous pouvez encore chercher un plan. Pour un achat par exemple à 100000 euros:
L’option de l’achat sans apport initial et empruntant la totalité du montant n’est plus envisageable : on est encore à 420 euros par mois de remboursement sur 30 ans, donc impossible de dégager un cash flow franchement positif pour participer au financement du tour du monde.

L’achat avec (énorme) apport initial ; vous avez des sous qui somnolent sur une vieille assurance vie ? C’est peut être le moment de récupérer les fonds pour en faire un apport initial. Si vous voulez arrêter de travailler, calculez que le prêt soit soldé à votre départ, quitte à être en cash flow négatif pendant que vous travaillez. Par exemple, pour 100000 euros, avec un emprunt de 50000 euros, le remboursement est encore de 445 euros par mois pendant 10 ans. Attention dans vos calculs à votre taux d’imposition qui peut considérablement alourdir les charges liées à cet investissement. En revanche, à votre arrêt de travail, le taux d’imposition devrait chuter immédiatement puisque la latence de un an de l’IR a disparu avec l’imposition à la source (merci Manu)
Après 50 ans, votre âge peut faire hésiter le banquier et donner lieu à une cotisation d’assurance faramineuse, et seulement sous réserve un check-up médical complet.

Comme vous le voyez, si vous n’avez pas anticipé, il est trop tard pour prendre le train de l’immobilier en route. Pensez aux SCPI (dans une assurance vie ?) ou à l’achat de garages.

Prendre date sur des supports défiscalisés

A dix ans du départ, il est temps de prendre date sur des supports d’investissement défiscalisés comme l’Assurance-vie et le PEA, qui arriveront à maturité au moment du départ. Si vous ne pouvez faire l’effort d’un achat immobilier, mettre des SCPI dans son escarcelle peut être une façon de raccrocher les wagons (je reste dans ma métaphore ferroviaire). Pour faire simple ; sur une assurance vie, votre gestionnaire se garde bien de vous transférer tout ce qu’il a gagné avec votre argent. Avec un PEA, vous  spéculez (ou vous investissez en bon père de famille) à vos risques et périls.

La logique est de prendre un peu de risque au début de la décennie, et de sécuriser au fur et à mesure que l’échéance approche. Par exemple spéculer sur les variations de cours des actions au début, et acheter des valeurs à haut rendement sur la fin pour toucher quelques % sans surveiller en permanence la Bourse du fond des iles indonésiennes.

Un plan épargne retraite n’est pas un support pour financer vos années vagabondes, mais les dépots sont défiscalisés, et vous pourrez ainsi compenser le manque à gagner lié à la minoration de votre pension de retraite par manque de trimestres .

– 5 ans: parler à la famille de votre projet de départ autour du monde :

Motiver son conjoint pour un tour du monde….

Il faut bien ça pour qu’un conjoint qui se voyait vieillir dans son canapé s’approprie le projet et mobilise également ses capacités d’épargne. En vérité, rapport aux finances, avec le conjoint, il faut en parler dès que l’idée germe dans votre esprit sous peine de déphasage fatal.

Les grands enfants doivent se dépêcher de clore leurs études et de gagner leur vie. Soyez extrêmement clairs sur le fait que quoi qu’il arrive vous leur couperez les vivres à 25 ans au plus tard. Je ne plaisante pas.

Pendant les 5 dernières années du compte à rebours, acquerrez  des compétences utiles au voyage ; apprenez l’anglais ou d’autres langues, le jeu de domino, la plongée , que sais-je.

Plongée en Indonésie, un immense plaisir

– 2 ans

C’est le moment de fixer une date de départ, dans sa tête sinon officiellement. Yesss.

C’est l’heure des calculs pour s’assurer un maximum de revenus passifs, pour piocher le moins possible dans l’épargne. Inutile de garder des dizaines de millier d’euros immédiatement disponibles si ils peuvent rester travailler sur un investissement.

C’est aussi le moment de simuler la pension retraite, de complémentaire, etc pour vérifier que vous ne mourrez pas de faim au retour.

Il faudra peut être accélérer le remboursement de prêts immobiliers pour avoir les mains libres au moment du départ

Il faudra également arbitrer ce que vous ferez de vos possessions : location de la résidence principale ? Vente de la voiture ? L’objectif étant de garder le moins de charges possibles

– 1 an

Voici le meilleur moment: l’organisation d’un itinéraire qu’on ne respectera pas. Moins drôle, les vaccinations obligatoires (fièvre jaune, autres)
Permis de conduire international
Assurance maladie volontaire ?
Assurances et mutuelle, garantie accident de la vie, assurance tour du monde ?
Changement de banque
Téléphonie et connectique
Organisation de la continuité des relations avec les proches. La visio- conférence marche à fond avec de multiples logiciels. Vous pouvez envisager de louer un grand logement ponctuellement pour accueillir famille ou amis ? inviterez peut être vos enfants
C’est le moment du check-up médical pour éviter de partir avec une vilaine maladie cachée.

PREVENIR l’employeur : départ négocié, démission, disponibilité ?

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