Brasil, la grande traversée, Franck Degoul

Franck, quelle mouche t’a piqué ? Traverser un des plus beaux pays du monde en suivant une nationale et en campant dans les stations services ? Quel crime dois tu expier, quelle malédiction t’a frappé, as-tu fait un pari idiot ? De quelle sorte de perversion es-tu atteint?

Oui, vous avez bien lu. Franck Degoul, qui est pourtant un garçon intelligent, docteur en ethnologie, a traversé le Brésil à pied, en suivant la Transbrésilienne du nord-sud, de Chui à Oiapoque, en passant par Brasilia, et Belem, soit 5000 km à pied en huit mois. Il a marché sous un soleil brûlant et sous les orages. Il a campé au bord de la route entre clôtures et fossés, sur des parkings, exceptionnellement dormi dans des hôtels pas chers.

«  Depuis le début de cette aventure, je n’ai pas rencontré une seule route, une seule piste, un seul sentier, qui ne fût, de part et d’autre, bordé de clôtures. Comment bivouaquer dans ces conditions ?… Demander l’hospitalité ? Inenvisageable. Il semble qu’au Brésil la marche soit le symptôme d’une déchéance… Restent les stations service qui jalonnent la BR et permettent d’installer une tente… on y dort le plus souvent sous de puissants néons, à quelques mètres des poids lourds, au vu des passants, dans un bruit continuel et souvent assourdissant. » Merci les vacances.

Il a failli mourir: «  La BR-153 se détériorait aussitôt passée dans l’état (du Minas Gerais) : nids de poule profonds; rapiècements sommaires et hâtifs qui boursoufflaient la voie de kystes de goudron; accotements envahis pas une végétation touffue, et murés d’herbes hautes qui m’obligeaient à marcher au plus près de la route… Le danger en était accru, qui exigeait une vigilance redoublée envers les véhicules venant de face, mais également de dos, lorsque ceux-ci se lançaient dans des dépassements à la hussarde, me frôlant parfois par inattention. Evoluer dans cet environnement était éreintant pour les nerfs et pour le corps tout entier qui, en plus d’efforts musculaires intenses, demeurait tendu des heures durant, aux aguets.
L’anticipation était de rigueur. Je ne voulais pas rejoindre les charognes puantes qui jonchaient les bas côtés de l’asphalte et que je contournais soigneusement chaque jour, suspendant mon inspiration pour ne pas être saisi de nausée, fermant les paupières pour échapper à la vision des milliers de vers blanc festoyant de chair froide. » Trop bien. Je vais continuer d’organiser mes vacances moi même.

Notre pénitent est un bon conteur et réussi à rendre quelques instantanés de la vie Brésilienne ;

  • Les télénovelas qui hypnotisent le pays tous les soirs.
  • Les régions du sud autour de Porto Alegre où les colonies fondées à partir de 1824 ont gardé leur identité allemande, hollandaise ou italienne.
  • Les populations sans terre, expropriées, errant dans un no mans land entre les clôtures des grandes propriétés agricoles.
  • Les routiers sont sympas.

Amoureuse du Brésil, j’y suis allée trois fois:

  • Une première fois seule, j’ai été en mission quelques jours à Fortaleza, puis de Bélèm  je suis allée faire un trek de trois jours dans la forêt d’Amazonie; randonnée dans la jungle, baignade avec les lamantins, serpents mortels invisibles sur les branches, capture de petits caïmans et de piranhas, fréquentation de singes et de aras apprivoisés, découverte d’araignée de 10 cm de diamètre, mais inoffensive paraît-il, dans ma chambre, dégustation de larves, la faune amazonienne est un ravissement de chaque instant.

    Les singes en Amazonie, nos petits frères

    J’ai ensuite visité Rio de Janeiro, où la faune n’est pas moins intéressante.

    Ipanema, Rio de Janeiro

 

  • Pour ma deuxième visite, à Salvador de Bahia,  j’étais seule encore.

Salvador de Bahia, Brésil

Dans la ville, j’ai testé mon portugais fraîchement étudié, papoté avec tous les gens, assisté nuitamment à une séance vaudou et à une messe d’anthologie. Après, quelques jours de randonnée dans la Chapada Diamantina, à partir de Lançois, ralliée en une nuit de car : paysages à couper le souffle, profusion d’orchidées, baignades dans les cascades, repas de fruits, une guide adorable, que du bonheur.

La Chapada Diamantina, paradis des randonneurs, Brésil, à partir de Lançois

J’ai terminé par quelques jours sur les îles du Moro de Sao Paulo, dans la baie de Bahia; poisson à volonté, baignade dans une mer incroyablement chaude, courses de bateau, encore un grand séjour.

Iles paradisiaques à quelques minutes de bateau de Salvador de Bahia

 

  • La troisième fois avec Chéri-chéri; un trip avec les moyens disponibles de Sao Luis à Fortaleza par Lançois Maranhenses; buggy, bateau, car, auto stop,…

Lançois Maranhenses, Brésil, bravo motorista !

Des rivages idylliques, une pause merveilleuse à Jerico-Coara, village de rêve, avec sa dune, ses petites maisons colorées, le surf et les caipirinhas sur la plage, au coucher du soleil.

Dune de Jerico Coara, Brésil

et un final à Rio en pleins préparatifs du carnaval, avec une extraordinaire visite des entrepôts où se fabriquent les chars, et des soirées de répétition des bandas de quartier.

Préparation des chars de carnaval, Rio de Janeiro

Toujours, j’ai été enthousiasmée par les paysages, je me suis régalée de baignades, j’ai aimé la nourriture et adoré les brésiliens, si ouverts, joyeux, et enthousiastes citoyens du monde. Il ne m’est rien arrivé, femme seule dans ce pays réputé dangereux. Je ne retourne plus au Brésil, parce que chaque fois il m’est plus douloureux de le quitter. Je vais finir par y rester.

Et là, Franck démontre que même les bords de routes nationales ont leur charme, alors…

PS : S’il vous plait Monsieur Degoul : lire « une femme d’une cinquantaine d’année… la vieille dame … » ça fait mal au derrière. Vraiment.

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