Comment arrêter le sucre ?

Pourquoi arrêter le sucre ?

Après avoir quasiment exclu la viande (cause animale, environnement), et les produits laitiers (cancer du sein, ostéoporose), pourquoi pas le sucre ?

Effets du sucre sur le corps

Quand on mange du sucre, le taux de sucre dans le sang (glycémie) augmente rapidement. Pour utiliser ce carburant, le pancréas envoie de l’insuline, hormone qui fait entrer le sucre dans les cellules. Deux conséquences : si on est en excès calorique, on fait de la graisse avec le sucre absorbé, seconde conséquence, on fait une légère hypoglycémie réactionnelle, et c’est la fringale. Le moral suit la glycémie, coup de fouet quand on mange sucré, creux de vague quand la glycémie baisse.

Un effet yo-yo peut ainsi s’installer pour toute la journée après un petit déjeuner sucré : de fringale en collation, le grignotage s’organise. Et en général du grignotage trop sucré, et/ ou trop salé… et toujours trop calorique.

Et à long terme, en gros, le pancréas peut être dépassé ou s’épuiser, ce qui définit le diabète. Des taux de sucre sanguin élevés en permanence sont à l’origine d’une sensibilité accrue à l’infection, de dégénérescences nerveuses, de retards de cicatrisation, de destruction progressive des reins. Le sucre crée un  environnement  propice à la prolifération bactérienne dans la cavité buccale, et favorise ainsi plaque dentaire, déchaussements et caries. Le sucre est le nutriment préférentiel des cellules cancéreuses. Il entretient une inflammation chronique qui fait le terreau du cancer, comme le dit David Servan Schreiber.

L’addiction au sucre est également documentée. Je me méfie cependant des messages télécommandés des médias; propager la notion d’addiction au sucre permet de d’excuser la surconsommation et de décourager les personnes peu motivées pour arrêter.

Quoi qu’il en soit, il suffit d’arrêter le sucre quelques jours pour y redevenir sensible ; des aliments sucrés qu’on consommait auparavant avec plaisir deviennent alors insupportablement sucrés.

Les chiffres qui donnent envie d’arrêter le sucre

La consommation de sucre a flambé dans les pays développés, elle  est passée de 25 à 35 kg par personne et par an entre 1950  et 1990.  Cela représente 90 à 100g de sucre par personne par jour, l’équivalent de 13 morceaux standard par jour. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de consommer moins de 10%, voire 5% des apports caloriques journaliers sous forme de sucres. Pour une ration moyenne de 2000 calories, cela représente 25 à 50g par jour, soit 4 à 7 morceaux de sucre ou 3 à 6 cuillers à café par jour.

Est-ce que je mange trop de sucre ?

A la lumière de ces chiffres, nous sommes tous en surconsommation.

Je ne suis pas plus accro au sucre qu’une autre je pense : Je cuisine maison tous les repas, pas de biscuits, pas de bonbons, pas de soda ni de jus de fruit industriels. Je me méfie des confitures et du miel. Mais je répète les cafés et thés un peu sucrés dans la journée, je mange des fruits à volonté, l’eau gazeuse dans les cafés c’est avec menthe,…  et puis l’été sans glace… et et, et, horreur malheur, je suis chocalcoolique. C’est plus classe que de dire que je suis gourmande et que je n’ai aucune volonté, non ? En partie, ça veut dire que chaque contrariété est l’excuse pour acheter et dévorer du chocolat. Terrible. Ma vie sans chocolat ne vaudrait pas la peine d’être vécue.

Les plats cuisinés du commerce, les sauces, les jambons, surimi, c’est simple : tous les aliments transformés par l’industrie alimentaire cachent du sucre ; une portion de 300G de soupe à réchauffer : 1 morceau de sucre. Dans le doute (sardines à l’huile ?) regardez les étiquettes.

Arrêter le sucre

Il faut arrêter quels sucres ?

A quoi bon pinailler sur les glucoses, fructoses, maltoses etc. Tout ce qui a un goût sucré est soit du sucre rapide, soit un édulcorant de synthèse. Soit ça bouleverse notre glycémie, soit au moins ça entretien notre appétence pour le sucre. Les sucres de coco et autres sèves de bouleau, c’est dépenser beaucoup d’argent pour contourner le truc. A mon avis.

Comment arrêter le sucre ?

Donc ma décision est d’arrêter tous les aliments sucrés, en ne gardant qu’un morceau de sucre (à moi les tiers et les demi) pour mes boissons chaudes et 2 fruits par jour. Je fixe la borne supérieure à 21g, par jour soit 3 morceaux. ça revient à deux boissons chaudes avec un demi sucre chacune, et deux bouchées de gourmandise. Cela me parait un compromis acceptable pour tenir mon objectif dans la durée, tout en restant en deçà des recommandations de l’OMS.

1. Annoncez que vous arrêtez le sucre

La première étape, c’est d’informer son entourage ; ça passe très bien, c’est la mode. Autant le végétarisme énerve facilement l’auditoire, autant l’arrêt du sucre passe pour un pari d’ivrogne pittoresque et intenable sur la durée; on reçoit a la compassion un peu condescendante de tous. L’annonce permet d’assumer sa stratégie sans questions insistantes (mais pourquoi tu ne prends pas de mon gâteau, tu l’aimes mon gâteau d’habitude ?) et sans inquiéter tout le monde : TOC, anorexie mentale, déviance sectaire?

Donc, première étape, j’annonce la nouvelle à mon conjoint et à mes enfants.

2. Faites le tri dans vos placards :

Si la décision vaut pour toute la famille, débarrasser tous les aliments sucrés. Par exemple pour éviter le gaspillage et gagner en popularité, invitez tous les copains de votre fils pour les gaver de tous vos aliments sucrés, le temps d’une soirée pyjama ou d’un week-end, selon l’ampleur de vos stocks.

Si vous êtes seul dans votre projet, regroupez tous les aliments sucrés à un endroit que vous vous interdisez même de regarder.

3. Faites des provisions de choses autorisées :

Graines et oléagineux natures : amandes, noisettes, noix de cajou épicées non salées

Œufs durs

Chocolat à 100% (bon courage…): je vais les tester pour vous.

Fruits peu sucrés : pommes, kiwis

4.Prévoyez des stratégies

Si je fais les courses après le travail, je ne m’achèterai pas des sucreries, mais une pomme, ou des framboises, ou une poignée de noisettes en vrac…

En rentrant du travail, je me fais une crème Budwig

A la réunion de travail où il y a toujours des chocolats qui circulent, j’aurai une bouteille d’eau

Préparez à l’avance votre gamelle de midi pour éviter toute tentation. Les courses le ventre vide sont rarement vertueuses.

En arrivant chez des amis, annoncez. Ca fait un sujet de conversation, et vous serez obligée de tenir pour ne pas perdre la face. Bourrez vous sans scrupule des meilleurs fromages en vous excusant : je n’ai pas droit au dessert, alors…

Témoignage: j’arrête le sucre, première semaine

Je ne vais pas vous raconter dans le détail tous (!)  les jours vertueux à venir, à moins de 3 morceaux soit 21grammes, c’est sans intérêt.

Voici les jours remarquables de mon cheminement  (comment se faire une vie trépidante à peu de frais):

J2 : La tentation

Chéri chéri, qui est super vertueux sur son régime d’habitude, décide comme par hasard de se faire une goinfrerie de pâtisseries : il achète DEUX gâteaux. Je résiste d’autant plus facilement que ça sent le guet apens. On n’est jamais trop paranoïaque, disait un de mes maîtres.

Soirée crêpe avec mes enfants, j’esquive l’obstacle en prévoyant :

  • Des crêpes salées : quand on remplace la farine de sarrasin (trop chère) par de la farine multi-graine, les œufs par de la pâte de sésame, et qu’on met de l’huile d’olive, on obtient sur feu vif une crêpe fragile qui se déchire: il faut bien la laisser cuire avant de la retourner.
  • Des crêpes sucrées sans sucre : dans une pâte à crêpes, quand on remplace les œufs par des bananes, on obtient une pâte très moelleuse et fragile. Il faut faire des petites crêpes à feu doux avec beaucoup de matière grasse. Des pancakes, quoi.

Donc la découverte du jour, c’est que s’il existe une recette de pâte à crêpe, il y a une raison : ce n’est pas parce que votre mixture ressemble à de la pâte à crêpe qu’elle va se comporter correctement à la cuisson.

J3 – 1ere entorse,

Fringale au travail, 2 biscottes avec raclure de confiture : bilan juste 3 morceaux

J4 – Bonne décision

Je remplace la rituelle tablette de chocolat du goûter par un œuf dur et une clémentine. Ca demande donc de s’organiser à l’avance.

J5. Je me sens bien.

A 17h un croque… biquette (?) au fromage de chèvre. Pas de fringale au supermarché à 19h30. Je n’ai même pas pensé à acheter quelque chose à grignoter, même pas rongé le crouton de la baguette. Je ne me reconnais pas.

J6 – Compulsion sucrée

Matinée stressante au travail entre viennoiseries et panetone : j’ai d’emblée annoncé : « mince alors, je viens d’arrêter le sucre ». Après c’est difficile de se dédire devant tout le monde.

Mais à 18h, j’ai acheté du pain complet aux raisins destiné à me caller avant la piscine ET au petit déjeuner du lendemain. J’avais la flemme de nager. Je temporisais en écoutant la radio. J’ai TOUT mangé dans la voiture, sur le parking de la piscine. A la boulangerie, j’aurais du faire trancher le morceau que je comptais manger immédiatement, et mettre le reste dans le coffre. L’erreur, c’est aussi que la collation prévue pour le goûter était insuffisante en calories: deux clémentines attrapées au vol en partant. Clémentine – œuf dur, c’est mieux. En petite quantité, ce pain n’est pas une entorse au régime, puisque c’est une pâte à pain non sucrée et qu’il y a peu de raisins. Mais là… carton rouge.

Le risque de l’arrêt du sucre, comme de toute frustration, c’est le lâcher prise avec la consommation compulsive. Dans la tenue de résolutions il est inutile de se dévaloriser en cas de sortie de route. En revanche, il est très important d’analyser les échecs et de prévoir les comportements à venir pour prévenir les nouveaux écarts.

La semaine prochaine je serai en déplacement pour le travail (yesss)  à New Delhi, entre les errances d’aéroport, les plateaux repas des avions et les diners professionnels, ça va être compliqué.

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