Arrêt du sucre: attention

Arrêter le sucre: attention

Il y a deux ans, je me suis mis en tête d’arrêter complètement le sucre. En théorie, c’est une excellente idée. En vrai: c’est mission impossible.

Socialement, la pression sucrée est trop forte.

A la maison, à moins de vivre avec un autre orthorexique, partageant les mêmes tics et tocs, le sucre entre comme le loup dans la bergerie: pain blanc, pommes de terre, chips, sauces tomate, pizzas surgelées avec sucres ajoutés. J’esquive autant que possible, mais on ne va pas gâcher?
Dans la vie (celle d’avant) la pause dans un troquet après le marché ou après zazen, par exemple, était rituelle: quoi boire? Le café sans sucre est une purge, presque toutes les boissons sont sucrées, et / ou alcoolisées. Et payer une verre d’eau gazeuse au prix du pack de 6 bouteilles… Ou au prix du m3 d’eau du robinet…
Autrefois, avant le deuxième confinement, aussi, truc de dingue, on mangeait chez les autres. Et eux, ils n’ont pas de problème; apéro, vins, dessert… difficile d’assumer tous mes interdits alimentaires: viande, alcool, sucre, sans passer pour une malade mentale. Déjà que ayant gardé le poids de mes vingts ans, on me suspecte d’anorexie…
Dans la vie professionnelle et para-professionnelle, pareil. Le pot de départ à l’eau gazeuse, euh… A cet égard, le confinement diminue considérablement les tentations.
Et puis, il y a LA raison personnelle; Je n’y arrive pas.

Le sucre est  un plaisir de la vie.

Les boissons chaudes sans sucre, de temps en temps ça le fait: un excellent thé vert, une infusion de menthe, mais le matin, c’est trop dur.
Le  chocolat, c’est ma drogue. Je suis addict; je me l’interdis car je suis sans limite. Je tiens à peu près, avec d’énormes entorses, qui peuvent ouvrir la porte à une consommation invraisemblable, qui est de une tablette de 200g par jour, en régime de croisière. Dans la honte et la culpabilité, évidemment.
Aller dans un bon restaurant, et ne pas prendre  de dessert ? Je n’ai rien fait qui justifie un tel châtiment.
Quand j’invitais, je ne privais pas mes amis de dessert, mais je proposais systématiquement en parallèle une salade de fruit. J’aime bien les dessert en kit: l’été, boite de glace vanille, sorbet framboise, petites meringues, bombe de chantilly, framboises fruits, présentés séparément. Chacun compose son dessert, qui peut aller de la grosse glace à la chantilly avec plein de meringues et juste une framboise dessus pour décorer, à la coupe de framboise nature, selon son goût.

Diminuer le sucre

Voici ce que j’arrive à faire.
Je peux tenir la matinée avec un à deux morceaux de sucre (un thé, et parfois un café). Si le petit déjeuner c’est une crème Budwig revue à ma manière, j’en reste là.
je suis capable de manger à midi sans dessert sucré autre que fruits
Pour goûter, je peux me caler l’estomac sans sucre rapide: tartines de pain très complet et purée de graines (pistache, ou beaucoup moins onéreux, courge) ou alors petite banane et oeuf dur… En cas d’envie sucrée, j’essaie de me rabattre sur des fruits que j’aime beaucoup: mangue, myrtille, fruits de la passion… mais là, il suffit que la journée ait été bien contrariante pour que la tentation du sucré-chocolaté-croquant apparaisse.

La tentation du sucré-chocolaté-croquant pour se remonter le moral: il vaut mieux faire du sport.

Lorsqu’il y a apéro, il m’est  possible, si je veux vraiment, de me  limiter à un soda light, et de freiner sur les chips, pour privilégier les graines de type amande, cacahuètes ou cajous. Mais si il y a aussi du saucisson, des chips et tout, alors là…
Le soir, en fin de repas, je peux me contenter d’un yaourt soja nature additionné de framboises faciles ou surgelées. Sinon, finir par une salade de crudité avec de la pomme inside permet de clore le repas sur une note fraiche et sucrée. La tisane sucrée est à mon sens une récompense bien méritée après une journée de contrôle.

Pour éviter les craquages, une borne facile à tenir est de ne rien avoir à la maison en cas de fringale: pas de yaourts sucrés, pas de chocolat, pas de biscuit..

Mais je ne m’interdis plus les desserts chez les amis, au restaurant et quand j’invite. Ni même un extra sous forme de chocolat quand l’envie devient forte. Car:

J’ai découvert la boulimie au sucre

A ce petit jeu, au cours de tentatives d’arrêt complet du sucre, j’ai eu la surprise de décompenser complètement au niveau alimentaire, à deux reprises.
Le plus impressionnant, a commencé par l’achat d’un gâteau meringue chocolat pour 4 personnes que j’ai liquidé en 24h.

En même temps, chose que je ne fais jamais, je me suis permis l’achat de sodas au vrai sucre (500ml) que j’ai ingurgités avant les diners, tout en me remettant à sucrer toutes mes boissons chaudes, en achetant des barres chocolatées comme en-cas. Je me suis mise au chocolat chaud au goûter. Sont en même temps réapparus des petits déjeuners pain blanc – beurre confiture. Et des lâchages sur les chips. Et j’ai mangé à la veillée les pralines concassées achetées il y a des années pour faire de la pâtisserie. Et le ketchup de Chéri-chéri. Et des levers nocturnes pour grignoter. Bref, j’ai basculé dans la boulimie sucrée en une semaine.

J’en conclus que la privation chronique est dangereuse.
Il peut être intéressant de tenter un arrêt complet du sucre sur une courte période pour prendre conscience de sa consommation. En revanche la restriction et le contrôle permanents, même s’ils sont physiquement possibles, sont usant moralement. En ces périodes difficiles, se priver de (petits) réconforts sucrés, c’est prendre un risque avec son équilibre alimentaire. Attention, amis orthorexiques, au risque de Trouble du Comportement Alimentaire.

Pour les photos: Merci à
Th G de Pixabay.

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