Comme une feuille de thé à Shikoku. ME Laval

Un pèlerinage à pieds de 1200 km, faisant le tour de île japonaise de Shikoku, sur les traces du fondateur du bouddhisme japonais. ME Laval a déjà accompli le pèlerinage de Compostelle, et récidive en terre nippone.

Le pèlerinage de Shikoku pratique

Les analogies avec le Chemin de St Jacques sont nombreuses: le pèlerin (Henrô) porte un carnet à calligraphier au passage des 88 temples qui jalonnent le périple. Il ne faut pas oublier de revenir du temple 88 au N° 1 pour achever la circumambulation.

  • La liturgie: Dans chacun des 88 temples, le pèlerin doit se livrer à un cérémonial complexe: le henro (pèlerin) salue devant l’enceinte du temple,  les mains jointes la poitrine. Il réalise des ablutions purificatrices, puis frappe le gong. Il allume une bougie blanche puis à partir de cette flamme trois bâtons d’encens symbolisant le passé, le présent et l’avenir. Il fait retentir la cloche, fait une offrande en monnaie puis dépose un fuda (bandelette de papier portant des voeux) dans une boîte en métal. Il récite alors  à haute voix le Sutra du Cœur. il n’oublie pas  de faire tamponner et calligraphier son nôkyôchou (carnet).
  • Du temple 1 à 23, on suit le chemin de l’Eveil, puis de 24 à 39 le chemin de l’Ascèse. Le chemin de l’Illumination va de 40 à 65, pour mener au Nirvana, de 66 à 88. Quel programme !
  • Les hébergements ne manquent pas tout le long du chemin, hôtels, chambres d’hôtes ou monastères. L’accueil est typique, avec le bain, et particulièrement attentionné, respectueux et courtois.
  • L’itinéraire comporte le meilleur comme le pire: d’interminables banlieues de centre commerciaux, des voies ferroviaires et autoroutes (Tokushima), des routes nationales, des tunnels… Mias aussi   des plages, des rizières, des villages de pêcheurs, des montagnes abruptes avec des dénivelés journaliers dépassant 1000m. L’accès  au temple 12 parait particulièrement sportif.

« Je ne croiserai personne avant d’arriver au temple 12 mais, même durant les traversées en sous-bois oppressants, où l’esprit pourrait se confiner dans la crainte et laisser sourdre l’angoisse, je me sens en totale confiance. Mon fidèle au bâton s’avère être en précieux compagnon de route. Mes pieds, ces sentinelles et porte-parole de mon corps,  se font de plus en plus lourds. Mon pas devient de plus en plus pesant, lent, voire très lent. Mes muscles se tendent par tant d’efforts.  Mon corps s’engourdit, s’endolorit et réclame une multitude de haltes, mais trouve, malgré tout, les ressources pour avancer. Ma gourde est vide depuis longtemps et nulle source en vue. Fourbue, essoufflée, je trébuche, je chante, je peste, je râle. J’accable les éléments, le dénivelé, le poids de mon sac, l’idée même d’un tel périple, ma frénésie de prendre le chemin sans avoir prévu un jour pour laisser à mon organisme le temps de se mettre à l’heure locale »

  • Météo à Shikoku: Les mois de Juillet et Août ont été caniculaires, au grand dam de notre marcheuse. renseignements pris, il vaut mieux y aller au printemps ou en Automne.

Comme une feuille de thé à Shikoku. ME Laval

    Comme une feuille de thé à Shikoku. ME Laval

Les annexes du livre fournissent tous les renseignements pratiques.

J’envisage de faire cette randonnée, sans toute sa connotation spirituelle, et ce livre est une précieuse source de renseignements.

Marie Edith Laval

Le voyage pédestre et spirituel est rapporté jour par jour. Très peu de japonais marchent le long du chemin, ici comme ailleurs, ils préfèrent le pèlerinage organisé en bus. ME a cependant fait de belles rencontres, sur le chemin pour quelques jours, dans les chambres d’hôte, pour un soir, ou à travers les offrandes au pèlerin, car les japonais se montrent très généreux. Les fêtes traditionnelles et religieuses ont ponctué le voyage. Quelques rares occidentaux font également la randonnée.

Catholique et engagée spirituellement, ME nous fait partager son cheminement. J’ai un mauvais fond, je dois le reconnaitre. Moi, les mantra du genre « Toi et moi nous ne sommes qu’un », quand on voit ce quoi voit, quand on lit ce qu’on lit et quand on entend ce qu’on entend….

« Monsieur Matsuoka, chez qui j’avais passé ma première nuit au Japon il y a un mois et demi, vient de retrouver ma clé chez lui.  Quelle incroyable coïncidence! « Le hasard, c’est peut être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer », a écrit Théophile Gautier.J’en reste stupéfaite. J’ai l’impression de tenir là le fil d’Ariane de mon cheminement. Quelle puissance symbolique à travers cevécu concret!…  Ma clé ce symbole du quotidien, qui ressurgit comme par enchantement au moment de mon entrée dans le Nirvana! Voilà qui ne me semble pas anodin. C’est un fait : on étouffe dans un espace que l’on restreint soi-même. Les portes blindées et les fenêtres de mon incarcération dans ma vie quotidienne s’étiolent soudainement. Des lézardes apparaissent sur les murs de cette claustration intérieure. L’édifice de mon emprisonnement, dans l’enchaînement des jours, se met sérieusement à vaciller. Un verrou saute. Les gonds de ma porte d’entrée commencent à geindre et leurs grincements amorcent un mouvement-timide mais certain- d’ouverture sur un nouvel espace.  La porte s’entrebâille. Comme si des entités du monde invisible guidaient mes pas sur le sentier de ma cohérence est amenaient à ma conscience cette vérité : le nirvana c’est ici et maintenant. »

Je trouve que l’émerveillement à propos de tout est candide, et la posture spirituelle naïve. Mais il en faut, aussi, des gens qui croient que Dieu est en l’Homme.

2 réflexions sur “Comme une feuille de thé à Shikoku. ME Laval”

  1. Shikoku et un chemin de pèlerinage sacré pour les japonais, comme l’est Compostelle, ou la via francigena… . Si on veut faire de la rando, pitié, on va ailleurs… . Partez sur le GR20, ça fait des bons souvenirs… ; et n’allez pas sur des Chemins qui sont des hauts lieux de spiritualité.

    • Bonjour Frédéric, Vous avez raison. Mais ne peut-on pas, sur un chemin comme dans un monument religieux, apprécier la spiritualité dru lieu et parfois la compagnie des pèlerins ? Cela dans le respect des croyances et du recueillement de chacun?… et puis, je suis peut-être bouddhiste?
      Amicalement

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