Club de triathlon à la cinquantaine: bilan du premier trimestre

Il y a des moments dans la vie où on ne peut plus retarder les grandes décisions. Il y a des moments dans la vie où on a plus peur du ridicule. C’est pour ça qu’à la cinquantaine bien sonnée, j’étais prête à m’inscrire dans un club de triathlon. Je vous avait promis des nouvelles.

Déjà, je suis la doyenne. la plus vieille. Le genre dont je disais encore hier: « elle a du mérite à son âge ». Je n’en reviens pas. Il y a bien deux messieurs plus doyens que moi, mais un vrai champion et un sélectionné pour Hawai. Je me répète que la chienne de mon père, âgée de 75 ans en équivalent chien, s’est refait une santé d’athlète en quelques mois. Pourquoi pas moi.
Que m’est-il arrivé pendant ces 3 premiers mois?

ASSIDUITE AU CLUB

Un club de triathlon remplace facilement une famille. Entre les séances de stade, les vacations de piscine, les sorties vélo en groupe programmées ou proposées à la dernière minute, les week-ends, les organisations de compétitions et les activités associatives, on peut y passer sa vie. Etant déjà dotée d’une vie personnelle, pour les entrainements club, je m’étais posé comme objectif de tenir:

  • un entrainement de course à pied sur piste avec entraineur par semaine: bien réussi. Et c’est un gros progrès dans ma pratique, puisque c’est mon entrainement le plus dur et qu’il se trouve le soir après ma plus grosse journée de travail, à un moment où je préférais me pendre que faire du sport. Donc, c’est tout bénéfice en terme d’emploi du temps, de travail de la volonté, et de démonstration que même quand on est au bout de sa vie on peut encore courir. Et quand on envisage le triathlon, c’est une conviction indispensable.
  • l’entrainement de natation du samedi avec le club: c’est réussi pour les semaines où nous étions présents. Les week-end de déplacement, j’ai remplacé par de la piscine là où nous étions, ou de la randonnée.
  • les week-end vélo: j’ai fait le premier et j’ai adoré.

Je n’ai pas acheté de tri-fonction aux couleurs du club, malgré les pressions, vu que je suis en mode super-économies rapport à ma mise en liberté définitive qui approche. Mais j’ai investi dans un t-shirt quand même, c’est le minimum pour être loyale.

ENTRAINEMENT PERSONNEL AU TRIPLE EFFORT

Je m’étais posé comme base une course à pied et une piscine supplémentaires, et une séance de vélo le dimanche avec chéri-chéri. Comme d’habitude, je suis partie tout feu tout flamme, et j’ai à peu près tenu l’objectif pendant deux mois.

Le vélo, c’est un effort d’y aller: j’ai peur de rouler pour sortir de la ville, j’ai peur en descente et la durée de l’effort me rebute. Et en montée, n’en parlons pas, Sempé l’a si bien résumé:

Sempé, Mr Taburin

Mais quand j’y suis, je suis contente. Une seule fois, j’ai déclaré forfait par fatigue flemme. Et je refuse carrément d’y aller maintenant qu’il fait froid.
La course à pied, au début j’ai eu l’impression de faire des progrès, mais maintenant je suis de plus en plus fatiguée, je lève le pied, et j’ai l’impression de passer sans m’en apercevoir vraiment d’un (relatif !) surentrainement à une désadaptation de l’effort. Je suis perdue. Je maintiens la fréquence des sorties à défaut de maintenir le volume.
La natation, je me suis dégonflée plein de fois, alors que c’est la discipline qui me pèse le moins.
Le stretching, j’ai tenu une séance de 25 minutes par semaine. Mes pieds redeviennent accessibles.

RESULTATS

  • Je progresse en technique de natation. J’ai été filmée, et franchement, je m’attendais à pire après des années à accumuler les longueurs sans ambition. Pendant leurs éducatifs infaisables, je développe la  capacité à continuer de nager quand je prends la tasse et que je ne sais plus ou j’en suis. Je ne me suis pas encore re-testée sur 400m.
  • J’ai, je me suis fait, intégrer des séances PPG et course au seuil dans ma pratique, et il me semble progresser, même si je n’ai pas de chiffre. D’un côté, ma montre connectée m’annonce une VO2max à 44 , et dit que j’ai un âge métabolique formidable. D’un autre côté, l’entraineur est effondré devant mes temps de passage.
  • A vélo, hé bien je me suis remise au vélo à 56 ans, c’est déjà bien; et une fois à mon affaire, j’y prends du plaisir. C’est déjà énorme. Pendant le week-end intégration, j’ai fait une journée de 75 km, et pas du plat (j’en entends qui rigolent au fond). Aucun mérite, on m’a bien fait comprendre que c’était pédaler ou dormir dans le fossé. Ces gens sont sans pitié.
  • On joue aux transitions. Cette inscription en club, ce n’est pas que l’occasion de se refaire une santé, en fait: Ils pensent compétition.
  • Surtout, surtout, je ne me suis pas blessée. J’ai des courbatures tous les jours, des tas de douleurs qui vont et viennent, mais rien de documenté par la faculté.

Mon souci c’est que présentement je suis en baisse de forme, et je ne sais pas si il faut lever le pied ou me donner des coups de pied aux fesses. Je garde la fréquence des séances, pour ne pas céder à la flemme. Un de mes profs disait que le constipé devait se présenter chaque jour à la selle, même si ce n’était pas toujours couronné de succès. Moi, je me présente à l’entrainement. Et j’essaie de faire court, éventuellement, mais de qualité: des fractionnés, travail technique,…
Je vous promets des chiffres pour la fin du mois.

PROJETS

Tenir, tenir, et me reprendre pendant les vacances de Noël.
Lire le livre « performer après 50 ans », on ne sait jamais si il avait une idée.
Je pourrai me mettre au vélo d’intérieur en janvier, en attendant qu’il fasse meilleur.
Y m’ont inscrite de force à un S par équipe et un S individuel. J’ai trouvé ça amusant jusqu’au moment ou j’ai réalisé que S, ça ne veut pas dire small, ni sprite: ça veut dire sprint.

 

 

 

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