Egon Schiele et Jean Michel Basquiat à la Fondation Vuitton

Le musée de la  Fondation Vuitton, présente en parallèle des rétrospectives Egon Schiele et Jean Michel Basquiat, chacun artiste provocateur de son époque. Pour mémoire ce musée s’est installé au Jardin d’Acclimatation en 2014. Il mérite en soi le déplacement pour son architecture futuriste créée par Frank Gehry. L’ensemble est formé de multiples « terrasses » dans un cocon de verre qui évoque les voiles gonflées d’un vaisseau navigant autour du monde.

Egon Schiele

Egon Schiele est un artiste du début du siècle, décédé très prématurément à 28 ans, de la grippe espagnole. Il a eu le temps de produire des centaines de dessins et de peintures.

Schiele, tel est pris qui croyait prendre

L’exposition en soi est désagréable car il y a beaucoup de monde et les gravures, sont très proches les unes des autres. Alors que bien sûr, comme elles sont de petit format et vitrées, on doit approcher beaucoup pour les observer. Il en résulte une horrible file d’attente, qu’on est fortement incité à respecter par des parisiens rompus à l’exercice.

Les dessins sont en général des auto portraits ou des représentations de personnages plus ou moins dénudés. Le trait à l’encre noire est nerveux et délié, il fait penser à Cocteau ou aux dessins de Picasso. Les expressions sont toutes très fortes, très expressives, presque caricaturales. Quelques touches de gouache re-haussent le motif. Les fonds sont nus, ce qui donne beaucoup d’intensité à la vaste gamme d’émotions proposée. Il y a beaucoup de crudité et de provocation, plus que d’érotisme, dans ces corps qui sont comme jetés sur le papier.

Schiele, Femme sur le ventre

Schiele, Femme sur le ventre

 

Les peintures, que je n’avais jamais vues, sont délicates, très art nouveau.

Soleils d’automne, Schiele

 

Jean Michel Basquiat

Je l’avoue, je ne suis pas très fan de Basquiat. Je suis touchée par ses oeuvres qui rappellent son traumatisme physique et à l’évidence aussi psychologique, de l’enfance; il a été renversé par un véhicule alors qu’il avait 7 ans. Il a été longuement hospitalisé et sa maman, pour lui changer les idées, n’a rien trouvé de mieux que de lui offrir  un livre d’anatomie… ce qui a influencé ses productions.

Visage , ou l’on devine l’anatomie, Basquiat

 

Je conviens tout à fait de la puissance de ses tableaux et de leur caractère décoratif. Il s’est fait le porte parole de l’identité et de la colère des noirs d’Amérique, et le message est clair.

 

Basquiat, peinture

Mais, comme pour beaucoup d’artistes contemporains, j’ai l’impression qu’une fois qu’il a été lancé, il a bâclé des trucs à la chaine. mais bon, je vois toujours le mal partout.

 

Basquiat

 

Conclusion

Ces deux expositions sont très complémentaires. Elles mettent en résonance deux artistes séparés d’un siècle, mais qui ont beaucoup de choses en commun:

  • une mort prématurée avant trente ans
  • une productivité incroyable, comme s’ils avaient su qu’ils n’auraient pas le temps
  • une spontanéité du trait
  • un expression très forte, des émotions humaines pour l’un, de sa colère pour l’autre
  • J’aime beaucoup le dessin de Schiele que j’ai mis en avant, il fait parfaitement la liaison entre les deux expos: ce pourrait être un auto portrait de Basquiat, non?

 

  • Schiele et Basquiat, Fondation Vuitton, Paris

Je recommanderais fortement ces expositions, mais Schiele finit ce soir !

Et Basquiat boucle dans une semaine. Dépêchez vous, il ne laisse pas indifférent.

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